Édition internationale

CCTV - La confession troublante d'un disparu de Hong Kong à la télévision chinoise

Écrit par Lepetitjournal Hong Kong
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 19 janvier 2016

 

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L'un des cinq éditeurs hongkongais disparus à l'automne a fait une apparition explosive dimanche soir à la télévision chinoise. L'homme prétend s'être rendu de son propre chef à la police du continent pour purger sa peine, douze ans après une condamnation pour homicide involontaire.

Gui Minhai, l'un des fondateurs de Mighty Current, une maison d'édition hongkongaise, spécialisée dans les ouvrages critiques à l'égard du régime avait disparu depuis le 17 octobre alors qu'il était en vacances dans sa résidence secondaire de Pattaya en Thailande. Dimanche soir, à la surprise générale, l'homme a refait surface sur CCTV,  la télévision publique chinoise.

 « Je suis prêt à accepter tout châtiment »

Dans une interview filmée dans un centre de détention, Gui Minhai a avoué avoir tué en 2004 une étudiante chinoise dans un accident de voiture à Ningbo dans la province du Zhejiang alors qu'il était ivre. Condamné à deux ans de prison avec sursis, il prétend avoir pris la fuite sous une fausse identité, ne supportant pas l'infamie.

« J'avais peur d'aller en prison, et il n'y avait aucun moyen pour moi de faire ma vie en Chine continentale après un telle affaire, c'est pourquoi j'ai pensé qu'il valait mieux fuir », a-t-il déclaré sur CCTV, ajoutant qu'il s'était rendu de lui-même à la police chinoise en octobre dernier, rongé par la culpabilité.

« J'assume mes responsabilités légales et suis prêt à accepter tout châtiment », a-t-il bredouillé en larmes, demandant pardon à la famille de l'étudiante décédée. 

Un « écran de fumée »

Pour Amnesty International, la « confession » de l'éditeur soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. « Où est-il ? Dans quel cadre légal est-il détenu ? Dans quelles conditions a-t-il donné cette interview ? », s'interroge Nicholas Bequelin, dans un entretien accordé à l'AFP. Le directeur régional de l'organisation n'exclut pas « un témoignage recueilli sous la contrainte ». 

Les explications du détenu n'ont d'ailleurs pas convaincu ses proches. Dans un communiqué, sa fille Angela qui étudie en Angleterre, affirme que son père n'a pas pu se rendre volontairement aux autorités chinoises. Le camp prodémocratie hongkongais ne voit quant à lui dans cette « confession » qu'un « écran de fumée ». Pour le député Lee Cheuk-yan, interrogé par l'AFP, les « aveux » de Gui Minhai ne sont qu'une tentative maladroite menée par Pékin pour "masquer le fait que la raison de sa détention est la librairie". 

D'autant que depuis octobre, quatre collaborateurs de Gui Minhai manquent aussi à l'appel. Des disparitions qui inquiètent les Hongkongais, persuadés que Pékin a procédé à des enlèvements politiques. Des cinq, c'est la dernière, celle de Lee Bo intervenue à Hong Kong, qui a le plus choqué la population de l'île car elle bafoue le principe « Un pays, deux systèmes » sur lequel repose la mini-constitution de la RAS.

Stockholm « préoccupé »

Malgré l'émotion populaire, le chef de l'exécutif de Hong Kong s'est refusé lundi à commenter l'affaire.

"Le cas de Gui Minhai n'a été signalé ni à la police de Hong Kong, ni au gouvernement de Hong Kong", a-t-il déclaré à l'ouverture de l'Asian Financial Forum à Hong Kong le 18 janvier. 

Le vice-ministre suédois des Finances, Per Bolund également présent à la conférence, a quant à lui indiqué que Stockholm était "préoccupé par l'affaire". Bien que l'éditeur naturalisé suédois ait demandé publiquement lors de son interview télévisée aux autorités de son pays d'adoption de ne pas intervenir, ces dernières ont demandé selon le SCMP davantage de transparence à Pékin sur la situation de leur ressortissant.

(www.lepetitjournal.com/hong-kong) mardi 19 janvier 2016

Lire aussi: VIDEO - Cinq éditeurs de Hong Kong mystérieusement disparus, Pékin soupçonné d'"enlèvements politiques"

lpj 20
Publié le 18 janvier 2016, mis à jour le 19 janvier 2016
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