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Violences conjugales: le Portugal pointé dans les statistiques

Par Lucie Etchebers-Sola | Publié le 30/10/2019 à 01:41 | Mis à jour le 01/11/2019 à 00:22
Violence-Domestique

Le 25 novembre prochain, l'ONU organise la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des  femmes. Le point sur la position du Portugal sur le sujet douloureux de la violence conjugale, dont les femmes sont les principales victimes.


Un sujet plus que jamais d'actualité
 
Dimanche 20 octobre, à Braga, une centaine de personnes ont répondu à l'appel de l'organisation féministe Mulheres de Braga pour manifester sur la Praça da República contre les violences faites aux femmes. Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire « Basta de nos matarem » (« arrêtez de nous tuer »), en réponse à la mort brutale de Gabriela Monteiro, une femme en instance de divorce assassinée par son mari devant le Tribunal de Braga deux jours plus tôt. Ce rassemblement a notamment critiqué le manque d'éducation et de sensibilisation des agents politiques, juridiques et de la police face aux lacunes de la loi en terme de protection des victimes de violence conjugale dans le pays.
 

Des chiffres toujours alarmants au Portugal
 
Ces trois dernières semaines, trois femmes ont été tuées par leur mari ou leur ex-partenaires, ce qui élève à 23 le nombre des décès depuis le mois de janvier selon les données du Procureur général de la République (PGR). En 2018, 28 femmes ont trouvé la mort de cette façon et 39 homicides ont été enregistrés dans le contexte de violences conjugales selon les chiffres du rapport annuel sur la sécurité intérieure (RASI). Selon le rapport annuel de surveillance de 2018, le nombre de plaintes déposées auprès des autorités policières reste élevé: 26432 signalements de violences conjugales ont été enregistrés en 2018 dont 5981à Lisbonne, 4614 à Porto, 2458 à Setúbal, 1804 Aveiro et 1801 à Braga. En mars 2019, le Conseil des ministres a créé une commission technique multidisciplinaire pour améliorer la prévention et la lutte contre la violence conjugale. Le rapport proposait notamment une action intensive et plus rapide après qu'une plainte ait été déposée, la mise en place de tribunaux spécialisés et d'un réseau d'intervention d'urgence fonctionnant 24h / 24 pour soutenir les victimes. Le Premier ministre António Costa estime que le plus important est de « mettre en pratique » les recommandations de cette commission technique et qu'il est fondamental de commencer bien en amont la prévention sur les violences conjugales -qu'il considère comme une « plaie » dans la société portugaise- que ce soit à la maison ou ailleurs.
 

Des mobilisations partout dans le monde
 
A l'approche de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes organisée par l'ONU le 25 novembre prochain, de nombreuses manifestations ont déjà lieu partout dans le monde, de Johannesburg à Paris en passant par l'Espagne et le Portugal. Tandis que les manifestants marchaient à Braga il y a quelques jours, des milliers d'autres s'étaient rassemblés le même jour sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, à l'initiative de mouvements de défense des droits des femmes. Nombreux sont ceux qui portaient des bougies, des lanternes, des torches ou des téléphones mobiles allumés pour commémorer la mémoire des quarante-deux femmes qui ont succombées sous les coups de leurs maris depuis le début de l'année en Espagne selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. En France, la situation n'est guère meilleure. Malgré des mesures importantes prises ces deux dernières années comme un aménagement de l'autorité parentale dans les cas de violence conjugale ou la mise en place d´un dispositif de « bracelet anti rapprochement », une femme meurt tous les jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint selon les données de l'Elysée.  Depuis le 1er janvier 2019, ce sont 114 femmes qui ont péri ainsi (chiffres au 03/09/2019). Le 5 octobre dernier à Paris, une centaine de militantes Femen ont déposé des stèles au cimetière de Montparnasse en hommage à ces femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon depuis le début de l'année, et réclamer au gouvernement « une mobilisation plus forte ».
 
L'ONU organise cette année 16 journées d'action contre les violences faites aux femmes, dans le cadre d'une campagne internationale qui a lieu chaque année du 25 novembre (Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes) au 10 décembre (journée des droits humains). La violence faite aux femmes et notamment dans le cadre de la vie conjugale est une réalité vivace et intolérable qui oblige les pouvoirs publics à  trouver des réponses plus efficaces pour protéger les victimes dont la liste de cesse de s'allonger année après année.
 
 

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