

La "Clean Street Food", où l'art de redécouvrir les plats égyptiens bon marché dans une athmosphère revisitée, et surtout propre, est la tendance du moment. Au Caire, deux nouveaux lieux proposent cette expérience : Cairo Kitchen et Zooba
Au vu du nombre de nouveaux restaurants ouverts depuis la révolution de 2011, et alors qu'une sévère crise économique frappe le pays depuis, on se dit qu'en Egypte, les commerces liés à l'alimentation seront toujours à l'abri. C'est ainsi, les Egyptiens aiment manger.
Avec Cairo Kitchen et Zooba, dans le quartier de Zamalek, ils sont servis. C'est aussi l'occasion pour les résidents étrangers et autres touristes de passage de découvrir dans une atmosphère recherchée mais simple, la cuisine populaire égyptienne. Une sorte de remise en scène plutôt réussie des traditions populaires, comme sorties d'un film égyptien en noir et blanc des années 50. Les couleurs sont cette fois plus vives et le menu vise une clientèle aisée. L'addition sera 15 à 20 fois plus chère que dans un authentique boui-boui du Centre ville, mais restera raisonnable.
Chez Cairo Kitchen (photo CK) , le "Kochari" est roi (Photo: DR). Ce "plat du travailleur", composé de lentilles, coquillettes, vermicelles, oignons, tomates et de cumin est proposé dans un décor très Design. Le repas commence par un passage au comptoir à salades. Haricots blancs ou verts, choux fleurs en vinaigrette, bessara (purée de fèves), piments, etc? la variété est appétissante. Présentée à l'ancienne, dans une assiette en métal verte ou rouge. Attention toutefois? la fraîcheur de la sélection pourra laisser à désirer.
Les plus soucieux de leur ligne opteront pour le "Koshari bien-être" à base de riz brun, censé moins riche en calorie mais qui n'est malheureusement pas préparé avec de l'huile de l'olive. Petit de soucis de cohérence.
Le clou du menu est sans aucun doute le "Koshari Eskandanary" - Koshari à l'Alexandrine ? où l'on retrouve des crevettes à la sauce tomate, poivrons verts et oignons. 39 L.E l'assiette (5 ?), 95 L.E (12 ?) la portion familiale. Ce sera le seul grain de folie de la carte.
A noter aussi le délicieux débit à boisson et l'incontournable Karkadé (jus de fleurs d'ibiscus), avec aussi de l'eau minérale subtilement aromatisée à la fleur de rose, comme on la buvait dans le temps. Un peu trop sucrée pour certains, veuillez donc à réaliser votre propre ajout.
La commande sur le plateau, on va s'installer sur les tables rectangulaires colorées. Les couverts sont posés à la verticale dans des verres, à côté des sauces piquantes et vinaigrées, l'accompagnement obligatoire du Koshari.
Galettes vertes ou rouges
A quelques centaines de mètres, autre ambiance? où l'on retrouve aussi du Koshari en plus des typiques sandwichs Foul-Taameya (à base de fèves), que vous pourrez commander dans des petites galettes de pain, vertes ou rouges. Un détail qui veut faire la différence.

Les tables, trop peu nombreuses, sont disposées au centre du restaurant avec sur les côtés des étagères où sont présentées, en bocaux, des pickles ou des pâtes de poivrons rouges à tartiner.
Quand au service, il serait parfait si la rapidité d'exécution des commandes était améliorée. Surtout que chez Zooba, le plus facile est d'emporter.
Au final, après ces deux explorations et malgré les réels efforts sur l'ambiance, une carence apparait au grand jour, souvent rencontrée en Égypte: l'incapacité de créer concept culinaire vraiment novateur, qui irait au-delà des sentiers mille fois battus.
Bien joué sur la forme donc, reste à travailler le fond.
Tomas Huget (www.lepetitjournal.com/le-caire.html) lundi 24 septembre 2012 (réédition)
- Zooba
16, avenue du 26 juillet. Zamalek, Le Caire
- Cairo Kitchen
A la hauteur du 118, avenue du 26 juillet. Entrée située sur la rue Aziz Osman. Zamalek, Le Caire








