

Avec le projet "Les écharpes d'Acaltán", l'Association Kaniwà revalorise la technique de telar de cintura, un travail artisanal du village d'Acatlàn près de Xalapa dans l'Etat de Veracruz. A l'origine de cette association, Chloé une jeune Française et Javier un jeune Mexicain qui se sont connus à Rennes pendant leurs études. Une exposition est prévue du 3 au 18 octobre à Xalapa.
La jeune Bretonne, Chloé, s'essaie au tissage traditionnel du village d'Acatlàn en compagnie de ses "maestras" Doña Ninfa et Doña Felix . (Photo association Kaniwà)
La technique de telar de cintura est une technique de tissage préhispanique est une tradition qui se transmet de génération en génération. Aujourd'hui, à Acatlán, les quatre dernières tisseuses à faire perdurer la technique sont âgées de 78 à 89 ans, et n'ayant pas trouvé de relève, cette technique ancestrale est vouée à s'éteindre avec elles.
L'ambition de ce projet est d'élargir la visibilité de ce travail manuel à travers une proposition de collaboration avec de jeunes artistes. La surface textile devient pour eux un nouvel espace d'expression avec ses contraintes propres. L'écharpe est investie par les artistes comme support de création donnant ainsi une nouvelle visibilité à cet artisanat, en le rendant exposable sous la forme d'un objet d'art.
Ce projet est à la fois culturel, artistique et solidaire. C'est un travail collectif international qui met en relation différents savoir-faire : celui de l'artisanat et de l'art, celui des techniques et matières traditionnelles et celui des techniques actuelles, mélangeant l'action sociale et l'action culturelle. Le trajet des écharpes de Kaniwà, de par leurs étapes de confection jusqu'aux événements de communication du projet, tisse des liens entre les individus, les générations, les cultures et les concepts.
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Chloé, 23 ans, étudiante rennaise en arts plastique a découvert le Mexique en 2011 grâce à Javier, jeune mexicain qu'elle avait rencontré l'année précédente alors qu'il effectuait un échange universitaire dans la capitale bretonne. Pourquoi le Mexique ? Chloé : Après une année de colocation à Rennes avec Javier, j'ai décidé de l'accompagner au Mexique pour une année, entre 2011 et 2012, pour y apprendre la langue et la culture. C'est à Xalapa, sa ville natale, que j'appris en quelques mois à m'exprimer en espagnol et que je me suis habituée, sans grand mal, aux tortillas et au chile. Quels étaient tes projets ? Chloé : Ayant une double formation en design de mode et en arts plastique, j'ai voulu profiter de cette année sabbatique pour réaliser un projet solidaire qui porterait sur ces deux centres d'intérêts : textile traditionnel et art actuel. Ce sont les quelques voyages à travers le pays, qui m'ont particulièrement sensibilisé à l'artisanat textile mexicain, et à la gravure, techniques de dessins faisant partie intégrante de la culture graphique mexicaine. Comment est née l'association Kaniwá ? C'est lors d'une promenade du dimanche que j'ai pu rencontrer les tisseuses d'Acatlán, petit village à proximité de Xalapa. Ce sera le point de départ du projet Les écharpes d'Acatlàn et de l'Association Kaniwá, par lesquels j'ai pu donner forme à cette envie de revaloriser un tissage artisanal à travers des interventions artistiques et graphiques contemporaines. |
Passionné par le cinéma, et par le cinéma français des années soixante en particulier, Javier a passé un an en France pour faire une licence en cinéma à l'université de Rennes.
Que retiens-tu de cette expérience étudiante à Rennes ? Javier : J'ai été impressionné par l'ouverture de la France aux autres cultures et aux autres pays. En 2010, j'ai participé au festival Travelling dédié cette année là au cinéma mexicain. Suite à ces années d'études, je suis revenu au Mexique avec Chloé. Qu'est-ce qui a changé pour toi lors de ton retour au Mexique ? Javier : En faisant découvrir à Chloé la culture mexicaine, je me suis rendu du compte qu'au Mexique nous n'apprécions pas notre propre culture à sa juste valeur, alors que nous avons de quoi être fiers d'elle Qu'est-ce qui t'a plu dans le projet de Chloé ? Quand Chloé m'a proposé de l'aider et de suivre son projet « Les écharpes d'Acatlán » j'ai senti que c'était l'occasion pour moi de contribuer à sauvegarder un aspect culturel de mon pays. Grâce à cette expérience je me suis moi même enrichi de façon professionnelle et personnelle. |
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Site internet : http://kaniwaasso.wix.com/kaniwa
Association Kaniwa pour (www.lepetitjournal.com/mexico) Lundi 29 septembre 2014









