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Brésil : la crise institutionnelle s'aggrave, le chef de la police suspendu

Un juge de la Cour suprême du Brésil a ordonné mardi la suspension du patron de la Police fédérale, dans un nouvel épisode de la crise institutionnelle qui ébranle le pays à moins d'un mois de l'élection présidentielle.

Brésil : la crise institutionnelle s'aggrave, le chef de la police suspenduBrésil : la crise institutionnelle s'aggrave, le chef de la police suspendu
Écrit par AFP
Publié le 9 septembre 2026

 

Un juge de la Cour suprême du Brésil a ordonné mardi la suspension du patron de la Police fédérale, dans un nouvel épisode de la crise institutionnelle qui ébranle le pays à moins d'un mois de l'élection présidentielle. Cette crise inédite s'est invitée dans la campagne qui bat son plein. Le 4 octobre, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans, aura pour principal rival Flavio Bolsonaro, 45 ans, le fils aîné de l'ancien chef d'Etat d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

 

Après la suspension du directeur de la Police fédérale (PF) Andrei Rodrigues par le juge André Mendonça, la balle est désormais dans le camp du gouvernement Lula. L'organe public chargé de défendre les intérêts juridiques de l'Etat devrait faire appel d'ici à mercredi de cette décision, a dit une source gouvernementale à des journalistes, parmi lesquels l'AFP était représentée.

 

La crise a éclaté la semaine dernière, lorsqu'un rapport de police a révélé le contenu de messages envoyés par le banquier Daniel Vorcaro, soupçonné de l'une des plus grandes fraudes financières de l'histoire du Brésil, à Alexandre de Moraes, un autre juge de la Cour suprême. Dans ces messages datant de novembre 2025, le patron de Banco Master, un établissement aujourd'hui liquidé, demande de l'aide au magistrat dans le but apparent de freiner l'enquête qui conduira peu après à son arrestation.

 

Ce rapport a été rendu public par le juge Mendonça, chargé de l'affaire Banco Master. Alexandre de Moraes est un juge emblématique pour avoir conduit le procès historique contre Jair Bolsonaro, qui purge chez lui une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat contre Lula.

 

 

"Intérêts politico-électoraux" 

Dans le nouveau développement survenu mardi, André Mendonça accuse la PF d'avoir espionné illégalement ses propres actions en tant que juge et produit à cette occasion des rapports anonymes et dépourvus de rigueur technique.  Dans sa décision, à laquelle l'AFP a eu accès, il qualifie de "très grave" la surveillance dont il a fait l'objet et compare l'épisode au roman dystopique "1984" de George Orwell.

 

Il a ordonné que soient relevés à titre "provisoire" de leurs fonctions le directeur de la PF, Andrei Rodrigues, ainsi que le chef du renseignement de cette institution. La semaine dernière, Alexandre de Moraes s'était servi de ces rapports contestés pour accuser son collègue et rival d'"abus d'autorité". Il répliquait ainsi aux révélations sur ses liens avec le banquier, contenues dans un autre document de police.

 

Le juge Moraes a souvent été porté aux nues par la gauche ces dernières années. La droite voit en lui un adversaire et soutient ardemment le juge Mendonça, nommé à la Cour suprême par Bolsonaro père. Au coude-à-coude avec Lula dans les sondages dans l'hypothèse d'un second tour le 25 octobre, Flavio Bolsonaro a salué la décision de suspendre le patron de la PF.

 

Sur le réseau social X, il s'est réjoui que "l'honorable et glorieuse Police fédérale retrouve son autonomie pour traquer les criminels, et non les adversaires politiques de Lula". Dans le camp opposé, Marco Aurélio de Carvalho, le coordinateur de la campagne du président sortant dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est), a déclaré à l'AFP que face à "une crise institutionnelle sans précédent", "nous ne pouvons pas permettre que les fonctions publiques soient accaparées par des intérêts politiques et électoraux".

 

De son côté, le directeur général par intérim William Murad a dit sa "totale confiance" en Andrei Rodrigues. Dans une lettre obtenue par l'AFP, onze responsables de divisions de la PF ont mis leurs postes à disposition, critiquant les "narratifs nettement influencés par des intérêts politico-électoraux" qui ont conduit, selon eux, à son éviction.

 

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Publié le 8 septembre 2026, mis à jour le 9 septembre 2026
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