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BALADE - "Souk El-Gomaa", le marché aux puces à l’égyptienne

Par Lepetitjournal Le Caire | Publié le 21/12/2007 à 01:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 11:20

Comme le marché aux puces de Paris, "Souk El-Gomaa "attire des dizaines de milliers d'amateurs. Le souk est ouvert trois jours par semaine, mais le vendredi est particulièrement couru. On y trouve de tout, même des animaux...



Le vendredi est un jour de grande affluence au Souk El-Gomaa (photo Wessam Herky)

Sur la route qui mène à l'autostrade, le pont El-Tounsy relie le vieux Caire avec le reste de l'Egypte. Il ne suffit pas de passer par ce pont pour découvrir le Bazar. Mais il faut se rendre au dessous, là où un autre monde vit entre les cimetières coupés par la route.
Loin de la grandeur de la Citadelle éloignée de quelques centaines de mètres, et loin de l'ambiance touristique, "Souk El-Gomaa", ou le marché du vendredi, se distingue par un air purement populaire. Son toit est le pont, les vêtements sont accrochés à des cintres de fortune fait de bidons de plastique ou de bois, et la foule est dense. Les vêtements sont de fausses marques peut-être, mais tout est à bon marché.

Des milliers de visiteurs chaque semaine
Ouvert trois jours par semaine, mercredi, jeudi, et vendredi, qui est un jour d'affluence particulière, le souk ne manque de rien. Tout ce que l'on peut imaginer existe : vêtements, chaussures, meubles, objets de décorations, lustres, animaux, céramiques, etc.
Le souk attire des dizaines de milliers de visiteurs chaque semaine. La plupart sont issus des classes moyennes et populaires. Les produits ne sont pas neufs, mais quelques uns sont en bon état. D'ailleurs, un bon nombre de touristes ou d'étrangers résidant en Egypte y font leurs courses.
De même, il existe quelques stands avec des objets appartenant à la "belle époque" : radios, gramophones, saxophones, etc. Le cuivre ne brille plus mais avec un simple nettoyage, le saxophone redevient tout neuf, et se négocie plus de 1000LE. Les cadres sont un peu cassés, mais ne perdent jamais leur valeur. Ce qui y frappe immédiatement : les étalages de photos et de timbres. Ces clichés d'une époque qui n'existe plus, gardent un charme. Ces photos en noir et blanc parlent d'elles-mêmes : un monsieur coiffé d'un tarbouche, une famille sur la plage, une autre réunie pour un mariage. Certaines photos sont minutieusement dédicacées, elles ne coûtent que 5 LE... puis 3 LE, suite à une simple négociation.

Un vendeur amateur

Am Salah, une vie dans les antiquités (photo Nora Dardir-LPJ)

Les marchands de Souk El-Gomaa ne sont pas tous originaires du Caire, la plupart sont venus il y a des années des campagnes égyptiennes pour gagner leur vie.
Am Salah est originaire du sud de l'Egypte, il y a longtemps qu'il habite au Caire. "Là où j'habitais, je ne trouvais même pas l'argent nécessaire pour nourrir ma famille"lance Am Salah. Son coin se distingue par des objets rares : un projecteur des années 70 sert de décor. Il parle avec une sagesse qui laisse prévoir son âge : 70 ans. Son jeune fils l'aide à vendre son propre trésor. "Chaque dimanche, je vais à Shubra où se trouvent les stocks des meubles antiques, j'achète tout ce que je veux"dit-il. Chez Am Salah, il existe de vraies pièces introuvables. Il sait très bien qu'elles valent des milliers de livres mais pour ce collectionneur, la vie lui a tout donné. "Moi, j'ai gagné tout ce que je voulais de ma vie. J'ai aidé mes filles à se marier, et je ne veux plus rien"affirme le vieux vendeur.

Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) vendredi 21 décembre 2007

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