

Les embouteillages monstres sont une réalité amère que vivent chaque jour les Cairotes. Cet infernal mal de tête semble être sans remède.{mxc}
Il est 11h, aux alentours de la place du Liban, à Mohandessine, le trafic est à son paroxysme. Pourtant, ce n'est pas l'heure de pointe. La même image se répète partout dans les axes principaux de la capitale. Sur le pont du 6 Octobre, la rue Salah Salem, à Madinet Nasr, etc. Une accumulation de véhicules bloque la circulation quelle que soit l'heure de la journée.
Un bon exemple est la rue Al-Galaa qui commence de la station Ramsès jusqu'à la place de Abdel-Moneim Riyad, au centre-ville. Plusieurs organismes gouvernementaux se trouvent tout le long de cette artère, il n'est plus possible de circuler tant le trafic est intense. En plus des embouteillages incessants, les microbus et autobus qui passent par là s'arrêtent à tout bout de champ pour faire descendre les passagers alors que c'est formellement interdit. Les chauffeurs n'hésitent pas à graisser la patte du petit agent du coin pour éviter une contravention ou un retrait du permis de conduire.
Les embouteillages n'épargnent aucun quartier du Caire (photo Nevine Kamel-LPJ)
Casse-tête
Omar, étudiant, est contraint à un horaire précis et doit pointer à midi pile dans son université située 6 Octobre. "Malgré les nombreux ponts, axes et tunnels que l'Etat a conçus pour débloquer la circulation, cela n'a rien arrangé. Il y a maintenant presque cinq mois que les travaux du pont de 26 juillet rendent la circulation impossible. Au lieu de prendre un quart d'heure pour arriver au 6 octobre, on passe des heures...", commente Omar qui commence sérieusement à perdre patience car il lui manque un quart d'heure à l'examen et il est pris dans le trafic bien qu'il est descendu de chez lui deux heures en avance.
{mospagebreaktitle=Le gouvernement se défend}
Selon une étude effectuée au ministère des Transports, au département de la planification dans les ministères concernés, le Caire est une ville qui ne devrait absorber que 4 millions de personnes, pourtant elle en héberge 17 millions. Le problème démographique se fait sentir également sur les routes de la mégalopole où ne peuvent passer qu'un demi-million de véhicules, alors qu'aujourd'hui plus de 3,9 millions de voitures circulent dans la capitale. Ce responsable souligne également que la surface du Caire est de 350 km2, dont 10 % seulement sont exploités pour les autoroutes. Autre problème. La politique de centralisation du gouvernement qui exige que tous les ministères, les établissements gouvernementaux et les administrations importantes se trouvent dans la capitale, et au centre-ville. "Prenons l'exemple du complexe administratif, le mogammaa Al-Tahrir, qui accueille quotidiennement 65 000 citoyens. C'est énorme pour les voitures. Dans le centre-ville uniquement il existe plus de 75 organismes financiers et banquiers. De plus, Le Caire regroupe plus de 82 zones d'urbanisation sauvage ", explique un général auprès du ministère de l'Intérieur, qui assure que la décision du gouvernement de transférer 13 ministères hors du Caire, dans les villes nouvelles, aura également des traces positives sur la circulation.
Maher Al-Maawel, ancien responsable à la direction du trafic, lui, pense que le problème vient du fait que le nombre de voitures à été multiplié par 18 entre 1970 et 2006, alors que le nombre de routes pour les accueillir, lui, n'a été multiplié que par 4.
Même si le gouverneur du Caire a pris récemment certaines mesures pour élargir les chaussées sur plusieurs endroits tels que l'axe de la corniche du Nil, long de 17 km, celui de Madinet Al-Obour qui conduit vers Ismaïliya sur une distance de 26 km, la situation ne devrait pas s'améliorer.
Névine Kamel. (www.lepetitjournal.com, Le Caire).8 janvier 2008.








