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EXPOSITION "CAMOUFLAGE" - " Comme artiste, je suis en perpétuel changement" Liu Bolin

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 janvier 2018

Pour Le Petit Journal de Mexico, Hélène Blancher est allée à la rencontre de Liu Bolin, artiste chinois iconoclaste qui pratique l'art de la performance pour exprimer sa contestation. Les photographies de ses performances ont été exposées dans les plus grandes villes du monde. Il vient pour la première fois au Mexique exhiber ses ?uvres avec la galerie Oscar Roman ainsi que dans le hall de l'hôtel Presidente de Polanco. Ses ?uvres, photographies de performances « Camouflage » réunit des clichés de Hindding in the city et Shadows.

Liu-Bolin Hidding in Colombia magazine rack (photo Liu Bolin)

Liu Bolin est né en 1973 dans la province de Shandong, Chine. I suit des études artistiques et se penche vers la sculpture. Il obtient son diplôme en 1995 puis en 2001 un master de l'Académie des Beaux Arts de Pékin. Il enseigne plusieurs années l'art. Grâce à l'émergence de la Révolution culturel, il peut vivre avec stabilité, mais en 2005, le gouvernement chinois rase un quartier dans lequel se trouvaient des ateliers d'artistes, dont le sien. Il s'est retrouvé sans lieu de travail. Depuis, il travaille l'art de la performance pour exprimer sa contestation. Il devient alors lui-même telle une sculpture perdue dans le paysage. Une protestation silencieuse.

Ses séries les plus connues sont : Hidding in the city et Shadows. Dans le monde de l'art, il est aussi appelé « l'homme invisible ».

Le Petit Journal : Si vous deviez décrire votre parcours, de la sculpture à la performance ?
Liu Bolin - J'ai commencé la sculpture très tôt, et puis j'ai fait un master. Il y a dix ans, lorsque mon atelier a été détruit par le gouvernement chinois, j'ai voulu montrer ma contestation, je voulais disparaître devant mon lieu de travail, m'effacer dans ces ruines. Ce fut le début, un autre début. Je voulais montrer ce qui n'était pas correct dans la société en Chine. 

Pensez-vous qu'il y avait alors une « urgence » à dénoncer certains contextes politiques ?
L.B.- Au tout début, j'étais préoccupé la société en Chine, pas seulement par le gouvernement, le contexte social également, la société en général. Puis j'ai voyagé, à New York, à Paris? J'ai vu beaucoup de différences avec la Chine, mais aussi beaucoup de choses à dire.
Dans mon travail, tout est important, le contexte, les ambiances, les gens, les détails? mon corps s'y intègre et je disparais. Le contexte est la principale signification dans mon travail. Je ne recherche pas l'esthétisme. Je ne pose pas la question du rendu, s'il va être artistique ou non, le plus important est qu'un endroit me touche, me trouble. Lorsque je suis ému, profondément, alors j'essaie de me montré dissimulé. 

Liu Bolin, hidding in the city red (Photo Liu Bolin)

La performance est une nouvelle forme d'expression ? 

L.B.Comme artiste, je suis en perpétuel changement. Je recherche ce changement, cette amélioration tant sur le plan humain que sur le plan artistique. 

Existe ?t-il des limites à l'expression ? 
L.B.C'est-à-dire qu'un artiste ne peut pas être un soldat, et un soldat ne peut pas être un artiste. C'est une voie à construire dans sa vie. C'est un choix. Une ligne dans laquelle il faut se lancer pleinement. Dans mon travail, tout est très lié : le corps, l'esprit et l'âme. Mon travail est une protestation que je montre, mais tout viens d'un processus intérieur. Lorsqu'un lieu me touche particulièrement, alors commence une longue période de réflexion, de plusieurs mois : environ six mois ou un an. Puis après avoir pensé et étudié, je me dis que cet endroit est celui que je veux, que je dois montrer.

Pensez-vous que la sculpture soit un moyen limité pour transmettre vos messages ?
L.B.- En réalité, je fais des sculptures et des photographies constamment. Ces sont également des outils très important pour partager ce que je veux montrer. 

Vous êtes souvent allés en France, et plus particulièrement à Paris, quelle impression en avez-vous ?
L.B.J'adore Paris !!! Et surtout des nombreux musées que vous avez : le Louvre, Orsay et tous les autres, j'y passe énormément de temps, je suis vraiment tombé amoureux de tous ces musées ! Et puis j'ai toujours eu un bon accueil en France, j'ai beaucoup d'amis français.

 

Liu Bolin 2006, camouflage sous le drapeau et camouflage devant un garde (Liu Bolin)

L'exposition ?Camouflage? de l'artiste Liu Bolin est actuellement exhibée dans la galerie Oscar Roman (Julio Verne 14, col. Polanco, México D.F.) ainsi que dans le hall de l'hôtel Presidente Polanco (Campos Eliseos 218, col. Polanco México D.F.).

www.galeriaoscarroman.mx/ 

Site de l'artiste: www.liubolinart.com

Liu Bolin dans Ted Talk (vidéo)

Hélène Blancher pour (www.lepetitjournal.com/mexico) Jeudi 5 janvier 2014  

lepetitjournal.com Mexico
Publié le 5 février 2015, mis à jour le 6 janvier 2018
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