Anne-Claire Brehaut n'a pas encore trente ans, mais cette très jeune expatriée a déjà une belle carrière derrière elle. Son parcours, déterminé par sa passion pour l'Asie, est pour le moins étonnant.
Après des études de pharmacie à Angers, la vie de l'étudiante bascule le jour où, pour travailler quelques mois dans une usine de production de médicaments, elle monte dans l'avion pour Saigon. ?Ça a été le coup de foudre affectif, je suis tombée amoureuse de l'Asie?, raconte-t-elle aujourd'hui.
Ho Chi Minh mon amour
A la fin de son stage, elle doit rentrer en France. Mais, ses études de pharmacie terminées et un master professionnalisant de l'ESCP en poche, elle n'a désormais qu'une idée en tête : repartir.
Par chance, le laboratoire pharmaceutique Sanofi l'engage en VIE à Ho Chi Minh City. Elle retrouve le Vietnam qu'elle aime tant et y reste deux ans. Après cette expérience au sein d'un grand groupe, la jeune femme a envie de ?travailler pour une entreprise plus petite, à taille humaine?.
Un contact lui parle d'une entreprise espagnole (Chemo) de production de médicaments génériques et de bio-technologie qui cherche à s'implanter en Malaisie. Elle n'hésite pas très longtemps et boucle ses valises pour Kuala Lumpur.
?En Malaisie, il ne faut pas se battre pour tout?
Dans l'archipel, ce n'est pas le ?coup de foudre? comme au Vietnam mais la Française retrouve un certain confort à l'occidental et ?ici les gens parlent anglais, il ne faut pas se battre pour tout?, note-t-elle avec bienveillance.
Après deux ans de travail pour Chemo et la réussite de l'ouverture de la structure, elle doit quitter l'entreprise. ?Pour des raisons de coût, ils ont pris un local pour continuer?, raconte-t-elle. Mais Anne-Claire ne se décourage pas pour autant, bien au contraire.
A l'époque, elle n'a qu'une idée en tête : monter sa propre entreprise. Mais, un ami canadien lui parle d'un poste en relations publiques au Might, une structure trans-ministérielle rattachée au bureau du Premier ministre malaisien.
L'appel du MIGHT
La jeune femme postule et est retenue. ?Je pense que ce qui leur a plu c'est le fait que j'ai un doctorat et aussi que je connaissais déjà bien la Malaisie car j'y avais travaillé depuis deux ans?. Elle met donc entre parenthèses ses rêves d'auto-entreprenariat pour rejoindre le MIGHT (Malaysian Industry-Government Group for High Technology).
Créé par Mahathir (Premier ministre malaisien de 1981 à 2003) il y a vingt ans, le MIGHT vise à coordonner la politique industrielle et de haute technologie de la Malaisie. En tant que structure publique, le Might cherche à mettre en place des partenariats publics / privés entre des entreprises et l'Etat malaisien.
Anne-Claire s'occupe elle d'établir et de maintenir des liens étroits avec les partenaires étrangers. Elle est en contact avec des politiques, des scientifiques, des PME et des grandes entreprises. Elle cherche à faire perdurer les programmes de collaboration, à maintenir le contact avec les différents acteurs.
Créer son entreprise : la prochaine étape ?
Comme elle travaille directement avec le président de la structure, Mohd Yusoff Sulaiman, Anne-Claire doit aussi le seconder dans son travail de représentation. Au bureau, où elle se rend quelques jours par semaine, elle est la seule occidentale. Elle travaille quasi exclusivement avec des Malais (95% de ses collègues) mais ne s'en plaint pas, bien au contraire.
Cette jeune femme déterminée ne regrette en rien son choix. Aujourd'hui, après cinq ans d'expatriation en Asie, elle aimerait voir son contrat d'un an au sein du Might prolongé. Et sinon ? Anne-Claire montera enfin cette entreprise dont elle rêve toujours autant. Et ce projet, elle le réalisera en Asie assurément.
Laure Beaulieu (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) Jeudi 13 Juin 2013



