

Havre de plongée et destination de rêve, depuis novembre dernier une vague d'enlèvements vient entacher le Paradis qu'est Sabah. Récemment le gouvernement de l'Etat a imposé un couvre-feu et posé des restrictions de voyage dans les zones à haut risque afin de renforcer la sécurité. Suite à l'invasion des militants Sulu en février 2013, l'Esscom a été mis en place. Cette unité d'élite est responsable de surveiller une zone de 1400 km2. Malgré cette sécurité accrue, lundi matin des hommes armés ont enlevé un pisciculteur et l'un de ses employés Philippin alors qu'ils travaillaient. L'employé a réussi à s'enfuir en sautant du bateau qui les emmenait au Sud des Philippines. C'est le quatrième enlèvement depuis début avril
Une zone sensible pour les enlèvements
La mer de Sulu qui sépare les îles Philippines de Sabah s'est fait le théâtre d'enlèvements de plus en plus récurrents depuis 2013. Le tout premier remonterait à septembre 1998, deux Hong Kongais et un Malaisien auraient été enlevés à Semporna
Le 23 avril 2000, des hommes armés enlèvent sur l'île de Sipadan neuf Malaisiens, deux Philippins et 10 touristes en provenance d'Europe, Afrique du Sud et du Liban. Ils seront tous libérés entre août et septembre 2000, à l'exception d'un Philippin libéré en 2003.
Septembre 2000, trois Malaisiens sont enlevés sur un centre de plongée à Pulau Pandanan. Ils seront libérés après une intervention des forces militaires philippines.
Octobre 2003, trois travailleurs Indonésiens et trois Philippins sont kidnappés au Borneo Paradise Eco Farm and Ressort par un groupe de dix hommes armés soupçonnés d'être des pirates.
Avril 2004, deux Sarawakiens et un Indonésien sont enlevés à Turtle Islands par des hommes qui appartiendraient au groupe Abu Sayyaf.
Mars 2005, cinq pirates armés enlèvent trois membres d'équipage indonésien d'une société de transport maritime basée à Sandakan.
Février 2010, deux hommes sont enlevés par cinq hommes armés sur l'île de Sebangkat. Ils resteront 10 mois en captivité avant d'être libéré près de Tawi-Tawi island située au Sud des Philippines.
Le 14 novembre 2012, deux hommes sont enlevés sur une ferme à oiseau à Lahad Datu. L'un des deux échappera à ses ravisseurs après avoir été séquestré durant neuf mois sur l'île de Jolo, son cousin est quant à lui décédé en captivité.
Février 2013, 200 insurgés qui se revendiquent comme appartenant à la Royale Armée du Sultan du Sulu pénètrent au Sabah et tuent notamment des personnes à Lahad Datu. Ils seront finalement repoussées par l'armée malaisienne.
Le 27 août 2013, des hommes armés enlèvent neuf pêcheurs Malaisiens près de l'île de Mabul. Cependant les victimes ont été immédiatement libérées et les ravisseurs se sont aussitôt enfuis.
Le 15 Novembre 2013, des hommes armés font irruption dans un resort de Pom Pom Island. Ils tuent un touriste Taïwanais et kidnappent son épouse qui sera libérée 36 jours plus tard.
Le 3 avril 2014, une touriste Shanghaienne et une travailleuse Philippine sont enlevées au Singamata Reef Ressort un resort à Semporna. Elles ont été libérées fin mai.
Le 6 mai dernier, un ressortissant Chinois est enlevé dans une ferme flottante à Lahad Datu. Il n'a toujours pas été libéré à ce jour.
L'enlèvement, un business lucratif aux Philippines
En 2013, le nombre d'enlèvements aux Philippines aurait doublé, 20 cas avec demande de rançon ont été dénombrés.
Selon les informations publiées dans la presse locale dernièrement, le KFR (Kidnap For Ransom) enverrait des cellules à Semporna, ses agents s'infiltreraient dans la population locale ou comme travailleurs sur des stations touristiques. Sur place ils trouveraient une cible et étudieraient le meilleur moment pour l'enlever. Une fois la cible identifiée une autre cellule composée d'environ sept hommes interviendrait. La plupart des otages finissent ensuite sur l'île de Jolo située au Sud des Philippines.
Abu Sayyaf est à l'origine d'une partie de ces kidnappings, certaines informations laissent entendre que le groupe aurait amassé 35 millions de dollars par le biais des rançons obtenues.
Les montants des rançons n'ont pas été communiqués pour les derniers enlèvements mais certaines sources parlent de 10 millions de ringgits pour la touriste Taïwanaise libérée en décembre 2013. Pour le double enlèvement d'avril dernier les autorités ont nié avoir versé une rançon.
Un impact indéniable sur l'industrie du tourisme dans la région
Le ministre du tourisme malaisien a déclaré que la situation avait eu des répercussions négatives sur le tourisme. Après le double enlèvement début avril, 76 vols au départ de Chine et à destination de Kota Kinabalu ont été annulés. Les enlèvements à répétition ont également placé Sabah sur la liste de zones à haut risque par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne, a t-il ajouté.
Alexandra Le Vaillant (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) mardi 18 juin 2014
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