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EXPOSITION - Rencontre avec l'artiste plasticienne Daniela Prost

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2015

Daniela Prost est une artiste franco-mexicaine. Dans sa dernière exposition « Résonnances », présentée dans la ville de Mexico (galerie Enciso), ses ?uvres sont inspirées de « Tabula Rosa », musique du compositeur estonien Avo Pärt. Pour Le Petit  Journal de Mexico, Hélène Blancher revient sur sa rencontre avec l'artiste.

Née au Mexique, Daniela Prost réside actuellement à Paris. Elle est diplômée des ateliers des Beaux Arts de Paris. Elle a participé à de nombreuses expositions collectives et individuelles en Europe, explorant les supports et les matières. En 2008 reçoit le premier prix de peinture de la Mairie de Paris. En 2009 le musée National de Kiev, Ukraine, lui consacre une exposition individuelle. Elle a réalisé différentes affiches pour institutions et festivals musicaux en France et au Mexique. Elle est également créatrice de projets multidisciplinaires en Allemagne, France, Canada, Grèce et Italie. Ses ?uvres s'inspirent principalement de l'opéra contemporain minimaliste, qu'elle réalise dans un style abstrait. C'est par un travail de geste libre qu'elle exprime ses émotions.

Hélène Blancher : Comment es-tu devenue artiste ? Ta passion a commencé en France ou au Mexique ?

Daniela Prost : Je viens d'une famille d'artiste, mon père est peintre, il était le « peintre sacré » de la famille, et en partant en France j'ai commencé à écrire des histoires infantiles pour  mes enfants, et je voulais les illustrer. A partir de ce moment, je me suis rendu compte qu'il fallait que je prenne des cours de dessins ! Je me suis inscrite aux ateliers des Beaux Arts de Paris, pour commencer ma première idée : les illustrer. Cela s'est révélé comme étant quelque chose de complètement différent ! Au bout de six mois, j'ai changé totalement cette idée et je suis rentrée vraiment dans le monde des arts plastiques, qui  ce n'était pas un monde qui m'était inconnu. J'étais toujours dans des expositions, toujours dans des galeries, etc. Mais je me suis rendu compte que c'est grâce à ceci que j'ai pu m'affranchir de l'image du père artiste sacré pour découvrir ma propre voie dans les arts plastiques.

La gestuelle dans tes ?uvres est plus libérée ou contrôlée ?

Tous les traits que je fais sont libérés. Même les plus grands, qui sont les plus difficiles. Comme je n'ai ni croquis ni gabarit, chaque geste est unique. C'est compliqué, parce que comme je sais que chaque geste est unique, je sais que je ne pourrais pas revenir dessus.  

De la série « Résonnances », encres grasses sur papier de bambou, 30x28 cm chacune. (Photos Daniela Prost)

Quelle est ta principale source d'inspiration ?

J'adore l'opéra ! J'aurais aimé être chanteuse d'opéra quand j'étais enfant mais je n'ai pas l'oreille? Je suis allée au conservatoire au Mexique, ils me disaient qu'il fallait être plus âgée, plus mature, cela m'a déçue ! Aujourd'hui je peux dire : heureusement que je ne suis pas allée dans cette voie ! La musique, les couleurs et les arts plastiques forment un ensemble pour moi. Il m'arrive, face à un tableau, d'entendre ou d'avoir la sensation de sa musique, et vice et versa. C'est une source d'inspiration permanente. Surtout dans la musique contemporaine, ce sont des flashs, des couleurs qui s'imposent à moi.  

J'aime beaucoup l'opéra baroque comme Haendel,  et évidemment les grands classiques comme Mozart, Bizet. Je puise dans toutes les époques, même si je reste dans un registre classique. J'ai une préférence pour ces musiques, celles que l'on peut dire « cultes ». L'opéra contemporain est très intéressant, comme Bentley. J'adore le mouvement répétitif minimaliste de Steve Reich, John Adams, Philip Glass. J'ai beaucoup d'amis compositeurs actuels avec lesquels je travaille comme Michele Tadini un italien qui a gagné un prix à la Biennale de Venise. Arturo Fuente, un artiste mexicain, Alejandro Gomez Villagomez, Hector Parra tous habitent en Europe et nous sommes tous en contact. Ils m'inspirent beaucoup. 


« Résonnances », présentée dans la ville de Mexico (galerie Enciso), oeuvres inspirées de « Tabula Rosa », musique du compositeur estonien Avo Pärt

Propos recueillis par Hélène Blancher pour (Lepetitjournal.com/mexico) Mardi 6 janvier 2015

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Publié le 5 janvier 2015, mis à jour le 5 janvier 2015
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