Édition internationale

DU MEXIQUE À LA BRETAGNE - Chapitre 5 : L'école (première partie)

Écrit par Lepetitjournal Mexico
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 mars 2015

Début 2014, Carla a quitté son Mexique natal pour suivre son compagnon breton et vivre avec ses deux garçons en France dans un petit village de Bretagne. Passionnée d'écriture, elle tient un blog pour parler de son expérience, de cette nouvelle vie qui commence, de ses états d'âmes, de ses joies, ses peines, de ses surprises et aussi des difficultés pour s'adapter à un nouveau pays, à une nouvelle langue, une nouvelle culture. Aujourd'hui chapitre 5 : L'école

31 juillet 2014

Mon fils aîné a commencé l'école sur le tard. Son anniversaire tombe en novembre et, comme au Mexique l'année scolaire débute fin août, j'ai suivi les conseils de son père et je ne l'ai pas inscrit l'année de ses 4 ans. C'est une erreur que j'ai regrettée pendant des années et qui me pèse encore aujourd'hui. Je lui ai volé un an de socialisation et de développement moteur. 

"L'école était grande et les garçons ont pu profiter de l'énorme cour et se faire leurs premiers souvenirs d'écoliers." (Photo Carla Martinez)

Il avait presque 5 ans quand il est entré au jardin d'enfants de l'école publique juste en face de chez nous dans notre petite ville au Mexique. La même année, j'ai commencé à donner des cours dans une école privée de la ville. Son père se chargeait de l'amener à l'école, d'aller le chercher et de traiter avec l'institutrice. Manuel avait l'air heureux, il s'était fait des copains et la maîtresse disait qu'il montrait beaucoup d'intérêt. Mais son père s'est fâché avec l'école, pour une histoire d'activité trop religieuse à son goût et à laquelle il ne voulait pas que Manuel participe. C'est vrai qu'au Mexique, tradition et religion vont de pair mais là, c'était quand même bizarre. Manuel est venu dans l'école où je travaillais en cours d'année et y est resté encore trois ans.
Son petit frère l'a rejoint quelques mois plus tard lorsque leur père et moi nous sommes séparés et que j'ai dû m'occuper d'eux toute seule. Il a donc commencé l'école à 2 ans et demi.

En tant que maman, je n'ai pas eu à me plaindre de cette petite école privée. Mon plus petit y a appris le vivre ensemble, à être propre et à se laver les dents. Il m'a aussi beaucoup aidé pour que son frère intègre mieux la discipline scolaire. Ils ont eu de très bons professeurs mais, il faut bien le dire, leur emploi du temps était chargé, exigeant et éprouvant pour les deux. C'était pratique pour moi puisque mon emploi du temps de professeur s'étalait parfois de 8 h à 19 h avec seulement une heure de pause au déjeuner. C'était épuisant, surtout que je devais cuisiner avant de partir le matin et vérifier leurs devoirs en rentrant le soir. Ils ont toujours eu beaucoup de devoirs. Il fallait aussi que je paye les frais de scolarité et, bien que j'aie eu droit à un rabais en tant que professeur de l'école, mon salaire s'en trouvait encore plus réduit. C'était un travail très prenant mais c'était la seule façon d'être attentive à leur vie d'écoliers.
Pendant nos derniers mois au Mexique et comme notre déménagement en France était imminent, j'ai démissionné de mon poste de professeur et les enfants sont retournés dans une école publique en face de chez nous. J'étais plus que surprise : le niveau académique était encore meilleur que dans l'école privée, les institutrices avaient beaucoup d'expérience et plus d'un tour dans leur sac pour faire régner l'ordre. J'ai bien peur que les détracteurs des enseignants du public jugent sans connaître le fonctionnement de ces petites écoles rurales. Les deux institutrices ont été compréhensives et nous ont beaucoup aidés à faciliter notre départ. L'école était grande et les garçons ont pu profiter de l'énorme cour et se faire leurs premiers souvenirs d'écoliers. En revanche, ils avaient toujours autant de devoirs.
Et puis, le moment du changement est arrivé.

6 janvier ? Premier jour de classe dans une école française.

"Une autre chose qui m'a ravie, c'est l'accueil de leurs camarades. Il n'y a eu aucune discrimination." (Photo Carla Martinez)

J'étais complètement paniquée. Ils savaient seulement dire « bonjour » et « merci ». Mais la vie m'a montré qu'il n'y avait rien à craindre : un directeur compréhensif, une école avec des cours de français langue étrangère, des camarades sympas et surtout deux professeurs à qui je serai éternellement reconnaissante. Patients et sans parler un mot d'espagnol, ils ont fait de gros efforts pour intégrer et aider mes enfants. L'aîné a dû redoubler pour se mettre à niveau en orthographe et en grammaire mais ce fut une excellente décision. Il est plus confiant et sent qu'il en sait autant que les autres.

Un autre gros changement par rapport à l'école au Mexique, c'est la longueur de la journée. Ils commencent à 8 heures et demie et sortent à 4 heures et demie mais c'est un peu trompeur car ils mangent à l'école à midi et jouent ou font des activités jusqu'à 14 heures. Ils ont en plus deux autres petites récréations et surtout, ils n'ont pas trop de devoirs. Ils doivent seulement réviser, ce qui allège beaucoup leur après-midi et leur permet de profiter de leur enfance. 

Autre différence : ils écrivent beaucoup moins. Les photocopies et les cahiers sont fournis par l'école et, ici, c'est 100 % gratuits et non pas « gratuit » entre guillemets comme au Mexique. Ils ne passent pas leur temps à remplir cahier sur cahier. Les activités sont beaucoup plus brèves. Et tiens, bizarrement, ce n'est pas pour ça qu'ils apprennent moins.
Au contraire. En six mois, les enfants ont non seulement appris à se débrouiller en français, mais ils ont aussi nettement amélioré leur niveau en maths, ils font de l'histoire, de la géographie et ils ont commencé à travailler l'expression écrite en français. 
Autres différences, positives, à mon sens : l'école n'est pas si rigide. Il n'y a pas de salut au drapeau tous les lundis. Quand les enfants font un spectacle, il n'y a pas de frais pour les costumes. Il me semble que les enfants sont plus détendus, ils s'amusent et apprennent. 
Je n'ai de reproches à faire ni à l'école mexicaine, ni à l'école française mais j'apprécie ces différences. Ici, les vacances sont longues et régulières. Deux mois de classes pour deux semaines de vacances et en été, deux longs mois pour profiter de la chaleur et du beau temps.
Une autre chose qui m'a ravie, c'est l'accueil de leurs camarades. Il n'y a eu aucune discrimination. Détail triste : les seuls à s'être moqués d'eux étaient aussi des immigrés, de petits Turcs avec qui ils avaient leurs cours de français. Mais ça n'a pas aigri les enfants. L'aîné a une très bonne amie turque née en Allemagne. Il a même trop de « bonnes » amies à mon goût? Il va tout juste avoir 10 ans !
L'organisation des cycles d'apprentissage aussi est différente mais les professeurs et les écoliers se sont montrés solidaires pour que ces deux petits Mexicains se sentent bien sur le sol français et c'est ça que je retiens.

La escuela (primera parte)

Estuvieron en una escuela pública, nuevamente enfrente de la casa. Quedé más que sorprendida. El nivel académico era mejor aún que en la escuela particular.(foto Carla Martinez)

Mi hijo mayor empezó tarde la escuela. Su cumpleaños es en noviembre, y el ciclo escolar en México empieza a finales de agosto, así que el año en que cumplía cuatro, por consejo de su papá, no lo inscribí en la escuela. Fue un error que lamenté por años, y aún me pesa. Le robé un año de convivencia social y de desarrollo de su motricidad.
Empezó el jardín de niños casi a los cinco años, en la escuela pública que estaba enfrente de nuestra casa, allá en nuestro pueblito en México. Ese mismo ciclo escolar, yo empecé a trabajar como profesora en una escuela particular del pueblo. Su papá era el encargado de llevarlo, recogerlo y lidiar con la profesora. Yo veía a Manuel muy contento, tenía amigos y la maestra decía que mostraba mucho interés. Pero su papá tuvo problemas en la escuela, me parece que por un asunto de que no quería que participara en alguna actividad que él suponía de carácter religioso.
Concedamos que en México tradición y religión van de la mano, pero aún así, me pareció curioso. Lo cambiamos a la escuela en que yo trabajaba, en la que permaneció por el resto del ciclo escolar y 3 años más.
Su hermano menor le hizo compañía un par de meses después, cuando la separación entre su papá y yo explotó, y yo tuve que hacerme cargo sola de los niños. Es decir, que él empezó la escuela a los dos años y medio.
Como mamá, no me quejo en absoluto de esa pequeña escuela particular. Mi chiquito aprendió ahí a ir al baño, a lavarse los dientes, a convivir. Y me ayudó muchísimo con su hermano, para que se integrara mejor a la disciplina escolar. Tuvieron maestros muy buenos, pero eso sí, era un horario largo y exigente. Muy agotador para ambos. Eso me sirvió puesto que llegó un momento en que mi horario como profesora era de 8 am a 7 pm sólo con 1 hora para comer. Mi horario era agotador, puesto que antes de irme a trabajar, pasaba a cocinar, y al llegar, me esperaba una pila enorme de tarea a revisar. Siempre tuvieron muchísima tarea a realizar en casa. Otra cosa difícil era pagar las colegiaturas. A pesar de contar con un descuento por trabajar en la escuela, eso hacía que mi sueldo rindiera aún menos, pero con un trabajo tan absorbente, era la única forma de estar al pendiente de ellos en cuanto a su vida en la escuela.
Los últimos meses que pasamos en México, cuando yo ya había renunciado a mi trabajo como profesora puesto que el traslado a Francia era inminente, estuvieron en una escuela pública, nuevamente enfrente de la casa. Quedé más que sorprendida. El nivel académico era mejor aún que en la escuela particular. Maestras con muchísima experiencia y trucos infinitos para desempeñar su cátedra. Cualquiera que juzgue el trabajo de los docentes en escuelas públicas sin conocer cómo trabajan en esas pequeñas escuelas rurales, me temo que hace juicios al vapor. Las dos maestras que atendieron a los niños fueron comprensivas, nos apoyaron mucho y facilitaron todo para el momento de la partida. La escuela era más grande y los niños disfrutaron el enorme patio y las leyendas escolares. Pero la carga de tareas seguía siendo significativa.
Llegó el momento del cambio.

Seis de enero, primer día de clases en la escuela en Francia.


En seis meses los niños no sólo aprendieron a desenvolverse en Francés, sino que mejoraron sus nociones de matemáticas muchísimo, y aprendieron historia, geografía y empezaron su camino en la expresión escrita en francés. (foto Carla Martinez)

Yo, personalmente, tenía pavor. Su francés se limitaba a decir ?bonjour? y ?merci?. Sin embargo, la vida me mostró que no había nada que temer. Un director comprensivo, una escuela que cuenta con clases de Francés como Lengua Extranjera, compañeros agradables, y sobre todo dos profesores con quienes siempre tendré una deuda eterna de gratitud. Pacientes a pesar de no hablar una palabra de español, hicieron un gran esfuerzo por integrar y ayudar a mis hijos. El mayor tuvo que regresar un año para ajustarse a la ortografía y la gramática francesa. Pero fue una excelente decisión. Le otorgó confianza, le permitió sentirse que sabía.

Otro cambio fuerte respecto a la escuela en México es la duración de la jornada. Entran a las 8 y media y salen 4 y media. Pero es un poco engañoso, puesto que comen en la escuela la comida fuerte del día (el déjeuner), a las 12 y tienen libre hasta las 2 de la tarde para jugar o hacer actividades. Cuentan además con otras dos pequeñas recreaciones. Y sobre todo, no hay carga de tarea.  La tarea se limita a repasar y estudiar, lo que aligera muchísimo sus tardes y les permite disfrutar de su niñez.
Más diferencias: escriben mucho menos. Las fotocopias, las libretas o cuadernos, los proporciona la escuela, que acá es 100% gratuita, y no ?gratuita? entre comillas, como en México. Pero no agotan sus libretas una tras otra con copias interminables. No, las actividades son mucho más puntuales. Y no por ello, oh sorpresa, los niños aprenden menos.
Al contrario. En seis meses los niños no sólo aprendieron a desenvolverse en Francés, sino que mejoraron sus nociones de matemáticas muchísimo, y aprendieron historia, geografía y empezaron su camino en la expresión escrita en francés.
Más diferencias, a mi juicio, positivas. La escuela no es tan rígida. No hay honores a la bandera cada lunes. Cuando los niños presentan algún bailable, no hay gastos en vestuario. Los niños, me parece, van más relajados a la escuela. Se divierten, y aprenden.
No tengo quejas de la escuela en México, y no las tengo de la escuela en Francia, pero aprecio las enormes diferencias. Las vacaciones acá son largas y constantes. Dos meses de clases y dos semanas de vacaciones. Después, en verano, dos largos meses para disfrutar del calor y el buen clima.
Otra cosa que me encantó fue lo bien que los recibieron todos sus compañeros. No hubo discriminación alguna. La nota triste: los únicos que se burlaron de ellos fueron otros inmigrantes. Pequeños turcos con quienes compartían las clases de francés. Pero ello no amargó a los niños. El mayor tiene una muy buena amiga turca nacida en Alemania. Es más, a mi gusto tiene demasiadas ?buenas? amigas?¡apenas va a cumplir 10 años!
La organización de los ciclos de enseñanza también es diferente. Pero lo que yo rescato es la solidaridad de los docentes y compañeros, que ayudaron a estos dos mexicanos a ser felices en suelo francés.

Née en 1979 à Mexico de parents journalistes, Carla Martinez a étudié les sciences de la communication à la UNAM (Universidad Nacional Autónoma de México).
Elle a travaillé plusieurs années comme "ghost writer" pour des publications académiques et a passé plusieurs années à Buenos Aires. Plus tard, Carla a exercé en tant que professeur d'anglais dans un petit village de l'Etat d'Hidalgo au Mexique.    
Écrivaine et rédactrice par vocation, elle travaille actuellement pour une entreprise espagnole de web-marketing mais consacre son temps libre à écrire ses expériences en tant qu'immigrée en France dans la belle région de Bretagne.
Fière d'être la maman de deux garçons de dix et sept ans, elle est aujourd'hui mariée avec un Breton et est enceinte de son troisième enfant qui sera pour le coup une petite Française.

Son blog Migrante con ojos de cristal

Chapitre 1 : 365 jours plus tard / Chapitre 2 Paris / Chapitre 3 Histoire de pain / Chapitre 4 : grossesse

Carla Martínez - Traduction Marie Lac (Lepetitjournal.com/mexico) Jeudi 12 mars 2015

lepetitjournal.com Mexico
Publié le 13 mars 2015, mis à jour le 13 mars 2015
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos