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ART - La faillite de Detroit met en danger les murales de Diego Rivera

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 22/07/2014 à 00:00 | Mis à jour le 22/07/2014 à 06:18

La ville de Detroit ne peut plus faire face à ses créances et vient de mettre en vente les oeuvres de Diego Rivera qu'accueille son musée. Celles-ci sont pourtant chargées de puissants liens symboliques avec la ville et son histoire.

Durant la première moitié du siècle dernier, Détroit fut un symbole du rêve américain accompli. Elle accueillait alors "The Big Tree" : Ford, General Motors et Chrysler qui employaient à elles seules plusieurs centaines de milliers d'ouvriers.

L'industrie de Detroit 1932-1933, fresque de Diego Rivera sur le Mur Nord du Musée. (photo Detroit Institute of Arts)

En 1932-1933, Diego Rivera s'y rendit à l'invitation de la fondation Ford et peignit 27 panneaux dans la cour intérieure de l'actuel Detroit Institute of Art. Ces fresques, que l'artiste a dit considérer comme "le travail le plus réussi de sa carrière", représentent les avancées scientifiques dans de nombreux domaines comme la médecine et les nouvelles technologies. Les deux fresques principales traitent quant à elles, du travail des ouvriers dans les usines Ford de River Rouge. On y voit par exemple les étapes de la construction du moteur de la Ford 32 par la force créatrice d'une multitude d'hommes en adéquation avec leurs machines.

Rembourser la dette en oeuvres d'art...

Mais depuis les années 50, la ville de Détroit n'a cessé de décliner : les usines ont fermé, la population s'en est allée et la municipalité a accumulé les dettes. Ainsi, en décembre dernier, Detroit est devenue la plus grande ville des Etats-Unis à se déclarer en faillite avec 18 milliards de dollars de dettes accumulées. Il était devenu impossible de satisfaire les créanciers. Et lorsque le procès de la ville pour faillite commencera, le 14 août, il faudra trouver de l'argent pour honorer ses dettes et permettre à la ville de ne pas sombrer. Les autorités pensent déjà à vendre le patrimoine de la ville. Et il est probable que le Detroit Institute of Art, riche en oeuvres, soit mis à contribution. On estime à 4,6 milliards de dollars la valeur totale de sa collection. Les édiles ne souhaitent pas se séparer de toutes les oeuvres mais ont néanmoins décidé de mettre en vente les fresque de Diego Rivera, en dépit de leur valeur de témoignage artistique et historique de ce que fut Detroit.

Diego Rivera Detroit Institute of Arts Mur SudUn appel international a été lancé il y a deux semaines par un Français Dominique (Félix) Dionisi. Destiné à la directrice générale de l'Unesco, il demande l'inscription des Murales de Diego Rivera à Detroit sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité afin de rendre impossible leur rachat par une fortune privée.

Detroit Industry, Mur Sud, 1932-1933, fresque de Diego Rivera. (photo Detroit Institute of Arts).

Jean-Marie Gustave Le Clezio, écrivain français, Prix Nobel de Littérature, Elena Poniatowska, journaliste-écrivaine mexicaine, Prix Cervantès, Hervé di Rosa, peintre français, parrain de l'appel, Jean Meyer, historien franco-mexicain, Hilda Trujillo Soto, Directrice des Musées Diego Rivera et Frida Kahlo à Mexico, Didier Daeninckx, écrivain français, Marcel Trillat, journaliste-réalisateur- écrivain français, Susana Pliego Quijano, historienne de l'Art, mexicaine, Jacques Perrin, acteur-réalisateur-producteur français, Ernest Pignon-Ernest, peintre français et Dominique (Félix) Dionisi, responsable de l'appel, français.

Les personnes souhaitant participer à cette action peuvent signer la pétition en ligne ici ou en écrivant directement à diegorivieramuralesdetroit@gmail.com.

Timothée Delabrouille (lepetitjournal.com/mexico) Mardi 22 juillet 2014

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