L'Arena Mexico est le temple des sports de combats au Mexique. Ce soir, pas de boxe ni de lutte gréco-romaine. Il est loin l'âge d'or de la salle, sorte d'Elysée Montmartre mexicain, théâtre des plus grands combats des années 1950 et 1960. Aujourd'hui, la vraie cathédrale de Mexico pour les fanatiques, accueille deux à trois fois par semaine des combats de lucha libre, le catch mexicain
Véritables distractions populaires, les combats de lucha libre - de la même famille que le catch - font inévitablement salle comble au Mexique. Connu aussi sous le nom Pancrace national, en référence à la lutte antique où tous les coups étaient permis, l'origine de la lucha sur le territoire mexicain remonterait à l'intervention française de 1863. En fondant l'ancêtre du Consejo mundial de lucha libre (Conseil mondial de lutte libre) en 1933, Salvador Lutteroth Gonzales donnait alors naissance à une véritable institution. L'immense succès rencontré par les premiers combats des stars de l'époque comme El Santo – surnommé aussi Masque d'argent - et Blue Demon, a définitivement ancré ce spectacle sportif dans la culture populaire. Les retransmissions télévisées et surtout les nombreux films inspirés par ces héros de l'époque ont bien évidemment contribué à leur consécration vis-à-vis du public. Face à ce phénomène, d'autres organisations de lutteurs sont peu à peu apparues pour proposer toujours plus de combats et de championnats, opposer plusieurs combattants sur le même ring, etc. Néanmoins les grandes heures de ce sport sont aujourd'hui derrière lui. Les catcheurs ne sont plus les stars du cinéma d'action mexicain comme dans les années 1960. Les X-Men ont remplacé Santo, André Le Géant, Blue Demon où Aja Kong. Le spectacle reste certes populaire mais la Lucha n'attire plus comme avant.
Des combats à couper le souffle
Ses principes sont simples: réussir à immobiliser son adversaire ou le faire renoncer au combat. Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins: coups de poing, coups de pied, Clés de bras, étranglements… sans oublier l'usage des cordages du ring pour des sauts spectaculaires sur l'adversaire. Si l'art de la simulation tient un rôle majeur dans le spectacle, les valeurs sportives et athlétiques sont aussi les arguments d'un bon combat, les mouvements fluides et aériens des lutteurs nécessitant forcément des talents de gymnaste. Un véritable culte est d'ailleurs voué à ces combattants, symboles de puissance. Masqués et pourvus de noms de scène des plus évocateurs (Dangers, Molotov, Frères de l'enfer, etc.), ils font inévitablement penser à des héros de bandes dessinées, et ce, pour le plaisir de tous, tout âge confondu. L'humiliation suprême pour ces "surhommes" est bien sûr de se faire enlever ou arracher leur masque, qui comme l'oreille du taureau pour le toréador, représente un véritable trophée pour l'adversaire !
Avec une telle symbolique, on comprend mieux la présence de ces masques colorés dans de nombreuses boutiques touristiques.
Eddy Rabin et Robin D'Angelo (www.lepetitjournal.com/Mexico) mardi 18 septembre 2012 (reedition)
Informations pratiques :
Arena Mexico
189 Dr. Lavista, Colonia Centro Historico, metro Balderas.
Prix du billet : entre 30 et 150 pesos
Le programme est consultable sur le site internet de Arena Mexico
Arena Coliseo
77 Perú, Colonia. Centro Historico
Le programme est consultable sur le site internet de Arena Coliseo







