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Après notre article du 15 juillet, le dr Sourour fait le point sur la césarienne.

Après notre article consacré à la fausse rumeur d'une interdiction de la césarienne en Égypte, nous avons interrogé le Dr Sourours, gynécologue-obstétricien francophone, pour répondre aux interrogations des futures mamans et remettre les faits en perspective. Les nouvelles directives visent simplement à limiter les césariennes réalisées sans indication médicale. Lorsqu'une césarienne est nécessaire pour la santé de la mère ou du bébé, elle continue naturellement d'être pratiquée

Écrit par Anne-Sophie Pannet El Sayed
Publié le 18 juillet 2026

 

Pour mettre fin aux inquiétudes suscitées par une rumeur largement relayée sur les réseaux sociaux, Le Petit Journal.com a interrogé le Dr Sourours. Indications médicales, taux record de césariennes, désinformation des patientes et conseils aux futures mamans : il apporte un éclairage précis sur une pratique souvent mal comprise.

Le Dr Sameh Wadea Zaki Sourour est gynécologue-obstétricien consultant. Francophone, il exerce au Caire dans ses cabinets de Zamalek et de New Maadi, où il accompagne depuis 25 ans, des patientes égyptiennes et étrangères. À la suite de notre article consacré à la rumeur d'une prétendue interdiction de la césarienne en Égypte, il répond aux questions du Petit Journal.com afin de rassurer les futures mamans et d'apporter un éclairage médical sur ce sujet.

Le Petit Journal  : Une rumeur a récemment affirmé que les césariennes étaient désormais interdites en Égypte. Que répondez-vous aux femmes enceintes qui ont pu être inquiétées par cette information ?

Dr Sourour : Il faut avant tout rassurer les futures mamans : cette information est totalement fausse. La rumeur provient d'une mauvaise interprétation des nouvelles orientations du ministère égyptien de la Santé. Il n'a jamais été question d'interdire la césarienne.

L'objectif des autorités est de lutter contre les césariennes réalisées par convenance personnelle, sans justification médicale, dans un pays où leur taux atteint des niveaux exceptionnellement élevés, entre 52 % et plus de 70 % selon les établissements. Lorsqu'une césarienne est médicalement indiquée, elle continue bien évidemment d'être pratiquée sans restriction.


Le Petit Journal : Dans quels cas une césarienne est-elle réellement indiquée ?

Dr Sourour : La décision repose toujours sur un seul principe : choisir ce qui est le plus sûr pour la mère et son enfant. Les indications absolues représentent environ 10 % des grossesses.

Une césarienne programmée peut être nécessaire en cas de placenta prævia, de disproportion entre le bassin maternel et la taille du bébé, de certaines présentations du fœtus, d'antécédents de plusieurs césariennes, de grossesse gémellaire particulière ou encore de certaines maladies maternelles.

Pendant le travail, une intervention en urgence peut également s'imposer en cas de souffrance fœtale, de rupture utérine, de décollement du placenta, de procidence du cordon ombilical ou lorsque le travail n'évolue plus malgré des contractions efficaces.

Dans toutes ces situations, la césarienne est un acte qui permet de protéger, voire de sauver, la mère ou le bébé.


Le Petit Journal  : L'Égypte affiche l'un des taux de césariennes les plus élevés au monde. Comment expliquez-vous cette situation ?

Dr Sourour : Plusieurs facteurs se combinent.

Le premier est lié à l'organisation du système de santé. En Égypte, les patientes attendent souvent que leur gynécologue personnel soit disponible à toute heure du jour et de la nuit. Or un accouchement par voie basse peut durer plus des heurs. Cette organisation favorise naturellement la programmation des naissances par césarienne.

Pour améliorer la situation, il faudrait développer le travail en équipe, renforcer le rôle des sages-femmes, comme c'est le cas dans la plupart des pays, et mieux former les jeunes obstétriciens à la prise en charge des accouchements difficiles.

Il existe également des facteurs culturels. Beaucoup de femmes redoutent l'accouchement naturel, une peur entretenue par certaines représentations véhiculées depuis longtemps dans les films égyptiens, où l'accouchement est souvent montré comme une expérience dramatique. À cela s'ajoute une faible acceptation des complications médicales, qui pousse parfois les médecins à privilégier une solution qu'ils jugent juridiquement plus sécurisante.


Le Petit Journal : Les femmes enceintes sont-elles suffisamment informées sur les avantages et les risques de chaque mode d'accouchement ?

Dr Sourour : Non. Beaucoup de patientes manquent d'informations objectives.

Certaines redoutent avant tout la douleur, l'urgence ou l'imprévu. Elles préfèrent programmer leur accouchement à une date précise et bénéficier d'une prise en charge entièrement planifiée.

Je constate aussi que certaines souhaitent prolonger à domicile l'utilisation de la pompe d'analgésie contrôlée après une césarienne. Personnellement, je considère que cette pratique présente des risques et ne devrait pas être encouragée hors du milieu hospitalier.


Le Petit Journal : Quels conseils donneriez-vous aux expatriées et aux étrangères qui s'apprêtent à accoucher en Égypte ?

Dr Sourour : Le premier conseil est de choisir très tôt un obstétricien dont la vision de l'accouchement correspond à leurs attentes. Il ne faut pas hésiter à discuter dès le début de la grossesse de son projet de naissance et à poser des questions sur son taux de césariennes et sa pratique de l'accouchement par voie basse.

Je recommande également de visiter la maternité avant le terme afin de vérifier qu'elle dispose du niveau de sécurité adapté à la grossesse.

Enfin, je conseille vivement de préparer un véritable projet de naissance : présence du conjoint, recours éventuel à la péridurale, refus d'actes inutiles, mise au sein immédiate du bébé… Tous ces éléments méritent d'être discutés avec l'équipe médicale avant le jour de l'accouchement.

Les familles étrangères doivent également anticiper les démarches administratives : disposer d'un certificat de mariage légalisé, déclarer la naissance dans les quinze jours auprès des autorités égyptiennes et prendre rapidement rendez-vous avec leur ambassade pour établir les documents d'identité du nouveau-né.


Le Petit Journal : Quel message souhaiteriez-vous adresser aux futures mamans qui ont été inquiétées par cette rumeur ?

Dr Sourour : Je voudrais leur dire de rester sereines. Les autorités égyptiennes n'ont jamais interdit la césarienne. Les nouvelles mesures concernent uniquement les interventions réalisées sans indication médicale.

Si votre état de santé ou celui de votre bébé nécessite une césarienne, celle-ci sera pratiquée normalement. L'essentiel est d'être suivie par une équipe médicale de confiance, qui prendra la décision la plus adaptée à votre situation.

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