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ETUDIANTS - Ces Français venus étudier en Malaisie (2)

Par Lepetitjournal Kuala Lumpur | Publié le 24/08/2016 à 19:30 | Mis à jour le 16/08/2016 à 17:00

?But? Why Malaysia?? Cette question, les étudiants Français présents en Malaisie doivent y répondre tous les jours. Une même incrédulité se retrouve tant en France qu'à Kuala Lumpur. Le pays n'apparait pas comme une destination privilégiée pour y effectuer un séjour d'études universitaires. Pour autant, ils sont quelque 200 étudiants francophones à avoir fait ce choix. 

La Malaisie, une porte prometteuse sur le monde anglo-saxon 

Peu commune, cette décision n'en reste pas moins très cohérente. Comme le rappelle Maxime Féraille, co-directeur du Centre Universitaire Franco-Malaisien, la Malaisie présente de très nombreux avantages. L'environnement anglophone, que ce soit les cours ou la vie quotidienne, rend la communication très simple avec les Malaisiens tout en permettant aux étudiants d'améliorer leurs compétences linguistiques. Cette influence anglo-saxonne se retrouve également dans le système universitaire malaisien. Les universités ont adopté un modèle calqué sur la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. Les étudiants Français peuvent alors faire l'expérience de ces spécificités dans la péninsule avant de poursuivre leurs études dans le monde anglo-saxon. D'un point de vue plus pratique, Maxime Féraille met en avant le coût de la vie à Kuala Lumpur qui est bien moindre que celui que connaissent les étudiants parisiens, même si le billet d'avion demeure une dépense pour eux importante.

Mais avant tout, la Malaisie offre une véritable perspective de carrière à l'étranger. Elle attire de nombreux investisseurs et sociétés étrangères et la France n'est pas en reste. Il y a aujourd'hui 257 entreprises françaises en Malaisie enregistrées auprès de la Chambre de Commerce et d'Industrie franco-malaisienne. Il est donc relativement facile pour un étudiant de poursuivre un semestre d'étude puis un stage. D'autant plus que ces entreprises recherchent aujourd'hui des francophones hautement qualifiés, comme le souligne Adèle Pruvost du CUFM, et connaissant la culture locale. Un jeune diplômé ayant effectué une partie de sa scolarité en Malaisie (ou à l'inverse un Malaisien ayant fait ses études en France) disposerait donc du profil parfait pour répondre à ces attentes. 

Pourquoi la Malaisie ? 

Bien que connues des étudiants, ces caractéristiques ne sont pas les seules raisons qui les poussent à franchir le pas. Pour Inès, étudiante à Sciences Po Paris et en échange pour deux semestres à University of Malaya, c'est avant tout la structure sociale du pays qui l'a incitée à choisir la Malaisie pour sa troisième année obligatoire à l'étranger. ?Etant franco-tunisienne et ayant suivi un cursus focalisé sur le Moyen-Orient, je voulais découvrir un pays islamique non arabe? explique-t-elle. Aussi le multiculturalisme, la cohabitation entre Chinois, Indiens et Malais, ainsi que la prééminence de l'Islam dans la société peuvent attirer les jeunes francophones qui souhaitent non seulement étudier, mais aussi découvrir une nouvelle culture. ?La Malaisie se présente souvent comme un modèle d'Islam modéré et de cohabitation pacifique entre différentes ethnies. Je souhaitais voir ce qu'il en était réellement? poursuit Inès. 

Le développement économique malaisien est aussi un facteur qui attire certains étudiants. Chloé, qui suit un master en développement à l'Institut des hautes études internationales et du développement à Genève, a tranché en faveur de ce pays, après avoir longtemps hésité, pour cette raison. ?Ce semestre à University of Malaya doit me permettre de donner du sens à mon travail dans le secteur du développement. En particulier comment éviter de tomber dans le néocolonialisme en imposant des valeurs occidentales par nos projets?. Cependant, c'est également un grand intérêt pour l'environnement multiculturel du pays qui a été un facteur décisif. ?Je suis passionnée par la culture indienne. Malheureusement l'Inde est une destination parfois peu confortable pour une occidentale, la Malaisie est un compromis parfait pour m'en imprégner?. 

Mais au-delà de ces arguments très studieux, il ne faut pas oublier la place stratégique qu'occupe la Malaisie en Asie du Sud-Est. Elle permet de rayonner dans toute la région et, grâce aux compagnies low cost, de découvrir pour peu cher toute la zone. ?Ce ne sont pas que des dimensions académiques qui m'ont incité à choisir University of Malaya. Je voulais profiter de la situation pour voyager!? confie Théo, étudiant en troisième année à l'INSA Toulouse. ?Je ne suis là que pour cinq mois et vingt jours, je veux en profiter un maximum?. Le fait de pouvoir voyager à bas coût et un pouvoir d'achat confortable pour les européens, sont de vrais plus dans le choix de la Malaisie car ils permettent de profiter pleinement de la vie en dehors de l'université.

Un quotidien facile, une scolarité dépaysante  

Tous l'affirment, l'adaptation au malaysian way of life a été relativement facile. ?Kuala Lumpur est très occidentalisée, je n'ai pas perdu tous mes repères? affirme Inès. Et comme le soulignent Chloé et Théo, les Malaisiens sont très détendus, la réactivité vient parfois à être différente de leur référentiel, mais tout se fait toujours avec le sourire. Le stress européen est totalement oublié. Mais comme ils le pointent eux-mêmes, certains petits riens viennent parfois à manquer en Malaisie? comme le wifi performant ou les légumes ! 

De temps en temps, certaines attentes ont connu quelques déconvenues. Mais cela ne saurait troubler outre mesure les étudiants. Comme le résume Théo, ?je ne vois que du positif dans ce premier mois à Kuala Lumpur!?.

Cependant, au point de vue académique, le quotidien s'avère parfois surprenant pour des jeunes issus de cultures différentes. ?L'administration de l'université impose un dress code strict : aucune tenue légère pour les femmes, aucun short pour les hommes? explique Inès. Bien plus, UM s'inspire des établissements anglo-saxons, y compris dans ses cours. Ils prennent la forme d'english track, les leçons s'appuient alors principalement sur les interventions des étudiants. Cette technique semble parfois déroutante pour des francophones habitués aux cours magistraux, mais ils avouent s'y habituer très rapidement. Parfois, ces différences entre les universités françaises et leurs homologues malaisiennes existent pour le plus grand plaisir des étudiants. ?Il arrive qu'un professeur arrive avec 10 minutes de retard et nous laisse sortir avec dix d'avance? explique l'un d'eux un sourire en coin.  

 

Victor Germain (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) jeudi 25 août 2016, rediffusion du jeudi 8 octobre 2015

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