Édition internationale

COUPE DU MONDE – La Guerre du football entre Salvador et Honduras

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 juin 2014

En juillet 1969, le monde a les yeux braqués vers la lune, en France, Georges Pompidou vient de prendre la succession du général de Gaulle, et pendant ce temps éclate ce qui a été appelé "la guerre du football" entre le Salvador et le Honduras. Petite histoire dans la grande histoire du football avec notre partenaire, les rédacteurs de l'association WEareFOOTBALL.

Le Salvadorien Mauricio Alonso Rodríguez dit "Pipo" a marqué le but gagnant dans les prolongations contre le Honduras, match que le Salvador gagne 3-2. (WeAreFootball)

Ces deux pays voisins se disputent une place pour la Coupe du monde 1970 dans la zone Concacaf, dans un climat tendu. Craignant l'expansion de la révolution cubaine en Amérique centrale, les Etats-Unis ont créé un Marché commun centraméricain, qui profite plus au Salvador, industrialisé, qu'au Honduras. Cependant, les Salvadoriens sont très nombreux sur une faible superficie alors que leur voisin est moins peuplé et six fois plus grand, ce qui pousse de nombreux immigrants salvadoriens en manque de terres à franchir la frontière. Au début des années soixante, le gouvernement hondurien met en place une réforme agraire qui vise à confisquer les terres occupées par les clandestins salvadoriens. La tension monte, les incidents se multiplient dès 1961. 

Football et rivalités nationales  

C'est dans ce contexte que le match du 8 juin 1969 à Tégucigalpa voit la victoire à domicile de l'équipe hondurienne. Les supporters locaux ont manifesté bruyamment sous les fenêtres des Salvadoriens toute la nuit afin de perturber leur préparation. Au Salvador, cette défaite est vécue comme une offense par une jeune supportrice qui se suicide, n'ayant "pas supporté que sa patrie soit mise à genoux" selon le quotidien salvadorien El Nacional. Amelia Bolanios eut droit à des obsèques nationales, retransmises en direct à la télévision où l'on pu voir son cercueil escorté par le président de la République, le gouvernement et l'équipe nationale de football.

Le Salvadorien "Pipo" Rodriguez crucifie les espoirs du Honduras.

Au match retour la semaine suivante, ce sont cette fois les joueurs honduriens qui ne peuvent dormir sous les cris des Honduriens et les lancers d'objets dans leurs fenêtres. Après avoir été emmenés au stade dans des véhicules blindés, les visiteurs s'inclinent 3-0. Lors du retour chez eux , deux supporters honduriens trouvèrent la mort lors d'incidents avec les supporters adverses. Un match d'appui joué à Mexico, pour apaiser les spectateurs, voit la victoire du Salvador qui se qualifie ainsi pour jouer les barrages. Le lendemain du match, l'armée salvadorienne mène une attaque aérienne contre l'aéroport de Tégucigalpa, ce qui déclenche "la guerre du football", qui dure quatre jours et qui se termine avec l'intervention de l'Organisation des États américains qui obtient le retrait des troupes salvadoriennes.

Ce conflit s'achève sur un statut quo, la supériorité numérique et matérielle des forces salvadoriennes répondant à la domination aérienne hondurienne. Cette guerre qui a duré cent heures a fait deux mille morts et des milliers de blessés. Cependant, le traité de paix entre ces deux pays n'est signé qu'en 1980.

La Guerre du Football ou Guerre des 100h aura duré 4 jours  

Lire aussi : KAPUSCINSKI Ryszard , La guerre du football, Plon, Paris, 2003

L'association WEareFOOTBALL

We are football association a été fondée par des historiens universitaires qui ont fait d'une passion universelle un objet d'étude. Depuis ses origines, le football inscrit sa relation avec les sociétés contemporaines dans un jeu de miroir.

We are football association a l'ambition d'explorer la complexité d'un lien ambivalent tissé par le fil de la culture, de la mémoire et de l'histoire. Qu'on l'appelle soccer, calcio, fútbol ou futebol, que l'on évoque une "Panenka", la "Mano de Dios", le "Catenaccio" le "football total", le "libero" ou encore le "numéro 10", le football est un langage et un ensemble de représentations universelles partagées par une grande partie de l'humanité.

Que l'on se réfère au "football-samba" brésilien, au fighting spirit anglais ou à la puissance de la Mannschaft, chaque style de jeu véhicule une identité nationale immuable. Creuset de la mondialisation sportive, le football est aussi un lieu d'expression des cultures.

Laurent Bocquillon de WeAreFootball pour (lepetitjournal.com/mexico) Samedi 21 juin 2014 

 

lepetitjournal.com Mexico
Publié le 20 juin 2014, mis à jour le 20 juin 2014
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