

L'idée d'une Banque de Développement au sein des Brics pourrait être très favorable pour l'Afrique, en utilisant l'Afrique du Sud comme point d'entrée du continent. Mais ce projet doit être mené conjointement avec des intervenants privés, sinon cela deviendrait trop contraignant pour l'Etat sud-africain, selon un consultant en stratégie de Frontier Advisory.
(Source: Corbis LD)
Le débat a eu lieu le 25 septembre à la bourse de Johannesbourg, et a été animé par Petrus de Kock, chargé de recherche à la Brand South Africa.
L'Afrique du Sud a rejoint l'année dernière le bloc des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Le but de la création d'une banque des Brics est de créer une entité financière capable d'accompagner et d'organiser les échanges commerciaux au sein des économies des Brics.
Selon les experts de ce groupe de réflexion, l'idée d'une banque des Brics est pour le moment surtout une volonté politique, mais sa création doit maintenant se baser sur de réelles motivations économiques.
Une idée intéressante, mais est-ce vraiment nécessaire ?
Windosor Chan, Directeur Général de la China Construction Bank en Afrique du Sud, estime que si une telle banque doit être créée, elle devra suivre les règles des institutions privées. Pour Hanna Edinger, consultante chez Frontier Advisory, une banque au sein des Brics doit faciliter les échanges d'informations entre les pays membres, alors qu'aujourd'hui, ces économies ne se connaissent pas suffisamment entre elles.
Les Etats des Brics proposent la création d'une banque de développement avec un capital initial de 50 milliards de $ (410 milliards de Rand). Chaque état participerait à hauteur de 10 milliards de $ (82 milliards de Rand). Cette banque permettrait de procurer des financements pour des projets importants d'infrastructures ou de développement.
Ensemble, les Brics représentent aujourd'hui plus de 3 milliards d'individus et 25% des richesses mondiales. Si cette idée arrive à terme, l'Afrique du Sud et l'Inde se sont déjà proposées pour héberger cette institution. Mais au-delà du lieu du futur siège de cette banque, elle sera surtout vue comme une rivale de l'actuelle banque mondiale.
Alexander Tikhomirov, représentant de la banque russe Vneshecomombank en Afrique du Sud, dit qu'il est essentiel de construire des partenariats en Afrique pour les Brics, mais pour le moment ces pays n'ont aucune structure mais simplement une forte volonté politique.
Lumkile Mondi, chef économiste au sein de l' Industrial Developement Corporation en Afrique du Sud, ne voit pas l'intérêt de cette banque : "Politiquement c'est très séduisant... mais je ne vois pas pour le moment une nécessité économique d'une telle institution".
"Nous devons déterminer ce que nous voulons réellement faire avec une banque au sein des Brics", dit Sinazo Sibisi, en charge de la stratégie, du marketing et de la communication à la Banque de Développement d'Afrique du Sud, "Les marchés émergents devenant de plus en plus dominants dans l'économie mondiale".
Dans une perspective africaine, Sibisi pense que l'Afrique du Sud aura un rôle moteur à jouer en s'assurant que les projets du continent africain pourront avoir accès à cette banque au sein des Brics.
Le prochain sommet des Brics aura lieu en Mars 2013 à Durban. Les cinq ministres des Finances des pays des Brics devront de nouveau réfléchir et avancer sur le projet de création de cette banque.
Richard Simonnet (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html) Lundi 1er octobre 2012



