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Pitch Black 2018 : Un entraînement de haut niveau

Par Ambassade de France en Australie | Publié le 09/09/2018 à 02:06 | Mis à jour le 09/09/2018 à 02:06
Photo : Ian Battaglia, Unsplash
Pitch Black 2018 Rafale Casa Armée de l’air France Australie

Du 27 juillet au 17 août 2018, depuis la base aérienne de Darwin en Australie, trois Rafale et un Casa de l’Armée de l’air se sont entraînés sans relâche à planifier et conduire des opérations aériennes complexes, aux côtés des aviateurs de 15 autres nationalités, dans le cadre de l’exercice « Pitch Black », exercice d’entrée en premier de haut niveau organisé par l’Australie.

 

Pendant trois semaines, « Pitch Black », exercice organisé par la Royal Australian Air Force (RAAF) s’est déroulé depuis les bases aériennes de Darwin et Tindal dans le grand Nord australien. Cette année, la participation française a été d’une ampleur inégalée, avec l’engagement de 3 Rafale venus de France métropolitaine et d’un Casa 235 venu de Nouvelle-Calédonie. 

L’engagement de tels moyens opérationnels, aux antipodes, illustre parfaitement la capacité que l’Armée de l’air offre à la France de s’engager vite et loin pour mener des opérations aériennes de haute intensité ; ce qu’on appelle souvent la capacité d’entrée en premier.


Il s’agit tout d’abord de projeter le dispositif de combat. En effet, quelques jours seulement suffisent entre la décision d’engager les aéronefs et leur capacité à opérer dans des zones pouvant être très reculées et inaccessibles par voie terrestre ou maritime. Ce fut par exemple le cas en janvier 2013 lors du déclenchement de l’opération Serval au Mali : quelques heures après la décision du Président de la République de répondre à la demande d’aide militaire du gouvernement malien vers la France, le raid aérien décollait de métropole ; et ses frappes permettaient de stopper les groupes armés terroristes qui menaçaient de déferler sur Bamako.


Aujourd’hui, dans le cadre l’engagement dans l’exercice Pitch Black, il s’agissait de déployer au plus vite trois avions de combat en Australie (sans action offensive pendant le déploiement), à plus de 17 000 kilomètres de Paris, afin que ceux-ci soient prêts à entrer dans l’exercice dès les heures suivant leur atterrissage. Peu visible, mais indispensable, cela nécessite une manœuvre logistique complexe, coordonnée et sans faille.


Pour le déploiement dans l’exercice Pitch Black 80 tonnes de fret ont ainsi été projetées (matériel de soutien technique des avions, matériel de communication, pièces de rechanges les plus courantes, etc.) et 120 aviateurs ont été déployés sur le sol australien. Dès son arrivée, cette équipe placée sous le commandement du colonel Arnaud Brunetta, est devenue le cœur du dispositif français ; elle incluait l’ensemble des spécialités nécessaires à planifier et conduire des opérations autonomes : équipages des aéronefs, officiers renseignement, agents d’opérations, personnels montant la garde des avions, équipes de soutien technique et logistique permettant d’assurer l’entretien des avions et le soutien de l’ensemble du dispositif (soutien administratif et financier, soutien médical, etc.)


Il s’agit du second effet recherché dans ce type de projection stratégique : établir au plus vite une base aérienne projetée permettant d’opérer dans la durée et de soutenir les opérations au plus proche, voire au sein du théâtre d’opération (La Joint Operations Area –ou JOA). En janvier 2013, et après les frappes aériennes sur les groupes armés terroristes, les avions de combat s’étaient posés à Ndjamena, capitale du Tchad, où la France met en œuvre une base aérienne permanente. Les Rafale, quelques heures après leur atterrissage, étaient ainsi engagés sans délais et durablement dans l’opération SERVAL.


Pour l’exercice Pitch Black, de la même manière, la mobilisation immédiate et sans faille de l’ensemble du personnel permettait aux Rafale et au Casa de s’engager dans les opérations aériennes combinées de grande ampleur (engageant jusqu’à 80 aéronefs simultanément) deux jours après leur arrivée en Australie. Une parfaite illustration du dicton militaire : « entraîne-toi comme tu combats ».


Ainsi, les trois Rafale venus de métropole et le Casa de l’escadron de transport 52 « Tontouta », en Nouvelle-Calédonie, ont été immédiatement engagés dans des missions complexes et intensives. C’est ce qu’on appelle des COMAO, pour Composite Air Operations : opérations combinant de nombreux aéronefs de types différents, engagés simultanément sur des missions complémentaires permettant notamment : d’assurer le commandement et le contrôle de l’ensemble du dispositif (avions de type AWACS), de garantir la supériorité aérienne par des missions offensives et défensives (avions de défense aérienne ou « de chasse »), de s’assurer que la connaissance de la situation est actualisée en temps réel et partagée par l’ensemble des acteurs (missions d’ISR : Intelligence Surveillance and Reconnaissance), de mener des frappes aériennes (dans la profondeur pour des objectifs stratégiques, ou au plus près des combattants au sol pour leur apporter un appui feu si nécessaire, à l’aide d’avions d’attaque au sol), d’organiser le ravitaillement en vol de l’ensemble des aéronefs (afin de permettre d’opérer plus loin et plus longtemps), d’être capable d’infiltrer ou d’exfiltrer des unités combattantes au plus près de leurs objectifs (grâce aux aéronefs de transport tactique).


Durant l’exercice Pitch Black, c’est ainsi que les COMAO se sont enchaînées, à raison de deux à raids par jour, dans un environnement multinational tout à fait similaire à celui que l’on peut retrouver au sein des opérations actuellement conduites au Moyen-Orient (par exemple au sein de l’opération « Chammal », participation française à l’opération « Inherent Resolve » emmenée par les Etats-Unis dans la lutte contre Daesh an Moyen-Orient). « Un exercice d’une telle envergure est d’autant plus enrichissant qu’il permet à l’Armée de l’air de travailler, d’échanger et de partager avec des nations partenaires, de longue date pour certaines, avec qui nous avons l’habitude de coopérer en opérations extérieures » détaille le colonel Arnaud Brunetta, commandant le détachement français de l’exercice Pitch Black.


En termes d’entraînement des équipages, les objectifs sont multiples : entretenir les compétences des aviateurs à conduire l’ensemble du spectre des missions aériennes, mais également parfaire le travail de coordination avec les autres armées de l’air amies et alliées, qui pour certaines comme l’Inde, la Thaïlande ou encore l’Indonésie, n’utilisent pas les procédures de planification et de conduite de l’OTAN. Les équipages Rafale se sont ainsi régulièrement entraînés au rôle de chef de mission (Mission Commander -MC) ; il s’agit de la plus haute qualification opérationnelle pour un pilote qui, lorsqu’il est MC, a la responsabilité de la planification et de la conduite de l’ensemble de la COMAO (alors que lui-même se trouve généralement engagé au sein de celle-ci dans son aéronef). Quant à l’équipage Casa, leurs missions, au sein des COMAO, ont été rythmés par des vols en très basse altitude (vol tactique), des missions d’aérolargage ou de posés d’assauts sur terrains sommaires, mode d’action qui offre une grande souplesse d’emploi dans l’infiltration ou l’exfiltration de combattants au plus près des zones d’engagement simulées, par exemple pour y mettre en place des JTAC (Joint Terminal Attack Controller) participant à l’exercice.


Au total 140 aéronefs de 16 nations différentes ; chasseurs, avions de transport et ravitailleurs, ont été engagés dans l’exercice Pitch Black, dans le territoire du Nord de l’Australie. Une zone de 500km de long sur 300 km de large, soit l’équivalent d’un quart du territoire français leur a permis un entraînement très réaliste, s’affranchissant de limitations que l’on subit parfois en Europe, compte tenu de l’exiguïté des zones d’entraînement aérien. Ici, dans le grand Nord australien désert, la zone d’entraînement va du sol au niveau de vol 660 (20 000 mètres d’altitude), sans limitations de vitesse : les aéronefs peuvent donc voler en supersonique durant les COMAO. « La zone de combat est optimale, elle n’est comparable à aucune autre lors d’exercices. La quasi absence de population dans le Bush australien nous permet une liberté presque totale d’évolution dans cette zone » explique le commandant Antoine, chef du détachement des Rafale.


Le 19 août 2018, après trois semaines d’entraînement intense et d’échanges particulièrement fructueux avec les autres nations participantes à l’exercice, l’ensemble du détachement a pris le chemin de l’Indonésie où a débuté la mission PEGASE (Projection d’un dispositif aérien d’envergure en Asie du Sud Est). Illustration de la versatilité de l’arme aérienne, l’Armée de l’air réalise en effet une mission en Asie-Pacifique avec un dispositif de trois chasseurs Rafale, un avion de transport A400M, un airbus A310 et un avion ravitailleur C-135. Un déploiement qui contribue à renforcer la présence de la France dans cette zone d’intérêt stratégique et à entretenir les liens étroits avec les pays de la zone

Rendez-vous dans deux ans pour Pitch Black 2020 !


Retrouvez un article complet sur l’exercice Pitch Black dans le numéro 715 d’octobre 2018 d’Air actualités (en français).

Suivez toute l’actualité de la mission PEGASE de l’armée de l’air en Asie du Sud-Est : #MissionPegase18

En particulier la livraison par l’A400M de PEGASE de 24 tonnes de fret humanitaire au plus près des populations sinistrées d’Indonésie, suite aux tremblements de terre : https://twitter.com/CdCMAE
 

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