RETOUR D’EXPERIENCE – Quand l’expatrié en Malaisie est un adolescent...

Par Lepetitjournal Kuala Lumpur | Publié le 19/03/2013 à 00:00 | Mis à jour le 19/03/2013 à 01:58

"Les voyages forment la jeunesse"  écrivait Montaigne. L'adolescent peut vivre l'expatriation comme un déracinement, ou au contraire, comme une expérience excitante, véritable aventure vers l'inconnu. Au Lycée Français de Kuala Lumpur, Amélie Stoltz, élève de seconde, a recueilli quelques témoignages afin de rassurer les futures graines d'expatriés.


Un départ pas toujours bien accepté

L'adolescence est un passage délicat. Dans ce contexte, un déménagement, qu'il s'agisse d'un départ vers un nouveau pays ou d'un retour dans le pays d'origine, est souvent mal accepté. De petites choses revêtent un caractère insurmontable si elles sont vécues dans un contexte différent. ?Lorsque mes parents m'ont annoncé que l'on partait en Malaisie, ça a été un choc; je ne voulais absolument pas quitter ma vie à Paris. J'avais peur du changement et de la nouveauté?. Amélie (15 ans) avait plutôt mal réagi à l'annonce de son expatriation. Tous les ados sont attachés à leur cercle d'amis, ils ont les mêmes goûts, ils s'habillent de la même façon, ils écoutent la même musique. Ils ont leurs repères, leurs activités. L'expatriation bouleverse tout cela.

Pourtant, quelques années après, la même Amélie raconte que sa  vision de l'épreuve a changé. ?J'ai découvert énormément de choses et je ne regrette pas d'être partie, sachant que je rentrerais un jour. L'expatriation est une expérience d'où l'on sort grandi.? Lou-Ann (16 ans) avait accueilli la nouvelle d'une manière beaucoup plus optimiste : ?J'avais hâte de découvrir un nouvel endroit et de commencer une nouvelle vie?. D'ailleurs, aujourd'hui, elle confirme : ?C'est merveilleux de pouvoir vivre des choses à l'étranger qu'il aurait été inimaginable de vivre en France?.

Dans la plupart des cas pourtant, le jeune et ses parents passeront par des moments pénibles depuis l'annonce du départ jusqu'à l'intégration. Cassandre (16 ans), arrivée à Kuala Lumpur depuis 2 ans, explique que même si l'expatriation est une expérience interressante, quelques points négatifs ne peuvent pas être occultés : ?Pour moi l'un des aspects les plus durs est la distance. Parfois, Facebook et Skype ne suffisent pas. Il est possible de garder contact mais c'est psychologiquement difficile d'être loin de ceux qu'on aime et de ceux dont on a besoin?.

Pour Mathias (15 ans) et Youmie (14 ans et demi), l'expérience de l'expatriation est bien différente puisque tous deux sont nés en Malaisie. Ils font davantage part de leurs appréhensions concernant un éventuel déménagement en France. Mathias explique ainsi : ?Ici, nous vivons en petite communanté ce qui est rassurant, mais parfois un peu étouffant. On s'y sent tout de même en sécurité. Si je rentre un jour en France, j'ai peur dêtre totalement perdu.? Youmie, elle, redoute ?d'aller vivre là-bas et d'être décalée par rapport aux autres ados de [son] âge. (mode, musique, célébrités...)?. A l'expatriation comme à son retour, Difficile pour les adolescents de trouver leur place dans un nouvel environnement et de ne pas passer pour une bête curieuse. Dans ces conditions, la crise identitaire peut survenir.

 

Des futurs citoyens du Monde

Par delà les difficultés, l'expatriation reste une chance, et beaucoup d'ados en sont conscients. On trouve généralement parmi les jeunes  Français en Malaisie un enthousiasme indéniable concernant l'expérience en tant qu'enfant d'expatrié. Pour eux, le changement de vie et de pays est un challenge qui reste inoubliable. Théodore (15 ans et demi) raconte : ?L'expatriation permet de découvrir toutes sortes de choses, on y vit des expériences uniques. Lorsqu'on rentre en France,  je pense que l'on se sent plus mûr. On a beaucoup plus de connaissances et on a davantage confiance en soi.?

Pour des adolescents, vivre à l'étranger peut être une occasion unique de développer leur faculté d'adaptation, leur curiosité et leur tolérance ,mais aussi  une première étape vers une carrière internationale. Quentin (15 ans et demi), arrivé depuis Jakarta début septembre, se plaît ainsi énormément à Kuala Lumpur.?J'ai beaucoup plus de libertés qu'en France. Lors de mes expatriations j'ai pu découvrir des pays avec des gens de traditions différentes, et je suis très heureux d'avoir fait de telles rencontres.? Margaux (16 ans) expatriée depuis 10 ans en Malaisie témoigne :?Mes plus beaux souvenirs sont les voyages que j'ai pu faire à travers l'Asie, J'ai découvert des cultures et des paysages que je ne connaissais pas. J'ai vécu des aventures que je n'aurais jamais pu vivre en France.?

 Quelques conseils

Enfin, pour vivre l'expérience pleinement, les ados se sont prêtés au jeu et offrent quelques conseils aux futurs jeunes Français de Kuala Lumpur qui, comme eux, ont pu appréhender l'expatriation de manière difficile :

·         ?Il faut profiter de tout ce que l'on fait : des voyages, des rencontres... et ne pas s'inquiéter car même si au départ l'intégration est difficile, dès que l'on prend pied, on s'amuse vraiment beaucoup.? Hind (15 ans et demi)

·         ?Lorsque l'on quitte son pays, il faut vraiment essayer de garder contact car à certains moments, avoir des nouvelles de ses proches en France fait extrêmement plaisir. De plus, quand on rentre, c'est bien de retrouver ses amis.? Quentin (15 ans et demi)

·         ?Il faut rester positif et vivre son expérience à fond !? Claudia (15 ans et demi)

 

Amélie StoltzAmélie est élève au Lycée Français de Kuala Lumpur et rejoint la rédaction pour une semaine dans le cadre de son stage de seconde. Elle aime la danse classique et le hockey sur gazon. 

Amélie Stoltz (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) Mardi 20 Février 2013

logofbkl

Lepetitjournal Kuala Lumpur

Lepetitjournal.com est un média francophone en ligne, gratuit et indépendant, présent dans plus de 50 pays. L'édition de Kuala Lumpur a ouvert le 27 mars 2012.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Kuala Lumpur !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition internationale