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VIVRE EN MALAISIE - Les joies de la colocation

Par Lepetitjournal Kuala Lumpur | Publié le 28/06/2016 à 19:30 | Mis à jour le 29/06/2016 à 01:28

S'installer à l'étranger pour une longue période, pose l'inévitable question du choix de l'hébergement. En Malaisie comme ailleurs, la colocation reste une option très prisée des étudiants et des stagiaires, pour ses nombreux avantages. Praticité, rencontres, division des coûts et brassage culturel, autant de critères qui font de ce mode de vie, une option très alléchante. Pour autant, partager un espace avec des inconnus n'est pas une mince affaire. Alors, vivre en colocation, est-ce le bon plan ou la galère ? Chose certaine, cette aventure reste pour nos interviewés, une expérience plus qu'inoubliable !

La colocation, pour quoi faire ?  

En Malaisie, les offres de colocation sont nombreuses. Il est possible de s'installer à plusieurs dans de grands appartements bien situés, pour un loyer plus que raisonnable. Une solution très avantageuse pour réduire les coûts des charges et du loyer. Au-delà, c'est aussi le moyen idéal pour s'immerger plus vite dans son nouvel environnement de vie. 

Thomas, 23 ans, est un adepte de la Malaisie. La colocation, il en a eu l'expérience à deux reprises dans le cadre de ses stages : J'ai choisi la colocation parce que je n'avais pas les moyens de vivre autrement avec mon budget. En vérité j'ai plutôt loué une chambre, sans me poser la question des colocataires. Ça a été très rapide de trouver, entre une et deux semaines à chaque fois, sachant que j'ai assez peu d'exigences. La seule vraie difficulté a été la concurrence. La première fois, j'ai hésité entre deux logements et lorsque je me suis décidé sur l'un des deux, il était déjà pris. En tout et pour tout, j'ai vécu un an en colocation en Malaisie, deux fois six mois.

Chloé, 21 ans, stagiaire, est installée en Malaisie depuis 2 semaines :  En France je suis toujours en colocation car j'aime bien vivre et partager avec des gens. J'ai aussi voulu rencontrer de nouvelles personnes et parler en anglais. 

Ali, 20 ans étudiant en école d'ingénieur : Une colocation peut être une des solutions à des problèmes économiques, mais dans mon cas c'était LA solution à un tout autre problème, celui de se retrouver seul dans un environnement inconnu. Cette sensation d'appréhension dès la sortie de l'avion et ce stress de découvrir de nouvelles terres, m'étaient jusqu'alors inconnus. Cependant ce sentiment au fil des jours s'est estompé et ce, je pense, grâce au fait de vivre à plusieurs.  

Mehdi, a vécu 7 mois en Malaisie : Tout d'abord pour des raisons économiques, ensuite d'un point de vue social c'est bénéfique. Vivre seul dans un pays inconnu, rend les rencontres plus compliquées. C'est aussi à mon sens, le meilleur moyen de partager la vie quotidienne avec des personnes venant des quatre coins du globe. À la base, je n'attendais rien d'extraordinaire. Comme tout le monde, on éprouve un peu d'appréhension à vivre avec des inconnus, à des milliers de kilomètres de chez soi. Mes attentes étaient de vivre de manière simple en essayant de construire des relations amicales avec mes colocataires.  

Lucie, 20 ans en colocation depuis 5 mois : La colocation ne s'est pas présentée à moi comme une évidence, bien au contraire. Au départ, je souhaitais louer mon propre studio, ne voyant que les inconvénients de la vie collective avec des inconnus. Après deux semaines de recherches j'ai très vite compris que financièrement, pour une personne venue seule dans un pays, la colocation était plus avantageuse et était finalement, ma seule option possible. 

Les recherches, parcours du combattant ou simple formalité ? 

Thomas :  J'ai très rapidement trouvé mon logement, entre une et deux semaines à chaque fois, sachant que j'ai assez peu d'exigences. La seule vraie difficulté a été la concurrence la première fois, j'ai hésité entre deux logements et lorsque j'ai choisi l'un des deux, il était déjà pris.

Mehdi : Si on décide d'arriver en Malaisie sans aucune préparation cela peut vite être un casse-tête. Mais comme tout ça demande une préparation au préalable. Pour ma part ça a été relativement simple et rapide. Pour aiguiller les recherches vous pouvez demander conseils à votre employeur, ou bien aux réseaux de Français expatriés, et plus exactement le groupe Les Frenchy à KL sur Facebook, qui vous donneront les bonnes adresses pour trouver des colocations. J'ai personnellement trouvé ma colocation en trois jours, dans un Condominium ou la plupart des étrangers sont logés, dont énormément de Français? 

Chloé : J'avais essayé de chercher depuis la France, mais c'était assez compliqué. Par contre, une fois que je suis arrivée sur place, ce n'était pas très difficile, en consultant les sites internet et en contactant les propriétaires.   

Vivre à plusieurs ou comment prolonger le melting-pot culturel de la Malaisie jusque dans sa salle de bain 

Thomas : J'ai toujours été avec des expatriés en majorité, de toutes origines : Philippines, Écosse, Égypte, Espagne, Chine... 

Ali :Trois étudiants Sri lankais, deux Ethiopiens, un Indien et moi, le seul Français. Un mélange de cultures régnait au sein de notre lieu de réunion et une langue que je ne cessais de découvrir : l'anglais. Je vivais à petite échelle ce que certains vivent à travers les voyages qu'on peut facilement effectuer au sein de ce si grand pays qu'est la Malaisie. 

Mehdi J'étais en Colocation avec trois autres personnes dans un grand appartement. Une Française étudiante en stage comme pour ma part. Un jeune Libyen de 20 ans et un Yéménite de 38 ans qui étaient en Malaisie pour apprendre l'anglais. À la base nous n'avions rien en commun, mais nous nous sommes très vite bien entendu. Nous avions l'habitude de partager les tâches de la vie quotidienne, de cuisiner ensemble. Chacun contribuait à l'élaboration du repas. Avec ma coloc française nous aidions les garçons à progresser, en forçant chacun à dialoguer en anglais afin d'éviter le clivage francophone arabophone. 

Chloé : Je vis avec trois autres filles, une Allemande, une Malaise et l'autre... je ne sais pas, je ne la vois pas souvent. Mes colocataires sont toutes plus âgées et sont toutes dans la vie active, ce qui fait qu'on ne se croise pas souvent. 

Lucie : Je vis avec deux indiennes dans un condominium où de nombreuses nationalités sont rassemblées. À vrai dire, il y a essentiellement des personnes d'origines étrangères, mais aussi quelques Français, et bien entendu des Malaisiens. 

Les colocataires, entre famille adoptive et cohabitation passive il n'y qu'un pas

Thomas : Je n'ai jamais eu de problèmes d'intégration dans mes colocations. On était quatre la première fois, six la deuxième. Néanmoins, je n'ai pas vraiment tissé de liens d'amitié avec eux, paradoxalement j'ai plus été ami avec mes voisins de palier ou les colocataires d'amis à moi, que mes propres colocataires. J'ai surtout eu des rapports cordiaux avec eux, jamais de problèmes ouverts. 

Ali : Nous étions donc sept, tous originaires d'un pays autre que la Malaisie, et pourtant on s'y sentait comme chez nous. Une ambiance amicale, conviviale, parfois bruyante, mais jamais dans l'excès. 

Mehdi : Dès mon arrivé j'ai eu la chance de me sentir à l'aise très rapidement. Mes colocs m'ont fait un tour du voisinage, m'ont présenté les bons coins, et à partir de ce moment nous avons sympathisé. L'ambiance était très similaire de celle d'une vie de famille, avec notre coloc Yéménite de 38 ans, qu'on considérait comme le patriarche. Nous avions partagé de très bon moments, nous avions voyagé ensemble à Penang et à Tioman. Les week-ends nous sortions régulièrement au restaurant ou au cinéma. Lorsque nous nous sommes quittés, nous étions très tristes. Si aujourd'hui nous sommes toujours en contact, à l'époque nous étions déjà conscients de vivre quelque chose d'extraordinaire. 

Chloé : Avec mes colocataires on se voit vraiment peu souvent, elles ne sont jamais là. Pour l'instant la vie en colocation je ne la vois pas trop. Je n'ai pas vraiment de liens avec mes colocs. 

Lucie : Je suis arrivée dans une colocation déjà bien établie. Au sein de notre logement je ne peux pas dire que nous partageons énormément de choses. L'une de mes colocataires est aussi ma propriétaire. C'est une femme particulièrement gentille, mais notre différence d'âge fait que nous ne sommes pas extrêmement proches. Il nous ait déjà arrivé de partir ensemble au marché, ou encore de se faire goûter mutuellement des plats typiques de nos origines. Autrement, je ne sais pas grand-chose de mon autre colocataire. Nous nous croisons, car notre salle de bain est commune, mais elle n'est pas très bavarde et le bonjour a mis du temps à s'installer. 

Les règles de vie commune

Il n'est pas rare en Malaisie qu'une femme de ménage vienne nettoyer les parties communes de la maison. Ainsi, bien des disputes liées à l'hygiène ou au partage des tâches ménagères, peuvent être évitées. 

Mehdi : Nous avions la chance d'habiter dans un grand appartement ou chacun avait sa propre chambre, du coup il n'y a pas eu de problème de cohabitation et de partage d'espace. Nous partagions les dépenses des courses et l'espace dans la cuisine. Pour ma part je partageais également ma salle de bain avec ma coloc française, mais nous n'avions pas les mêmes horaires, du coup chacun pouvait prendre son temps. Pour ce qui est du ménage, une maid passait une fois par semaine. Chacun respectait la vie privée de l'autre, je n'ai pas le souvenir d'avoir eu un quelconque problème à ce sujet.

Chloé Chacune à sa chambre et j'ai ma propre salle de bain. Dans le frigo on a un étage chacune, un placard chacune pour mettre la nourriture, et on partage les épices. La seule chose qui moi me choque un peu, est le fait d'avoir une femme de ménage, car je ne suis pas habituée à ça.

Lucie : Je dois dire que vivre avec sa propriétaire n'est pas une chose anodine. J'ai parfois le sentiment que le moindre de mes actes est surveillé. Par exemple, lorsque je cuisine ma proprio fait attention à ce que je ne mettes pas le gaz trop fort. De même, avant d'aller dormir, nous devons systématiquement éteindre le wifi, ainsi que tous les interrupteurs de la maison (machine, gaz, chaudière...). S'il m'arrive d'oublier, ma proprio ne manque pas de me le rappeler. 

Une riche expérience à différents degrés 

Thomas : Je pense que la colocation en Malaisie est une bonne expérience, on rencontre des personnes différentes qui ont un certain point de vue sur le pays, et surtout, c'est un excellent rapport qualité prix. 

Ali : Le mardi chez l'Indien, le mercredi au ciné, le samedi football et les affinités créées, toutes ces habitudes et éléments qui s'installent rapidement et qu'on ne voudrait changer pour rien au monde, furent les éléments essentiels de ma vie en colocation, et qui je pense prennent difficilement place lorsque l'on vit seul et qui sont subjectivement des sensations qu'il faut absolument expérimenter au moins une fois dans sa vie.

Mehdi : De parfaits inconnus qui se retrouvent amis et vivant ensemble, ce fût pour moi une expérience très enrichissante.

Chloé : Je suis un peu déçue de ne pas plus voir mes colocs et de partager des moments de vie avec elles. Hormis ça tout se passe bien, je vis dans un grand appartement très sympa.

 

Olfa Kechiche (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) mercredi 29 juin 2016

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