Si pour Naïla et Ola, la langue française est une langue qui n'a pas autant de valeur que l'anglais en Egypte, d'autres admettent timidement qu'ils auraient pu choisir le français si leurs parents ne les avaient pas encouragés voire forcés à préférer l'anglais
(photo LPJ)
C'est le cas d'Asmaa, 32 ans, canadienne d'origine égyptienne qui a suivi ses études en langue anglaise mais qui rêvait secrètement de pouvoir s'exprimer dans la langue de Molière : "J'ai passé une bonne partie de ma vie au Canada ou le français a une grande place. J'ai toujours voulu étudier le français mais mes parents m'en ont dissuadé de peur qu'à mon retour en Egypte, je sois lésée. Aujourd'hui, je le regrette mais j'aspire encore à apprendre le français ou à le faire apprendre à mes futurs enfants", dit-elle.
Ahmed, 28 ans, parfaitement anglophone, estime quant à lui que le français est une langue très féminine, mais il ne cache pas son désir, encore secret, de l'apprendre un jour "que ce soit pour impressionner son entourage ou pour draguer les filles", avoue t-il.
Que ce soit un choix personnel, professionnel, religieux, ou même relevant de l'autorité parentale, nombreux sont ceux qui s'accordent à dire que savoir parler le français en Egypte est très "classy"ou encore très valorisant.
Mustapha, 48 ans, a appris le français lorsqu'il était jeune et l'a, comme beaucoup, mis de côté au profit de la langue anglaise. Aujourd'hui, "à son âgé avancé"comme il se plaît à dire, il a décidé de "réapprendre le français pour pouvoir l'enseigner aux autres parce qu'il trouve que cette langue est très classe et qu'elle symbolise le raffinement".
Une concurrence entre les deux langues
Il semble bien évidemment que l'anglais se soit nettement bien plus imposé dans la société égyptienne mais cela ne signifie absolument pas que la langue française est devenue une langue morte ou destinée à disparaître. Après tout, elle fait partie de l'histoire de l'Egypte et occulter ce fait serait occulter une grande part de l'histoire des relations entre l'Egypte et la France.
Chaque jour en Egypte, une sortie, une expression courante ou encore une rencontre vous rappelle combien la France a été présente par sa culture et comment elle a influencé ce grand pays.
Combien de fois, avons-nous entendu des jeunes dans la rue utiliser les restes d'un français étudié jadis pour impressionner les touristes français ?
Ou bien encore, n'avons-nous jamais fais attention en se baladant dans les rues du Caire au vieilles enseignes de magasins rédigées en français ou encore entendu s'échapper des cafés des vieux airs de musiques bien françaises ?
Force est de constater qu'il existe bien une "concurrence"entre les deux langues. Il ne s'agit pas de savoir qui de l'une ou de l'autre aura le plus de fidèles mais plutôt de reconsidérer leur importance et les avantages que chacune d'elles peut présenter à la société.
Lynda KARTOUT (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) vendredi 5 septembre 2008








