RENCONTRE - La Popakademie de Mannheim fête ses 15 ans

Par Lepetitjournal Heidelberg Mannheim | Publié le 20/07/2018 à 12:46 | Mis à jour le 06/01/2021 à 21:34
Photo : (Photo © Sebastian Weindel, Popakademie)
Andreas_Margara_Foto Weindel Popakademie

De Alice Merton, longtemps classée numéro 1 en France, à Xavier Naidoo des Söhne Mannheims, en passant par Daniel Miller de Depeche Mode, la Popakademie de Mannheim forme et accueille des artistes de qualité. Rencontre avec Andreas Margara, porte-parole presse d’une école devenue une référence dans le monde de la musique pop et fête ses 15 ans et entretien avec le groupe Laura Gidon.

Alice Merton, dont le single « No roots » est classé numéro 1 en France, est une vraie réussite pour la Popakademie de Mannheim. La chanteuse y a été formée et y a même rencontré ses musiciens et son manager actuel, elle est l’exemple type de ce que permet l’école. La ville de Mannheim qui a vu séjourner Mozart, continue donc de prendre de l’ampleur en tant que ville de référence pour la musique : la Popakademie s’y installe en 2003 grâce à Xavier Naidoo des Söhne Mannheims qui avait poussé la candidature de la ville à l’époque. Aujourd’hui la Popakademie reçoit comme professeurs des membres des Söhne Mannheims (le groupe formé par Xavier Naidoo) ainsi que Daniel Miller de Depeche Mode. L’école s’est construit un véritable réseau dans le monde de la musique pop.

Andreas Margara, responsable des relations avec la presse de la Popakademie répond à nos questions.

Lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim : parlez-nous un peu de la renommée de la Popakademie ?

Andreas Margara : les élèves ont une très bonne connexion au monde de la musique une fois qu’ils sont diplômés. De plus à la Popakademie, les deux parcours de formation, la partie commerciale et la partie artistique, sont connectées. Les élèves suivent des cours en commun, et l’idée c’est alors qu’un groupe qui se forme dans notre école, va aussi rencontrer son futur manager au sein de la Popakademie. Vous avez sans doute entendu parler d’Alice Merton, qui est l’une de nos élèves les plus connues en ce moment, elle a étudié ici et a rencontré son guitariste, son pianiste et son batteur dans l’école, ainsi que son manager. C’est l’exemple parfait de ce que permet la Popakademie. Elle a aussi rencontré de nombreux compositeurs. La chanson « No roots » a été composée par Nicolas Rebscher qui a aussi étudié chez nous.

Alice Merton est un exemple particulier, mais quelles sont les autres perspectives pour les étudiants sur le marché de l’emploi ?

C’est intéressant parce que les étudiants des promotions actuelles, quand ils terminent leurs études, ont beaucoup plus de chance de trouver un emploi que les premières générations de la Popakademie. Maintenant, beaucoup de nos étudiants travaillent pour des grands labels en Allemagne comme Sony Music, Spotify, Apple music (…), toutes les grandes entreprises de l’industrie musicale et ils savent que la Popakademie est une bonne formation.

La Popakademie se définit comme un centre de compétences et non comme un simple établissement de l’enseignement supérieur, qu’est-ce que cela signifie ?

« Centre de compétences » c’est un terme plus large, car en plus des cours on organise aussi de nombreuses conférences auxquelles il est possible d’assister gratuitement, tous les concerts à la Popakademie sont gratuits, etc. Fin avril, il y a toujours le Future Music Camp, c’est une grande conférence gratuite sur l’industrie musicale avec des grands noms comme Youtube, Google et Facebook (…). C’est un peu comme un Bar Camp, où chacun propose des sujets de discussion et la foule décide si c’est intéressant ou non. Il existe aussi des conférences pour les artistes avec comme invités notamment Daniel Miller du groupe Depeche Mode, et d’autres musiciens célèbres. Les Open House ce sont justement ces journées pendant lesquelles on accueille un musicien qui est interviewé par le directeur et qui dirige des ateliers ouverts au public. L’idée derrière le centre de compétences c’est que notre établissement n’est pas uniquement réservé aux étudiants, mais il est aussi ouvert aux habitants de Mannheim, à tous ceux qui souhaitent nous rencontrer …

Popakademie
(Photo © MO lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

Mannheim est-elle une bonne ville pour faire de la musique ?

Oui, on a beaucoup de festivals ici, le Time Warp, le plus grand festival de musique électronique d’Europe, le Maifel Derby consacré au indie rock et pop et aussi un grand festival de jazz, Enjoy Jazz. Les fondateurs du Time Warp sont d’ailleurs installés juste à coté de la Popakademie. Leurs bureaux sont hébergés par une Start up, le MusikPark, qui aide des projets à se développer. Ils fournissent également une plateforme pour nos étudiants : quand ceux-ci ont fini leurs études, ils peuvent s’y installer et fonder leur projet à Mannheim et donc ils ne partent pas à Berlin, ou à Hambourg. Il y a vraiment une grande tradition musicale à Mannheim, et pas seulement parce que Mozart y a vécu pendant plusieurs mois, il y a aussi des artistes plus récents qui ont fait la renommée de la ville comme Xavier Naidoo par exemple.

Quel rôle exact Xavier Naidoo, le fondateur des Söhne Mannheims, a-t-il joué dans la fondation de l’école ?

Il a vraiment appuyé la candidature de Mannheim pour accueillir l’école. A l’époque, de nombreuses villes du Bade-Wurtemberg étaient intéressées pour abriter la Popakademie, et Xavier Naidoo tout fait pour que Mannheim soit sélectionnée. On lui en est vraiment reconnaissants. Cette année, nous fêtons d'ailleurs les 15 ans de la Popakademie.

Il doit être particulièrement attaché a la ville, puisque son groupe s’appelle même Die Söhne Mannheims (les fils de Mannheim) ?

Oui. Et d’ailleurs certains membres du groupe sont professeurs en ce moment à la Popakademie comme Florian Sitzmann pianiste et producteur ainsi que Michael Koschorreck qui est le guitariste du groupe. Après 15 ans d’existence, on a des connections avec presque tous les groupes allemands et beaucoup d’entre eux viennent donner des cours ou animer des ateliers.

Xavier Naidoo ne donne donc plus de cours ? Cela a-t-il un lien avec sa présence dans une manifestation d’extrême droite en 2004 ?

En effet, on n’avait pas aimé sa position politique et l’école a pris un peu de distance avec lui à ce moment là mais s’il est moins présent c’est surtout parce que c’est un musicien très occupé. Mais de toute façon la dernière fois qu’il était venu donner des cours c’était en 2012, donc bien avant 2014 la manifestation de 2014 !

Quels sont les projets de l’école ?

Nous soutenons l’initiative « Luftsprung live », qui a pour objectif d’aider les musiciens atteints de maladies chroniques. Nous avons des subventions pour soutenir ce genre de projets. Quelques-uns de nos étudiants se sont mobilisés et donnent de leur temps pour aider l’association qui s’occupe d’améliorer la situation des musiciens avec un handicap.

Il y a également un projet autour des solutions pour rendre les festivals plus écologiques, certains étudiants apportent leur aide lors des festivals comme le Maifeld Derby, l’un des festivals de musique indie les plus reconnus… On travaille aussi en collaboration avec Cosmopop, les organisateurs du Time Warp Festival. Ca fait partie de l’idée de centre de compétences, ils sont invités à l’école et viennent partager leurs nouvelles idées...

Laura Gidon

Au cours de l’entretien nous sommes rejoins par le groupe Laura Gidon, trois jeunes artistes qui ont commencé à faire de la musique ensemble à la Popakademie il y a plus d’un an et demi. Ils sont venus nous faire part de leur expérience en tant qu’étudiants dans cette école un peu spéciale.

            Pour Laura, la chanteuse du groupe, c’est la liberté que lui offre cette formation qui lui plait : « Tu ne passes pas beaucoup de temps dans les bouquins ce qui est cool et tu as vraiment le temps de travailler sur tes projets personnels, et j’aime bien ça ». La Popakademie a qui plus est le mérite d’être une école gratuite, mais c’est surtout « la seule opportunité d’étudier la musique populaire en Allemagne. » souligne André. Chris, le batteur du groupe explique que c’est la renommée de l’école qui lui a donné envie d’y entrer : « La Popakademie est vraiment connue en Allemagne. Quand j’étais adolescent je connaissais les personnes qui étaient prof ici. J’ai toujours eu l’envie d’aller à la Popakademie parce que ça avait l’air cool. » Les professeurs sont très appréciés des trois étudiants : « On aime les professeurs » explique Chris, et André de souligner leur professionnalisme : « les profs sont toujours dans le milieu de la musique, ils sont en tournée etc., donc ils savent vraiment de quoi ils parlent. »

S’il est parfois difficile de trouver du soutien quand on choisit de faire de la musique son métier, André, le pianiste du groupe a la chance d’avoir celui de ses parents, bien que cela dépende de la musique qu’il fait : « Ma mère n’aime pas certaines de mes musiques. Quand je lui montre des trucs plus de jazz ou de soul elle n’accroche pas trop, elle me dit : « ça fait vendre, ça t’es sur ? ». » Mais ses parents lui apportent un soutien financier qui lui permet d’avoir le temps nécessaire pour faire de la musique. Pour Laura l’environnement qu’offre la ville de Mannheim est aussi un soutien « L’intérêt pour les choses créatives existent vraiment à Mannheim … C’est pas simplement « Oh ouais la musique c’est cool », c’est vraiment « Oh oui la musique, c’est important, c’est la culture ! ». Et ça c’est super. », a-t-elle insisté. Les trois étudiants ont donc bien l’intention de continuer dans la musique et d’évoluer en tant que groupe, « En espérant qu’on pourra vivre de l’argent qu’on en tirera! », s’amuse André. Ils devraient pouvoir jouer lors des festivals de musique organisés par la ville.

Maxime Ollivier (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), vendredi 20 juillet 2018

Concert de fin d’année ici

https://www.popakademie.de/aktuell/offentlicher-kalender/semesterabschlusskonzert

Pour plus d’infos c’est par là: http://www.popakademie.de

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