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PARFUM - Et si Versailles vous était conté… en parfums ?

Écrit par Lepetitjournal Hambourg
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 décembre 2012

Avec l´ouverture de leurs bureaux dans la ville hanséatique, Gilles Thévenin, pour la maison Lubin, et Elisabeth de Feydeau, pour sa marque Arty Fragrance, apportent l'une des plus longues histoires de la tradition du luxe « made in France », celle du parfum.


Elisabeth de Feydeau, historienne spécialiste des parfums

Une lecture parfumée de l'histoire
Si le goût de la madeleine ramenait à l'esprit de Proust toute la vie de son enfance, les fragrances, pour Elisabeth de Feydeau, sont la mémoire historique retrouvée. Après une thèse consacrée à l'industrie française du parfum de 1830 à 1945, "de l'hygiène au rêve", elle travaille au département culturel de Chanel et Bourgeois, puis se lance dans la publication d'ouvrages en esthétique olfactive. Des bijoux culturels, tels Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette, de 2005, aux éditions Perrin, et traduit en plusieurs langues, ou Les Parfums : dictionnaire, anthologie, histoire, de 2011, aux éditions R. Laffont. "Raconter l'histoire du parfum, nous dit-elle, revient à dérouler toute l'histoire de l'humanité : des poteries néolithiques jusqu'à nos vaporisateurs de voyage, des recettes consignées sur des papyrus de l'Égypte ancienne aux brevets industriels internationaux, en passant par les parfumeurs attitrés de Catherine de Médicis, de Marie-Antoinette ou de Napoléon Ier." Rien d'étonnant à ce que cette historienne des sens ait créé sa propre marque : une ligne de bougies parfumées, évoquant l'histoire, les lieux mythiques et les grands personnages du château de Versailles au XVIIIème siècle. L'occasion de balayer quelques clichés?

Marie-Antoinette, détail d'une peinture d'Elisabeth Vigée-Lebrun, 1783

Marie-Antoinette, l´autre mécène des arts
La deuxième collection créée par Elisabeth de Feydeau s'inspire de Marie-Antoinette d'Autriche, celle que la Cour de France rejettera après avoir acclamé son arrivée à Versailles et son mariage avec Louis XVI. Pour elle comme pour toutes les jeunes femmes des milieux aisés de cette époque, tout n'est que recherche de raffinement. Le 18e siècle, on l'oublie, est aussi le siècle des femmes. "Le c?ur se tait, le cerveau parle" : les femmes tiennent salon, s'intéressent aux sciences, à la littérature, à la musique et l'amour devient un jeu stratégique, un jeu de l'esprit. Marie-Antoinette sera pleinement de son temps : le Petit Trianon, les boudoirs secrets et grottes rococo seront ses territoires ; en cuisine, elle importera de Vienne les croissants et le chocolat en boisson chaude (poivrée). Elle jouera de la harpe et du clavecin. Elle partagera son amour de la mode avec Rose Bertin, qui la conseillera pour ses discrètes robes de gaulle et de flanelle ou pour ces incroyables robes à baleines, s'étendant en couches soyeuses de voiles en mousseline et taffetas, qu'elle portait coiffée d'une perruque blanche haute perchée, stylisée, perlée et décorée selon l'humeur du jour. Mais surtout, Marie-Antoinette vouera un amour infini aux fleurs, dont elle inondera Versailles : des jardins aux ornements des statues et des tapisseries murales, des boiseries de chaises, de meubles, des guirlandes dorées jusqu'au bouquet floral que l'on composera chaque jour pour elle. Elle se fera d'ailleurs souvent représenter tenant sa fleur préférée, la rose, comme le montrent notamment certains de ses plus célèbres portraits.
Les compositions parfumées d'Elisabeth de Feydeau vous proposent ainsi de vous plonger dans l'atmosphère de cette époque : avec la bougie Rêve de la reine, c'est un bouquet aux mille fleurs, où domine la rose, parmi des notes boisées évoquant les allées du Jardin anglais. Les autres senteurs, Jardins et Bosquets (buis et jasmin), Potager royal (figues et notes vertes), l'Enfant-Roi (myrrhe, encens et orange amère), etc., ont encore bien d'autres histoires à révéler.

La deuxième collection d´Elisabeth de Feydeau, un hommage olfactif à la cour de Versailles

La maison Lubin, l'une des plus anciennes parfumeries de France
A la suite de Frageon, Pierre François Lubin a été le parfumeur des souverains de France et d'Europe au 19e siècle. Et sa boutique, créée en 1798, existe toujours, sous la direction aujourd'hui de Gilles Thévenin, ancien directeur artistique de Guerlain. Une reprise courageuse, qui a sauvé l´entreprise de la faillite à la fin des années 90. L'un des plus grands défis consiste naturellement à rester fidèle à  l'esprit et à l'histoire de cette marque, tout en s'adaptant aux senteurs actuelles. Une des grandes réussites de la nouvelle collection ? Gin Fizz, l'hommage renaissant à Grace Kelly et aux ambiances américaines des bars parisiens dans les années 50 : frais aux premières notes (bergamote, citron de Sicile et mandarine), il se transforme doucement en un fleuri plutôt sage d'iris, de roses, de jasmin et autres pétales blanches. Les autres fragrances, comme Akkad ou Korrigan, aux notes plus orientales, de voluptueuses à musquées, accompagneront à merveille les longues journées d'hiver.

Virginie WINTZINGER-GERARD (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) Mardi 20 novembre 2012

Arty fragrance, d'Elisabeth de Feydeau : http://www.arty-fragrance.com
Les bougies ont une durée de vie de 50 heures environ. Prix indicatif : 50?
Point de vente à Hambourg : Amarantus, Große Bleichen 36 - 20354 Hamburg - Tél : 040 / 35716221

Maison Lubin : http://lubin.eu
Certains flacons, véritables ?uvres d´art, sont à admirer au Museum für Kunst und Gewerbe.
Nouvelle collection en vente à partir de la mi-novembre.
Point de vente à Hambourg : Lubin GmbH, Hofweg 6, D-22085 Hamburg  - Tél : 40 229 57 27

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Publié le 20 novembre 2012, mis à jour le 10 décembre 2012
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