

À Dungarvan, petite ville côtière du sud-est irlandais, de nombreux adolescents découvrent l’Irlande avec le sourire de Karla Magee Venturi. C’est souvent elle qui les accueille dès leur arrivée, les aide à monter dans le bus en direction de Waterford, rassure les plus timides, échange quelques mots avec les familles. Un premier contact qui en dit déjà long sur l’esprit de Claddagh School of English : ici, l’apprentissage passe autant par la bienveillance que par les cours.
Chez Karla, cette vision de l’école ne date pas d’hier. « Claddagh School est née d’un amour profond pour les langues, la culture et les relations humaines sincères », raconte-t-elle. Elle se souvient d’une maison familiale « toujours ouverte aux étudiants étrangers ». Avec sa mère Mary, elle a voulu créer une structure à leur image, plus chaleureuse, plus personnelle, profondément ancrée dans l’hospitalité irlandaise. Un projet que symbolise parfaitement la bague de Claddagh, emblème bien connu en Irlande, avec ses trois valeurs : l’amour, la loyauté et l’amitié.
Une école à taille humaine, où l’on apprend en confiance
Si Karla devait résumer l’approche de l’école en trois mots, elle choisirait sans hésiter : « Friendly, fun and inclusive. » Autrement dit, une école conviviale, vivante et ouverte à tous. Plus qu’un slogan, c’est une ligne directrice. « Nous sommes convaincus que les élèves progressent mieux lorsqu’ils se sentent à l’aise, en confiance, et capables de nouer facilement des liens avec leurs professeurs comme avec les autres jeunes. »
À Claddagh, le plaisir n’est pas un simple bonus. Il fait partie intégrante de l’apprentissage. Karla le dit clairement : s’amuser est aussi un moteur. Quant à l’inclusion, elle repose sur une idée simple, mais essentielle : chaque élève doit se sentir soutenu, écouté et à sa place.

Cette conviction, Karla ne l’a pas seulement développée en tant que directrice. Elle l’a aussi vécue personnellement. « Je suis partie m’installer en Italie en ne connaissant que quelques mots d’italien », confie-t-elle. Cette immersion totale lui a fait comprendre à quel point on apprend vite quand on doit vraiment communiquer. Une expérience fondatrice, qui explique aujourd’hui son attachement à une pédagogie concrète, centrée sur l’élève et sur la prise de parole.
La sécurité comme priorité absolue
Quand on travaille avec des adolescents envoyés parfois pour la première fois à l’étranger, la question de l’encadrement est évidemment centrale. Sur ce point, Karla est très claire : « La sécurité de chaque élève, sur le plan physique comme émotionnel, est notre priorité absolue. »
Concrètement, tout est pensé pour offrir un cadre rassurant. Les transferts depuis l’aéroport sont assurés par Karla ou par Mary. Les activités de l’après-midi sont encadrées. Les règles sont claires, afin de créer un environnement stable, prévisible et serein. Même pendant les temps plus libres, la vigilance reste de mise. « Mary ou moi sommes toujours à proximité et facilement joignables dans le centre-ville », précise-t-elle.

Le soir, les élèves ne sont pas autorisés à sortir seuls. Une règle qui vise évidemment à garantir leur sécurité, mais aussi à favoriser leur intégration dans leur famille d’accueil. L’idée est simple : l’expérience ne s’arrête pas à la salle de classe. Elle se prolonge aussi à table, dans les échanges du quotidien, dans la vie de famille. Et pour les parents, un numéro d’urgence est disponible en permanence.
Les familles d’accueil, pièce maîtresse du séjour
À Claddagh, les familles d’accueil ne sont pas un simple hébergement. Elles font pleinement partie du projet éducatif. « Nos familles d’accueil sont au cœur de l’expérience Claddagh », insiste Karla.
Dans une ville comme Dungarvan, où tout le monde ou presque se connaît, beaucoup de familles sont recommandées par le bouche-à-oreille. Mais cela ne dispense pas d’un processus de sélection rigoureux. Visites à domicile, vérifications, contrôles de la Garda pour tous les adultes du foyer, briefing obligatoire avant chaque séjour, tout est mis en place pour garantir un cadre sérieux.
Au-delà de l’aspect formel, Karla cherche surtout un état d’esprit. La famille idéale, explique-t-elle, est celle qui accueille vraiment le jeune, qui lui ouvre sa porte, mais aussi son quotidien, dans une atmosphère chaleureuse, bienveillante et sincère.
Dungarvan, une immersion loin des grands clichés
Pour beaucoup de familles françaises, Dungarvan n’est pas la première ville qui vient à l’esprit quand on pense séjour linguistique en Irlande. Et c’est justement ce qui fait sa force. Karla la décrit comme « une ville côtière dynamique, familiale et accueillante, au cœur du sunny south-east, réputée pour la Waterford Greenway, ses plages et sa qualité de vie ».
Ici, l’immersion se fait naturellement. Les adolescents font du vélo, profitent du bord de mer, participent à des activités, discutent avec les habitants. L’anglais sort du cadre scolaire. Il devient une langue vécue, utilisée dans des situations simples, spontanées, réelles.

Selon Karla, les jeunes Français sont souvent marqués par la qualité de l’accueil irlandais. Ils apprécient aussi l’ambiance plus détendue, moins formelle qu’en France, qui facilite les rencontres et aide à prendre confiance. Sans oublier, dit-elle avec le sourire, la découverte d’une cuisine locale plus généreuse qu’ils ne l’imaginaient.
Des progrès qui se lisent dans les parcours
Pour Karla, la réussite d’un séjour ne se mesure pas seulement en points gagnés ou en niveaux validés. Elle se lit surtout dans les trajectoires. Elle évoque notamment le souvenir de Sofia, arrivée pour six semaines avec un anglais encore fragile et une grande timidité. Finalement, la jeune fille restera un an.
Quelques mois plus tard, elle réussit brillamment son examen Cambridge et prononce un discours émouvant devant une salle comble. Aujourd’hui, elle étudie les relations internationales dans une grande université et continue à échanger avec ses anciens camarades de Claddagh. Le genre d’histoire qui résume mieux qu’un long discours ce qu’un séjour linguistique peut parfois déclencher.
Faire grandir sans tout révolutionner
Karla n’a pas l’intention de bouleverser ce qui fonctionne. « Comme on dit, if it’s not broke, don’t fix it! », lance-t-elle en riant. Son ambition est plutôt de continuer à faire vivre l’esprit de l’école, tout en enrichissant progressivement l’expérience proposée aux élèves, notamment grâce à de nouveaux partenariats locaux et à de nouvelles activités.
Mais ce qu’elle attend avec le plus d’enthousiasme, chaque été, reste inchangé : accueillir de nouveaux élèves, revoir ceux qui reviennent, et les voir gagner en assurance au fil des semaines.
Au fond, le message qu’elle souhaite transmettre aux familles tient en une idée simple. Apprendre une langue, ce n’est pas seulement mémoriser de la grammaire ou du vocabulaire. C’est aussi apprendre à aller vers les autres, à prendre confiance, à découvrir une autre culture, et à trouver sa place dans un nouvel environnement. En repartant, les élèves ne devraient pas seulement parler un peu mieux anglais. Ils devraient aussi se sentir plus ouverts, plus solides, et plus prêts à aller vers le monde.
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