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LES JOURS HEUREUX - Episode 5 : Acapulco

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 18/11/2015 à 13:26 | Mis à jour le 18/11/2015 à 05:55

Le Petit Journal de Mexico republie ce feuilleton en français et en espagnol : Les Jours heureux. Gwenn-Aëlle Folange Téry, écrivain et peintre, y raconte l'histoire d'une jeune fille bretonne qui part à la découverte du Mexique, et de son indépendance. Aujourd'hui épisode 5 : Acapulco

Episode 1 : Le départ / Episode 2 : Le voyage / Episode 3 : La traversée / Episode 4 : Les repas Sur la carte postale de l'hôtel Presidente d'Acapulco, elle note : "Je me souviendrais toujours de cette photo à l'hôtel" (photo Mark Turok).

Acapulco

Si, si, elle avait déjà entendu ce nom, elle sait où elle va, elle va à la mer. Elle est bretonne, du pays d'Armor, pas de celui d'Argoat, du littoral, pas des terres, et la mer et elle ne font qu'une.

Elle est souvent allée à la pêche, que ce soit en bateau ou à pied. Les îles Chausey n'ont pas de secret pour elle, gare aux crevettes et lançons quand elle enfile son maillot et prend son râteau en main. La pêche à la ligne, elle aime moins, ne la trouve pas assez mouvementée, préférant de loin traquer bestioles et coquillages dans le sable ou sous les rochers.

Mais quand elle découvre Acapulco, c'est tout son monde qui s'en trouve bouleversé. 

La mer brille sous le soleil, la chaleur fait monter des nuages de vapeur sur la route et le bleu du ciel n'a d'égal que le bleu de la mer. Les odeurs sont différentes aussi, ici les mangues et ananas à la chair sucrée fondent sur les étals au marché et les abeilles bourdonnent à qui mieux mieux. Dans l'eau transparente, pas d'algues, à peine quelques rochers qui émergent dans la baie magique.

De sa chambre à l'hôtel Presidente, au huitième étage de ce qu'elle appelle un gratte-ciel, ignorant qu'il ne gratte que les nuages, elle contemple l'horizon, se sent heureuse. Les trois petites filles qui dorment avec elle pour les vacances pourraient être ses s?urs, elles bronzent ensemble au soleil, après avoir brûlé quelques jours. Toutes les trois sont coiffées comme elle, cheveux courts, bandeau, et reflets dorés.

Les cartes postales

Le matin, c'est la piscine, l'après-midi la plage et le soir elles dînent ensemble aussi, en bas, dans une immense salle à manger. Une photo est prise, souvenir unique du vrai début des jours heureux.

Sous l'image, en guise de légende, elle écrit : "Je me souviendrais toujours de cette photo à l'hôtel".

Elle achète plusieurs cartes postales, qui représentent l'hôtel d'ailleurs, la piscine, la baie. Elle est émerveillée et le soir, avant de dormir, repense à son enfance, si loin de sa nouvelle vie. Elle a commencé un journal, un album plutôt, où elle colle cartes et photos et où elle dessine et explique sa nouvelle réalité. A-t-elle peur de tout perdre ? Est-ce une ancre qu'elle jette dans sa baie personnelle, pour ne pas s'égarer ? Parfois, quand tout va bien, on est pris d'angoisse comme ca, et l'on cherche souvent à se prouver que le rêve n'en est pas un et qu'il n'y aura pas de réveil cruel, implacable.

"Me malo la panza"

L'espagnol fait son chemin, elle commence à dire des phrases entières, dont la première : "Me malo la panza." (Moi mauvais le ventre.), laisse entrevoir des festins de crevettes géantes, accompagnées de tortillas et de sauces vertes ou rouges. À moins bien sûr, que le mal de ventre ne vienne des premiers cours de ski nautique et des bleus collectionnés à travers chutes et plongeons intempestifs.

La vie avec cette famille est belle, elle fait un peu ce qu'elle veut, même si elle ne connaît encore personne. Les trois gamines sont gentilles, les parents aussi.

La mer est belle, le ciel lui sourit. 

Elle est heureuse.

DÍAS DE SOL : Acapulco 

Sí claro, ya había oído el nombre de ese lugar, ella sabe perfectamente donde va, va al mar. Ella es bretona, del país de Armor, no del de Argoat, del litoral, no de tierra adentro, y el mar y ella forman un solo ser.

Ha salido de pesca innumerables veces, ya sea en barco o a pie. Las islas Chausey no tienen secreto para ella, que se cuiden los camarones cuando viste su traje de baño, que se cuiden las jaibas cuando baja con su gancho de hierro. La pesca con caña no le gusta mucho, le falta movimiento, prefiere acorralar bichos y conchas en la arena o debajo de las rocas.

Pero cuando descubre Acapulco, todo su mundo se trastorna.

El mar brilla bajo el sol, el calor hace subir nubes de vapor sobre la carretera y el azul del cielo no tiene más comparación que el azul del mar. Los olores también son diferentes, aquí piñas y mangos de carne dulce se derriten en los puestos del mercado y las abejas zumban todas a más no poder. En el agua transparente no hay algas, apenas unas cuantas rocas que emergen en la mágica bahía.

De su cuarto en el hotel Presidente, en el octavo piso de lo que ella llama rasca-cielos, ignorando que no rasca más que las nubes, contempla el horizonte, se siente feliz. Las tres chiquillas que duermen con ella durante las vacaciones podrían ser sus hermanas, broncean juntas bajo el sol, después de haberse quemado unos días. Las tres están peinadas como ella, cabello corto, diadema, y reflejos dorados.

Por la mañana toca alberca, en la tarde, playa y por la noche cenan juntas también, abajo, en un comedor inmenso. Alguien les saca una foto, recuerdo único del verdadero principio de los días de sol, de felicidad.

Al pie de la imagen, escribe: ?Siempre recordaré esta foto en el hotel?.

Compra varias postales del hotel, de la alberca, de la bahía. Está deslumbrada y por las noches, antes de dormir, regresan sus pensamientos a su infancia, tan lejos de su nueva vida. Empezó un diario, un álbum mejor dicho, en el cual pega postales y fotos y en donde también dibuja y explica su nueva realidad. ¿Será que tiene miedo de perderlo todo? ¿Es esto una suerte de ancla que tira en su bahía personal, para no extraviarse? A veces, cuando todo va de maravilla, nos invade la angustia, así nada más, y busca uno a menudo como probarse que el sueño no es sueño y que no habrá despertar cruel, implacable.

 

El español se abre paso, empieza a decir oraciones enteras, y ésta, la primera: « Me malo la panza. », deja entrever festines de camarones gigantes, acompañados por salsas verdes o rojas. A menos claro, que el dolor de panza se deba a las primeras clases de esquí acuático y a los moretones coleccionados a través de caídas y clavados intempestivos.

La vida con esta familia es bella, hace prácticamente lo que se le antoja, aunque todavía no conozca a nadie. Las tres nenas son lindas, los papás también.

El mar es hermoso, el cielo le sonríe.

Es feliz.

 

Capítulo 1 : La partida - Capítulo 2 : El viaje -Capitulo 3 - La travesía - Capitulo 4 - La comida

Lire également notre article : Gwenn-Aëlle : "Un roman pour faire ouvrir les yeux aux femmes"

Gwenn-Aëlle Folange Téry pour (Lepetitjournal.com/mexico) Mercredi 18 novembre 2015 (Republication)

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