

Frédéric Bernabeu, rugbymen de haut niveau et directeur commercial de la filiale mexicaine Pierre Fabre, ne manie pas la langue de bois. Derrière un discours pas toujours politiquement correct, se trouvent pourtant des valeurs humanistes, sociales et universelles profondes. Frédéric Bernabeu partage avec nous l'expérience de son expatriation mexicaine et de quelle façon, à travers elle, il a redécouvert les valeurs qui forgent la France: les droits de l'homme et la justice sociale
Frédéric Bernabeu. Photo: Mehdi
L'entreprise: une vision humaniste et terrienne d'un "paysan du Tarne"
Au départ, les motivations de Frédéric Bernabeu pour l'expatriation au Mexique sont très claires, bien que cette destination soit "loin d'être la plus simple". Ayant passé 18 ans chez Pierre Fabre dans la maison mère, où il a gravi tous les échelons possibles, passant de visiteur responsable de réseaux au poste d'encadrement de commerciaux. L'expatriation représente alors un tremplin professionnel. Mais avant de pouvoir intégrer la filiale ibérique, l'expérience à l'étranger s'impose. La place au Mexique se libère. Frédéric Bernabeu se lance dans l'aventure mexicaine pour trois ans.
Les objectifs sont également clairement définis. Comme dans toutes entreprises, il s'agit de réussir dans la fonction qui lui est confiée et d'augmenter le chiffre d'affaires. La différence, chez Pierre Fabre, c'est la considération de l'humain, la construction de bases saines et le sentiment d'appartenance. Au pays du néo-libéralisme, l'implantation de ces valeurs s'apparente à un véritable défi. C'est avec son franc parlé habituel et en se mettant à la place des employés que Frédéric Bernabeu fait passer le message.
La conduite à Mexico: le système qui démontre tout
L'individualisme, l'esprit de jungle et de combat permanent caractérisent le DF. À ce sujet, il existe une énorme différence entre le DF et la province. Le cas typique de la non prise en considération des autres dans la mégalopole, c'est la façon avec laquelle les defeños, chilangos et autres habitants du DF circulent en ville: chacun pour soi. Les conducteurs n'hésitent pas à bloquer un carrefour afin d'avancer ne serait-ce que d'un demi mètre? Tout cela est lié au fait que les conducteurs achètent leur permis de conduire: point de code, point de conduite. Dans ces conditions, on se pose tout le temps la question de la validité et de la légalité des choses.
"Être à la hauteur de nos valeurs"
Au Mexique, la vie d'expat' est assez facile: "on accède à un train de vie auquel on n'aurait jamais accès en France". Mais tout cela a un coût social énorme. Le salaire minimum est à 1.700 pesos par mois : comment peut-on bien vivre avec un tel salaire?
La France est porteuse d'espérances pour de nombreux Mexicains. Elle est perçue comme un pays référent au regard des droits de l'homme et des acquis sociaux. "Des collègues m'ont par exemple demandé pourquoi le président Nicolas Sarkozy n'avait pas pris position sur le prix Nobel de littérature décerné à un dissident chinois. Ce qu'ils admirent le plus, c'est la capacité des Français à résister".
"Au final, j'ai appris plein de choses et j'ai rencontré des gens supers. Si c'était à refaire, je le referai mais en moins long car l'injustice sociale me touche profondément, les différences sociales sont énormes et les colonisateurs modernes sont les gens qui ont de l'argent."
Dans ce contexte, tous les Français, quels qu'ils soient, ont l'obligation de représenter la France et de véhiculer ses valeurs dont la portée est universelle, à savoir, l'humanité dans les relations humaines, l'égalité sociale et les droits de l'homme.
Marion DU BRON (www.lepetitjournal.com/Mexico) mercredi 1er décembre 2010
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