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PHILO / FRANÇAIS – qu’auriez-vous répondu au bac à Hong Kong ?

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 24/06/2017 à 23:57 | Mis à jour le 25/06/2017 à 17:13

 

Petit tour des sujets sur lesquels vous auriez pu plancher cette semaine dans les salles du Lycée Français International de Hong Kong. Parfaite méditation pour ce dimanche? pour le plaisir, le souvenir ou par solidarité avec les élèves de Première ou de Terminale. Toutes les raisons sont bonnes pour y passer du temps.

Epreuves de Français ? Session 2017

La section L devait étudier "Le texte théâtrale et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours" à travers des extraits de Molière, Marivaux, Victor Hugo et Jean Anouilh.

Pour les Premières S et ES, l'objet de l'étude concernait la Poésie et quête du sens du Moyen-Âge à nos jours.

Pour s'échauffer les neurones avant de passer aux dissertations de philo, voici un extrait :

Enivrez-vous, Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, poème XXXIII

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie, de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : "Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."

 Epreuves de Philosophie ? Session 2017

Série ES :

La recherche de la vérité peut-elle se passer du doute ?

Puis-je être heureux sans être libre ? 

Série S :

Que risque-t-on à ignorer ses devoirs ?

Faut-il chercher à démontrer ses opinions ?

Série L :

Peut-on admettre une vérité sans démonstration ?

Chercher à être heureux, est-ce une quête égoïste ? 

 

Enfin pour ceux qui sont à point après cette petite mise en jambe, les deux textes de philosophie à expliquer étaient les suivants :

Terminale S : Bergson, La pensée et le mouvant

Le cerveau nous sert à effectuer ce choix : il actualise les souvenirs utiles, il maintient dans le sous-sol de la conscience ceux qui ne serviraient à rien. On en dirait autant de la perception : auxiliaire de l'action, elle isole, dans l'ensemble de la réalité, ce qui nous intéresse ; elle nous montre moins les choses mêmes que le parti que nous en  pouvons tirer. Par avance elle les classe, par avance elle les étiquette ; nous regardons à peine l'objet, il nous suffit de savoir à quelle catégorie il appartient. Mais, de loin en loin, par un accident heureux, naissent des hommes qui, soit par leurs sens soit par leur conscience, sont moins attachés à la vie. La nature a oublié d'attacher leur faculté de percevoir à leur faculté d'agir. Quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle, et non plus pour eux. Ils ne perçoivent plus simplement en vue d'agir ; ils perçoivent pour percevoir, ? pour rien, pour le plaisir. Par un certain côté d'eux-mêmes, soit par la conscience soit par un de leurs sens, ils naissent détachés ; et, selon que ce détachement est inhérent à tel ou tel de leurs sens ou à leur conscience, ils sont peintres ou sculpteurs, musiciens ou poètes. C'est donc bien une vision plus directe, plus immédiate de la réalité, que nous trouvons dans les différents arts ; et c'est parce que l'artiste songe moins à utiliser sa perception qu'il perçoit un plus grand nombre de choses.

 

Terminale L : SARTRE, L'être et le néant.

"Tant que l'homme est plongé dans la situation historique, il lui arrive de ne même pas concevoir les défauts et les manques d'une organisation politique ou économique déterminée, non comme on dit sottement parce qu'il en " a l'habitude ", mais parce qu'il la saisit dans sa plénitude d'être et qu'il ne peut même pas imaginer qu'il puisse en être autrement.

Car il faut ici inverser l'opinion générale et convenir de ce que ce n'est pas la dureté d'une situation ou les souffrances qu'elle impose qui sont des motifs pour qu'on conçoive un autre état des choses où il en irait mieux pour tout le monde ; au contraire, c'est à partir du jour où l'on peut concevoir un autre état de choses qu'une lumière neuve tombe sur nos peines et sur nos souffrances et que nous décidons qu'elles sont insupportables.

L'ouvrier de 1830 est capable de se révolter si l'on baisse les salaires, car il conçoit facilement une situation où son misérable niveau de vie serait moins bas cependant que celui qu'on veut lui imposer. Mais il ne se représente pas ses souffrances comme intolérables, il s'en accommode, non par résignation, mais parce qu'il manque de la culture et de la réflexion nécessaires pour lui faire concevoir un état social où ces souffrances n'existeraient pas. Aussi n'agit-il pas."

 

Extraits des textes objet des études pour l'épreuve de français. 

Première S et ES ? Poèmes étudiés

Rougeur des matinaux, section I à IV, René Char, Les Matinaux

I
L'état d'esprit du soleil levant est allégresse malgré le jour cruel et le souvenir de la nuit. La teinte du caillot devient la rougeur de l'aurore.

II
Quand on a mission d'éveiller, on commence par faire sa toilette dans la rivière. Le premier enchantement comme le premier saisissement sont pour soi.

III
Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.

IV
Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler.


Bonne Justice, Paul Eluard, Pouvoir tout dire.

C'est la chaude loi des hommes
Du raisin ils font du vin
Du charbon ils font du feu
Des baisers ils font des hommes

C'est la dure loi des hommes
Se garder intact malgré
Les guerres et la misère
Malgré les dangers de mort

C'est la douce loi des hommes
De changer l'eau en lumière
Le rêve en réalité
Et les ennemis en frères

Une loi vieille et nouvelle
Qui va se perfectionnant
Du fond du coeur de l'enfant
Jusqu'à la raison suprême.

 

Première L ? extrait d'une des pièces : Molière, Dom Juan ou le Festin de pierre, acte IV

Don Juan reçoit la visite de son père, Don Louis. Celui-ci avoue son mécontentement à son fils:

« Hélas ! que nous savons peu ce que nous faisons quand nous ne laissons pas au Ciel le soin des choses qu'il nous faut, quand nous voulons être plus avisés que lui, et que nous venons à l'importuner par nos souhaits aveugles et nos demandes inconsidérées ! J'ai souhaité un fils avec des ardeurs non pareilles ; je l'ai demandé sans relâche avec des transports incroyables ; et ce fils, que j'obtiens en fatiguant le Ciel de v?ux, est le chagrin et le supplice de cette vie même dont je croyais qu'il devait être la joie et la consolation. »
[?.]
« Mais sache, fils indigne, que la tendresse paternelle est poussée à bout par tes actions, que je saurai, plus tôt que tu ne penses, mettre une borne à tes dérèglements, prévenir sur toi le courroux du Ciel, et laver par ta punition la honte de t'avoir fait naître. »

 

Marc Schildt (lepetitjournal.com/hong-kong) - dimanche 25 juin 2017  

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