

Pueblo Magico depuis 2010, Malinalco reste un charmant village relativement peu connu. Situé entre Cuernavaca et Toluca, à 115 km au sud-est de Mexico, il attirera amateurs d'archéologie, d'art colonial, de randonnées ou de saveurs mexicaines
L'endroit où l'on vénère Malinalxochitl est l'un des premiers villages colonisés par la Couronne espagnole. Cet ancien village serait né dans la nuit des temps lors de la mythique migration des Aztèques entre Aztlán et Tenochtitlan en honneur de la s?ur du dieu Huitzilopochtli.
Sur la route, qui serpente depuis Toluca, on se laisse progressivement enrober par une nature qui devient tropicale au fur et à mesure que l'on descend. La saison sèche a peint les paysages de variantes de bruns? mais, ne manquant point de fantaisie, elle fait fleurir tous les arbres de couleurs vives comme pour conjurer l'aridité du climat printanier. Impossible d'échapper au charme coloré des jacarandas fleuris, ou aux délicates fleurs de cabellín exposées en panaches fuchsia sur de majestueux troncs d'arbres.
Dès l'arrivée au Zocalo, on pénètre dans une atmosphère provinciale ; le rythme ralentit sensiblement. Sur les bancs en fer forgé rêvassent des villageois sans âge ; les enfants courent auprès des marchands de ballons ; les rires de la jeunesse résonnent tout autour du kiosque.
C'est le point de départ idéal pour visiter l'église du Divino Salvador, sobre et monumentale, construite avec des pierres dérobées aux pyramides. Son ancien couvent augustin, dont les premiers fondements datent de 1540, possède un remarquable cloître aux fresques totalement restaurées. Dans une niche, on y surprendra même la Mort chuchotant quelque confidence à Saint Antoine?
En dehors du 21 mars, l'ascension vers le centre cérémonial aztèque datant de 1501 se fait en toute quiétude sur 426 marches. Au sommet, on perçoit clairement les rumeurs du village amenées par le vent, provenant du marché, ou des clochers de l'une des huit chapelles de Malinalco. La vue sur la vallée est imprenable?
Mis à jour en 1936, le site archéologique possède cinq édifices dont l'exceptionnelle « Maison de l'aigle » au caractéristique toit de chaume, gardée par le jaguar et le serpent à plumes Quetzalcoatl. Son intérieur est habité par les représentations de l'aigle (le jour) et du jaguar (la nuit).
Les promenades à Malinalco creusent l'estomac ! Dans le tianguis, on retrouvera de quoi composer des plats multicolores avec les produits du terroir : fèves, radis, avocats et mangues rivalisent en couleurs. La truite est l'une des spécialités du village ; enrobée dans une croûte de coco et de noix de cajou, elle séduit les plus fins gourmets. Le pain du village, vendu juste à l'angle du Zocalo est incontournable. Pour un peu plus d'exotisme, on essayera les fleurs des arbres colorines ou encore les fruits des guamuchiles dont l'apparition sur les étals rappelle que la Semana Santa est proche? Les émotions fortes commencent avec des plats intégrant l'iguane, l'armadillo ou le tlacuache ! Le dessert devra obligatoirement comporter l'un des sorbets Malinalli aux saveurs les plus succulentes : fruit de la passion, coco, guanabana, mamey, tequila. Il existe autour du Zocalo plusieurs restaurants aux charmantes pergolas fleuries dont la vue se perd sur la Colline des Idoles.
La journée tire à sa fin. La lumière dorée et pure du couchant commence à atténuer les couleurs de la nature. De l'est surgit la lune ronde, lentement. Fidèle à sa légende, elle a avalé toutes les étoiles et règnera seule sur la nuit. Elle n'aura jamais été aussi proche de la terre qu'en cet équinoxe du printemps 2011. La fraicheur ressort, les grillons entonnent leur symphonie sauvage. C'est le moment idéal pour faire une dernière promenade nocturne dans les alentours, suivant le parcours des apantles dont l'eau abreuve des vergers de rêve. La lune donne de drôles d'ombres à la nuit et défie l'imagination comme pour imprimer aux souvenirs que l'on emportera de Malinalco une dernière touche magique et irréelle.
Tania K (www.jardinsecret.com.mx) pour (www.lepetitjournal.com/mexico) mercredi 30 mars 2011







