Édition internationale

UN STAGE EN MALAISIE – Un futur ingénieur Français sous l’énergie malaisienne

Écrit par Lepetitjournal Kuala Lumpur
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 18 mars 2015

Baptiste le Sommer, un étudiant d'une vingtaine d'années, nous a emmené le temps de quelques heures dans son aventure malaisienne. Entre projets, découvertes, rencontres et voyages, ces quelques mois passés sur le sol malaisien se sont révélés pour lui, être une expérience inoubliable.

Nusolar, une entreprise familiale 

Durant presque six mois, Baptiste a rejoint l'équipe de Jason Sundram qui dirige Nusolar, une entreprise spécialisée dans l'énergie solaire. Créée en 2012 par deux ingénieurs, Jason la rachète juste après être rentré d'Australie où il poursuivait ses études supérieures. Ils sont quatre à travailler dans cette petite entreprise familiale, où Jason est épaulé par son père ainsi que deux jeunes femmes. L'objectif de Nusolar est d'approvisionner les foyers malaisiens en électricité issue de l'énergie solaire photovoltaïque. Cela permet à la fois de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de diminuer les gaz à effet de serre, mais aussi de voir ses factures d'électricité diminuer, en plus de représenter un investissement sur le long terme. Pour convertir au mieux l'énergie solaire en électricité, le photovoltaïque dépend notamment du niveau d'ensoleillement, une situation géographique donc optimum en Malaisie qui bénéficie de l'un des taux les plus importants au monde. Seules trois heures et demie d'ensoleillement par jour suffisent à alimenter une maison de superficie moyenne. 

La SEDA (Sustainable Energy Developmnent Authority Malaysia) apporte son soutien à ce secteur d'activité, en se chargeant de racheter les énergies vertes et en subventionnant les entrepreneurs qui souhaitent se lancer. Malheureusement, cela a donné lieu à de nombreuses escroqueries et deux tiers des entreprises s'avèrent non viables. Beaucoup créant des structures afin de bénéficier des fonds d'aide qui sont alloués pour ensuite mettre la clé sous la porte. Une réalité qui fait fortement défaut aux entreprises sérieuses qui finissent par souffrir d'une mauvaise presse. L'une des difficultés majeures est par ailleurs pour Nusolar d'évaluer les demandes de devis qui se révèlent parfois sollicitées par des entreprises frauduleuses dans le but de dérober de l'information. 

En immersion dans cet incubateur

Baptiste est étudiant en troisième année à l'INP de Grenoble, un établissement d'enseignement supérieur et de recherches. Cette année de césure lui offre l'opportunité d'effectuer un stage en tant qu'ingénieur d'une part, puis dans un second temps de remplir une mission associative en Amérique du Sud. Son choix s'est naturellement porté sur la Malaisie où il a postulé en direct à une offre publiée par la société. Un entretien plus tard et il s'envolait pour rejoindre la ville de Rawang.

Cet ancien café réhabilité en société est niché au c?ur d'un endroit paisible et chaleureux. C'est pieds nus que l'on entre dans cet espace calme et ouvert. Un immense tableau dont il ne reste que quelques espaces blancs, est noirci d'idées et de propositions, témoignage de l'effervescence qui se dégage de ce lieu propice à l'émulation intellectuelle. Baptiste définit ce stage comme un véritable apprentissage à l'entrepreunariat et à la vie quotidienne au sein d'une petite structure. Il a eu la chance de faire parti de toutes les réunions et rendez-vous et a ainsi pu être au plus près des négociations et découvrir une approche des choses différente de celle de la France. Qu'il s'agisse de la Malaisie orientale où il a passé une dizaine de jours au Sarawak, ou de la péninsule, ce stage a été pour lui, une opportunité d'élargir son point de vue et d'avoir une vraie vision d'ensemble de ce pays. 

Son premier mois a débuté par une phase d'observation avant de progressivement prendre des initiatives qui ont contribué à développer de nouvelles aptitudes. Loin de sa formation académique, Baptiste a découvert un univers où le concret prime et où l'aspect manuel est prépondérant. Il a aussi pu travailler sur la partie design, un domaine jusque là inexploré au sein de la société. 

Par ailleurs, la Malaisie s'illustrant comme un hub régional, il s'est rendu dans d'autres pays d'Asie du Sud-Est où le type de solutions que propose Nusolar peut parfaitement être installée. Par exemple, de plus en plus de personnes étant munies d'un téléphone portable, la nécessité de le charger à moindre frais dans certains pays devient, sinon indispensable, une demande qui s'intensifie. L'ensemble de ces expériences a été pour lui la preuve manifeste des gages de confiance que les responsables de Nusolar lui ont témoigné. A ce titre, il glisse qu'"en tant que jeune tout ce qu'on me donne je suis prêt à le redonner fois mille"

Plus qu'un stage, une expérience de vie 

Si l'expérience professionnelle a certainement été enrichissante et fructueuse, cette parenthèse malaisienne a dépassé cette dimension. Emu, il tente de rendre compte de toute la fraternité qu'il a rencontré ici. 

Dès son arrivée en Asie du Sud-Est, la famille de Jason lui propose de vivre dans leur maison. Sans sourciller, Baptiste pose ses valises dans cette famille indienne. Une réelle relation de complicité se construit pas à pas entre ce jeune Français et cette famille Malaisienne. Les moments de vie les plus simples, comme les repas, se transforment en découvertes et en de véritables temps d'échange. Baptiste fait désormais partie intégrante de la famille. Il participe aux fêtes et évènements majeurs, une occasion supplémentaire comme il l'évoque d'en apprendre davantage sur les coutumes, les traditions mais aussi sur le bouddhisme. Manger avec les mains ou encore prier dans un temple ont été des ponts pour que, à son tour, il puisse partager sa culture, notamment en leur parlant de la Bretagne dont il est originaire. L'attention prêtée par cette famille à son égard, tant pour sa sécurité que pour son bien-être, s'est illustrée comme une marque d'humanité naturelle. 

Ce jeune étudiant semble s'en être allé comblé au-delà de ses espérances. La Malaisie lui aura donc laissé des souvenirs à part et en prime un accent anglais made in Malaysia! 

  

Safia Takrabt (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) mercredi 18 février 2015

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Publié le 17 février 2015, mis à jour le 18 mars 2015
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