Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste de la circonscription d’Australie, Fidji et Papouasie-Nouvelle-Guinée. Jean-Philippe Grange se présente pour la liste "Ensemble, Citoyens et Solidaires !".


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Franco-australien de 57 ans et grenoblois d'origine, je vis en Australie avec ma famille depuis 1998, où je suis consultant en veille stratégique. Je me suis engagé dans la communauté française dès mon arrivée par l’intermédiaire de l’association « Français du Monde-adfe Australie ». Ce travail à l’écoute des problématiques de nos compatriotes, en siégeant notamment dans les commissions consulaires, c’est progressivement approfondi et j'ai été élu Conseiller des Français de l'Etranger en 2014, à l'issue de la réforme qui a créé les Conseils consulaires. Les électrices et électeurs de la circonscription m'ont renouvelé leur confiance en 2021, date à laquelle j'ai été réélu aux côtés de Caroline Brunel. Je suis également membre de l'Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) instance représentative des Français établis hors de France. Enfin j’ai eu l’honneur de présider notre Conseil consulaire d’Australie, Fidji et Papouasie-Nouvelle-Guinée. J'ai donc coordonné et animé pendant 5 ans l'ensemble de ses travaux et débats, en y travaillant en bonne entente avec l’ensemble de mes collègues et en lien étroit avec les autorités consulaires. Je conduis aujourd’hui notre liste « Ensemble, Citoyens et Solidaires ! Liste soutenue par Français du Monde et Les Ecologistes - Europe Ecologie Les Verts ».

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Je pense que nous sommes d’abord et avant tout des porte-voix. J'aimerais dire, en ce qui nous concerne, des mégaphones ! Nous sommes des élus locaux bénévoles et nous nous efforçons de résoudre localement des situations compliquées, mais aussi de relayer au mieux les attentes et les besoins de nos compatriotes auprès des services consulaires et de nos parlementaires. En échangeant sur le terrain, à l’occasion de débats et de tribunes dans la presse, par voie de pétition, en prenant des positions en Conseil consulaire ou à l’AFE, nous agissons, en refusant les postures, et en travaillant en réseaux, associatifs et politiques. Aux côtés de l’association Français du Monde-adfe et de parlementaires mobilisés et combatifs. Contre le recul des budgets dédiés à une communauté pourtant en croissance, afin d’obtenir des moyens à la hauteur des besoins de nos compatriotes, pour des avancées concrètes et pour que les Français de l’étranger soient pleinement pris en compte dans les décisions nationales.
Je pense que nous sommes d’abord et avant tout des porte-voix. J'aimerais dire, en ce qui nous concerne, des mégaphones !
C’est un peu ça, notre conception de l’élu des Français de l’étranger : un porte-voix, à l’écoute des gens, qui créer du lien par l’action et la prise en compte des besoins locaux, qui est pleinement mobilisé et travaille en équipe pour débloquer des situations, informer précisément et obtenir des avancées.
On nous consulte sur de nombreux sujets sans toujours avoir le dernier mot ; c'est la réalité du rôle. Mais je crois profondément à la force de l'interpellation citoyenne. Une voix qui persiste finit toujours par se faire entendre.
Une voix qui persiste finit toujours par se faire entendre.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Nous avons créé il y a plus de 5 ans le collectif "Ensemble, Citoyens et Solidaires !", sur la base de valeurs auxquelles nous sommes fidèles depuis toujours - justice sociale, équité, solidarité - pour répondre aux besoins de nos compatriotes. C’est le fil rouge de notre action. Tout naturellement, c'est une liste issue de cette équipe intergénérationnelle, expérimenté et disponible que nous avons le plaisir de conduire ensemble avec Caroline Brunel. C’est une cheffe d'entreprise, parent d'élèves au lycée Condorcet de Sydney, qui est établie en Australie depuis 2005, avec qui nous formons un binôme rodé, ancré dans le terrain, avec une envie intacte de poursuivre notre action.

Notre démarche de rassemblement a donné naissance à une équipe d'une grande diversité de profils, de parcours et de sensibilités issues de la gauche et de l’écologie. Signe de continuité, nous sommes 7 sur 11 à avoir fait partie de l'équipe de 2021 : une cohésion qui compte, renforcée par des regards neufs et des engagements complémentaires : nous représentons la diversité de notre communauté - entrepreneurs, parents d'élèves, ingénieurs, avocats, consultants, spécialistes en technologies, en politiques sociales ou en marketing – et nous sommes réunis autour de valeurs progressistes, humanistes et écologistes. Nous ne sommes pas une liste assemblée pour l'occasion mais un collectif soudé, ancré, qui met son expérience collective au service de nos concitoyens.
Nous représentons la diversité de notre communauté.
Contrairement à la plupart des autres listes en présence, nos positions sont claires, nos soutiens assumés, et leurs noms figureront sur nos bulletins de vote : l’association Français du Monde-ADFE et Les Ecologistes – EELV.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
C’est une étape importante dans le renouveau de la vie démocratique de la communauté française à l’étranger. Nous sommes plus de 3 millions, nous avons des préoccupations très diverses, et c’est une chance de pouvoir compter sur des relais locaux : ils informent, ils accompagnent dans des situations délicates ou complexes, et ils relaient au niveau national les enjeux issus de la vie quotidienne, loin du pays.
Car les préoccupations de nos compatriotes sont au cœur de la campagne de notre liste « Ensemble Citoyens et Solidaires ! » : étudier, se former, faire reconnaître son diplôme, travailler, entreprendre à l’étranger, s’épanouir en expatriation, dans une démarche individuelle ou en famille, accéder le plus largement possible à la culture, à l’enseignement en français et à la langue française. Mais aussi créer, animer et développer une association, obtenir des subventions pour ses projets, faire face à des difficultés administratives, sociales ou financières, à des situations de violences conjugales ou intrafamiliales à l’étranger sans se sentir isolée, ou encore lutter contre l’isolement, notamment comme retraités vivant à l’étranger, défendre ses droits et rester connectés à la France tout en construisant sa vie localement.
Ce sont ces sujets que nous portons, avec sérieux et sans postures. Prendre part à ces élections consulaires c’est se choisir des représentants utiles.
Prendre part à ces élections consulaires c’est se choisir des représentants utiles.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Il en existe plusieurs et leurs implications sont au cœur de nos engagements de campagne.
La taille de notre « circonscription continent » qui recouvre trois pays, et les crises multiformes et autres situations complexes que nous traversons de façon croissante et qui n’épargnent pas notre zone du monde, nous rappellent ce qui est essentiel pour nous, français de l’étranger. Au-delà des solidarités familiales, amicales et associatives, il nous faut des services publics consulaires forts, qui doivent cesser d’être une source d’ajustement budgétaire.
Il nous faut des services publics consulaires forts, qui doivent cesser d’être une source d’ajustement budgétaire.
Malgré le travail souvent exceptionnel des agents consulaires, ce lien essentiel entre la France et nos compatriotes où qu’ils se trouvent est un défi de chaque jour. Il est de notre responsabilité, à notre place d’élus locaux, de se mobiliser en réseaux pour obtenir la préservation et le renforcement des services consulaires, notamment en matière de création de postes et de tournées consulaires qui sont particulièrement importantes pour Australie. De soutenir aussi les progrès indéniables de la dématérialisation, tout en garantissant un maintien des effectifs pour un accès physique et postal aux services consulaires et pour gagner en qualité de service et d'accueil.
Ce lien essentiel entre la France et nos compatriotes où qu’ils se trouvent est un défi de chaque jour.
Face à la politique de désengagement continu de l’État depuis 2017, nous sommes nombreux également à défendre un réseau éducatif solide et accessible pour nos enfants, et pour renforcer la singularité de notre modèle d’enseignement français à l’étranger : la mixité sociale, la diffusion de nos valeurs républicaines, l’accessibilité du réseau dans toute sa diversité et la capacité de notre pays de faire vivre la francophonie bien au-delà de ses frontières. Nous participons aux mobilisations et restons attentifs sur ces sujets. Un autre défi de taille par les temps qui courent !












