Le monde associatif : vers une autonomie financière 

Par Article Partenaire - Édition de Dublin | Publié le 20/04/2021 à 19:46 | Mis à jour le 24/04/2021 à 19:29

Les associations à but non lucratif sont d’une importance colossale au sein de la société, dans la mesure où le mouvement associatif en général joue un rôle fondamental aussi bien en matière de défense de droits de l’homme que de solidarité sociale, culturelle, ou identitaire. Par ailleurs, toute association, peu importe ses projets phares, son activité principale, sa taille, ou encore sa gestion, est indéniablement menacée de subir une crise au long de son parcours, ce qui explique la nécessité d’y être préalablement préparé, autant en identifiant les facteurs de risques que les éventuelles solutions. Parmi les catégories de crises que pourrait confronter une association, on retrouve au premier rang les difficultés d’ordre financier. En effet, bien que la majorité de ces organismes se proposent de venir en aide à une population en détresse en vue de les aider à se développer et se diriger vers une indépendance, ces mêmes associations se voient devenir dépendantes sur le plan financier d’aides émanant de plusieurs parties externes, gouvernementales ou particulières. Nous retrouvons donc comme seule et unique solution à cette contradiction, handicapante dans certains cas, l’avancement des associations vers une autonomie financière.

Association et financement

Avant de se pencher sur le plan financier relatif aux associations, une définition de ce genre d’organisme s’impose. Est appelé association tout regroupement de deux ou plusieurs personnes, ayant pris la décision de mettre en œuvre un ensemble de moyens collectifs pour l’exercice d’une activité bien précise, qui ne leur sert en aucun cas à un enrichissement personnel. L’activité exercée n’apporte donc aucun bénéfice ou avantage financier pour les membres ou les associés de l’organisme en question.

Toutefois, afin qu’une association puisse mener à bien sa mission et développer ses projets, des ressources financières sont requises. Pour combler ce besoin, elle peut avoir recours à plusieurs moyens et parties, qui peuvent se présenter sous la forme de dons de personnes, qui font partie ou non de l’association, ou d’entreprises, de donations, ou de legs, lesquels permettront le financement du fonctionnement de l’association en question. Cette aide au financement se fait obligatoirement à titre gratuit, et donc sans contrepartie, et intègre de manière définitive et irréversible le patrimoine de l’organisme associatif auquel elle est destinée.

Dans ses débuts, une association base sa trésorerie sur les cotisations de ses propres membres, comme première ressource financière, à travers les droits d’entrée ou les apports personnels. Ainsi, en recrutant des membres, elle bénéficie non seulement de leurs compétences dans la concrétisation de son projet, mais récolte également les cotisations de ces nouveaux venus comme contributions.

Il convient de noter qu’un grand nombre d’associations, lorsqu’elles sont déclarées, ont le droit de recevoir des sommes d'argent appelées subventions, de la part de l'État, de collectivités territoriales et d'établissements publics.  Ces fonds constituent pour elles un appui financier d’une grande importance pour le financement, et contribuent donc au développement de l’économie sociale et solidaire locale sur le long terme. Ces aides publiques sont généralement distribuées par les collectivités territoriales locales.

Il est nécessaire de souligner que la collecte représente de son côté une source de financement non négligeable pour l’association. Cette opération peut se faire de manière directe, aussi bien dans la rue que sur internet, par des bénévoles dotés de crédibilité et d'habileté dans le contact. Ce moyen s’avère également très efficace dans la promotion de l’association en général, puisqu’il lui permet de se faire connaître, d’améliorer sa visibilité, et de garantir une meilleure compréhension de son activité au public.

L’association face aux défis financiers 

Pour toute association, le risque d’une potentielle crise n’est jamais exclu, et ce pour des raisons diverses et variées, en fonction de son activité principale. Les menaces pouvant fragiliser une association sont donc nombreuses, et peuvent se présenter sous la forme d’une dépendance aux évolutions des dispositifs et politiques, l’arrivée de concurrents sur le territoire où l’organisme exerce son activité, le départ inattendu d’un chef de projet engagé dans ses missions,  une mauvaise répartition des tâches et initiatives entre bénévoles et salariés ou une négligence de la formation de ces derniers, ou encore les difficultés d’ordre financier, qui résultent soit d’un retard de versement d’une subvention, ou de la dépendance, pour le moins qu’on puisse dire fatale à un client ou financeur unique.

Quel que soit le genre de difficulté rencontré, qu’elle soit en rapport avec le projet associatif en lui-même, l’organisation interne, ou la situation financière, son anticipation passe impérativement par une réalisation des forces et faiblesses de l’association en question afin de pouvoir réellement se positionner. Pour cela, il suffit d’établir une sorte de diagnostic rapide de la structure, qui permet de détecter les points sur lesquels il faudra encore plus se concentrer, et ce en faisant l’inventaire de quelques actions simples mais efficaces. Dans le cas d’une crise financière, les éléments à réétudier concernent le contact avec la banque, le niveau de diversification des recettes et l’engagement des démarches dans cette optique, la justesse des prévisions budgétaires réalisées, et la mise en place d’outils effectifs de suivi financier capables de mesurer les baisses et les augmentations des recettes.

Ignorer ces difficultés ou se précipiter vers la mise en œuvre d’actions faciles et spontanées sont les erreurs les plus répandues commises par les dirigeants d’une association en difficulté financière. Cela  conduit à une accumulation des pertes, raison pour laquelle il est important de réagir immédiatement à travers l’identification de l’origine de la crise et l’étude de solutions bien adaptées. Le premier outil de la gestion de ce genre de crise est une comptabilité tenue à jour et aussi bien pensée que possible, qui permettra l’élaboration d’un budget prévisionnel et d’un plan de trésorerie, pour cela vous pouvez faire appel a un expert comptable ou bien le faire vous-même mais pour plus d'efficacité en vous recommande l'utilisation d'un logiciel de comptabilité ou tout simplement un modèle Excel pour la comptabilité d'association..  

Le budget prévisionnel représente un élément de vérification de l’équilibre de l’activité, et regroupe l’ensemble des recettes et charges envisagées pour l’année. Sans cet outil déterminant, aucune demande de subvention ne peut être acceptée. Il appert qu’il doit régulièrement être mis à jour tout au long de l’année, pour éviter tout déficit d’exploitation. 

Le plan de trésorerie, représente, quant à lui, un tableau où sont notées mensuellement les sorties et les entrées d’argent. En effet, toute association fait face à des frais qui doivent être réglés périodiquement et à temps, comme les factures, les salaires de ses employés, et les charges diverses fixes, dont le paiement peut intervenir avant l’encaissement des recettes, lesquelles peuvent être reçues en retard. C’est ce décalage dans le temps, entre le paiement des charges et l’encaissement des recettes, qui peut causer de mauvaises impasses de trésorerie, et éventuellement un compte débiteur.

Ces deux points étant pris en considération, l’association peut chercher à solutionner plus durablement son souci financier, par une redéfinition du projet associatif si nécessaire, en considérant l’ensemble des contraintes financières, ensuite l’élaboration d’une structure de charges fidèlement conforme aux ressources déployées et obtenues, et enfin une tentative de réalisation de l’équilibre avec une augmentation des ressources et une diminution des charges.

Stratégies de développement de l’autonomie financière de l’association 

Afin d’assurer une sécurité financière sur le moyen et le long terme, la solution la plus sûre et efficace pour l’association est de renforcer son indépendance à travers une autonomie financière. En effet, bien que les sommes obtenues par le biais de cotisations des bailleurs publics ou privés soient importantes, ces dernières demeurent limitées, éphémères, et soumises à des conditions bien précises, contrairement à l’autofinancement, qui représente une solution durable et permanente.

Pour s’ autofinancer, divers moyens s’offrent aux associations, comme ce qui est appelé “activités économiques accessoires”. Il s’agit d’organiser des événements ou des manifestations de soutien, comme des spectacles, kermesses, repas, jeux de lotos, etc., en rapport ou pas, de leur projet principal. Toutefois, et afin de bénéficier des exonérations fiscales quant aux revenues tirées de ces événements, elles ne peuvent en organiser plus de six fois par an, et doivent établir un bilan financier complet et propre à chacune de ces manifestations. Les tombolas et loteries sont également permises, toujours dans le respect des règles en vigueur. 

Ensuite, les associations peuvent aussi se tourner vers la vente de leurs productions, ce qui inclut les revenus de l’ensemble des travaux collectifs de production, les petits projets artisanaux ou agricoles, ou encore la création de petites entreprises de développement spécialisées dans un secteur productif autonome, qui est entièrement contrôlé par l’association.

La vente des services fournis par l’association à des tiers constitue également une source de poids dans l’autofinancement, comme par exemple, les services de secrétariat; les services en rapport avec les activités de l’association, les publications et fiches techniques; le prêt de véhicules et de machines; la location de locaux; les contrats de consultation ou d’appui signés avec des associations, des gouvernements ou agences d’aide. De plus, lorsqu’elles disposent d’un savoir-faire particulier, en matière de management associatif ou autres, les associations peuvent mettre les compétences de leurs salariés et bénévoles à la disposition de demandeurs ou intervenants du même secteur, sous forme de prestations rémunérées, ou même répondre à des appels d’offres de services de collectivités locales ou entreprises. 

L’engagement dans l’ensemble de ces activités lucratives constitue, bien au-delà de l’aspect financier ou matériel de l’autofinancement, une forme de communication bénéfique pour l’image de l’association et son positionnement dans son champ d’activité. C’est donc une preuve de l’engagement et du dynamisme de toute l’équipe associative qui, par cette recherche active de fonds, manifeste son engouement et son attachement à son projet et à ses missions.

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Gael Parent

Rédacteur en chef de l'édition Dublin.

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