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ALLIANCE FRANÇAISE - Entretien avec Philippe Milloux

Par Lepetitjournal Dublin | Publié le 17/11/2014 à 23:40 | Mis à jour le 11/08/2015 à 11:08

 

LePetitJournal.com a interviewé M. Philippe Milloux, directeur de l'Alliance Française à Dublin et Délégué Général de la Fondation Alliance Française en Irlande. Il nous a confié son riche parcours ainsi que sa passion pour le rayonnement de la langue et de la culture françaises.

La Fondation Alliance Française est une organisation indépendante, à but non lucratif, fondée en 1883 dans le but de promouvoir la langue et la culture françaises à l'étranger. Aujourd'hui, elle est présente dans 136 pays, où ses équipes enseignent le français à 490.000 étudiants. La branche dublinoise est la 3ème plus grande Alliance Française d'Europe, et la 1ère établie dans un pays non francophone.

Située dans l'angle de Nassau Street et de Kildare Street, elle a été fondée en 1960, après une longue tradition de sociétés françaises en Irlande établies dès l'indépendance du pays. Elle s'attache depuis à promouvoir la culture francophone mais aussi à être un espace d'échanges entre l'Irlande et les cultures francophones. Pour remplir cette mission, l'Alliance Française de Dublin dispose de plusieurs outils. La première activité de l'Alliance Française est bien sûr de donner des cours de français. Ensuite, elle se positionne comme un centre culturel, avec notamment sa Médiathèque et son restaurant, La Cocotte, qui accueille régulièrement des expositions ou des soirées culturelles.

lepetitjournal.com: Tout d'abord, pouvez-vous rapidement retracer votre parcours pour nos lecteurs ?

Philippe Milloux: Je viens d'un tout petit village dans le Jura, que j'ai eu très rapidement envie de quitter pour voyager et voir le monde. Comme beaucoup de personnes de ma génération, j'ai eu beaucoup de chance, car l'école de la République m'a permis de changer de milieu, de passer par l'Ecole Normale pour devenir instituteur de l'école primaire et commencer une carrière d'enseignant et de formateur. Mais tout ça remonte à quelques années maintenant ! Dès les années 1980, piqué du virus de l'étranger, je me suis positionné sur des postes à l'étranger alors inaccessibles en raison de ma faible ancienneté. J'ai donc décidé de voyager par moi-même en me mettant en disponibilité. L'année de mes 24 ans j'ai habité en Suède, en Grèce, puis en Italie. Je me suis alors rendu compte que j'avais un énorme atout, qui est celui de la langue française : on me demandait des cours en particulier, je rencontrais partout sur mon chemin des gens qui parlaient ma langue maternelle et cela m'a permis d'affiner mon projet professionnel, de l'orienter vers les langues étrangères. Je n'avais bien sûr pas encore de formation initiale en Français langue Etrangère, mais voilà, il a y a eu cette fibre. Peut-être l'amour des mots et surtout la passion des langues, ont fait que je me suis rendu compte qu'une carrière à double entrée, l'éducation en France et des missions ponctuelles dans notre réseau culturel à l'étranger, était viable sur le long terme.

En 1994, je suis enfin nommé officiellement en Inde, pour une première mission à l'Alliance Française. Donc la 2e grande maison à laquelle je dois beaucoup après la République et son école, c'est l'Alliance Française, la plus grande ONG du monde. Je me suis présenté à l'époque avec un bagage trilingue, j'avais passé une maîtrise de français de langue étrangère et j'avais perfectionné mon anglais lors de séjours au Royaume Uni. Après Pondichéry, je suis nommé à Londres où je reste 4 ans à la tête des cours en entreprises du centre de langue de l'Institut français. Je rentre en France et là je change de peau et de métier, je deviens inspecteur de l'éducation nationale (IEN): c'est une progression naturelle en quelque sort parce que lorsque l'on a commencé à toucher à des responsabilités et qu'on y a pris goût, on souhaite continuer. Les métiers d'encadrement de l'inspection nationale étaient cohérents avec mon parcours, et de fait mon profil atypique de maître, ma maîtrise des langues, et mes capacités de gestionnaire ont été de très bons atouts pour réussir ma mission d'IEN . Ceci dit le virus de l'ailleurs me reprend en 2009 et je repars en Australie où je remplis une mission similaire à celle que j'occupe à Dublin depuis septembre 2012, directeur d'Alliance et Délégué Général.

Pourquoi l'Inde, puisque c'est votre première destination, pourquoi ce choix ?

C'est bien plus pragmatique que ça : on est au début des années 90, les postes au sein du réseau culturel sont chers donnés à l'époque - et encore plus aujourd'hui du fait des suppressions d'emplois - et je peux vous dire que quand le Ministère vous propose un poste où que ce soit dans le monde, on le prend ! Ma première mission en tant que Directeur Adjoint en Inde était sur un poste difficile, pour lequel on peinait alors à trouver un candidat. Sur place, j'ai eu la chance d'être formé par un grand professionnel du réseau qui m'a donné les clefs de la gestion d'une Alliance française et qui m'a assisté dans mon changement d'identité professionnelle. En même temps, j'avais tout juste 30 ans, et vivre en famille pour une première expatriation en Inde n'était pas simple. Dans ce parcours, mes deux enfants m'ont accompagné partout, et ils sont aussi marqués que moi de l'étranger. Ma fille ainée est quasiment née en Inde (elle y est retournée à 5 semaines) et mon fils est né à Londres. Ils parlent tous deux mieux anglais que moi, ils font leurs valises en 30 secondes, car ils ont changé tant de fois de maison du fait de ma mobilité géographique et professionnelle... A un moment donné de ma vie d'ailleurs, je me suis demandé s'il n'y avait pas quelque chose de maladif chez moi à vouloir vivre à l'étranger, mais avec le recul je sais que non et qu'il y avait une cohérence, à la fois dans les postes que j'ai occupés et dans les lieux où j'ai vécus...

Quitter un poste à l'éducation nationale pour partir en Inde, c'était courageux voire un peu fou de votre part car à l'époque c'était très rare. Le choix de ce parcours atypique et vos débuts en Inde ont dû être difficiles.

C'est peut-être ça, disons que ayant choisi de quitter mon milieu d'origine très tôt, j'ai eu très vite le désir de vivre autre chose que ma carrière d'enseignant du premier degré dans le Jura. Les années et la maturité aidant, j'ai appris à canaliser cette soif de l'ailleurs et suis devenu un serviteur de la République soucieux du service qu'il peut et doit rendre à son pays.

Pour revenir à la question exacte de l'Inde, ça a été un saut culturel énorme, premier détachement, en Asie, un plongeon dans un milieu d'expatriés pas toujours simples à côtoyer. C'était difficile, certes, mais en même temps extrêmement formateur, car j'ai appris à rester moi-même, au service de l'Etat et de l'Alliance Française. Cela oblige à se poser des bonnes questions, et à tout faire pour tenir une posture professionnelle et personnelle irréprochable.

Vous parlez de la France et de la République avec passion, et pourtant vous avez déclaré avoir le ''virus de l'étranger'' : comment conciliez-vous les deux ? N'y-a-t-il pas un paradoxe dans le fait d'autant aimer la France mais de toujours la quitter ?

En fait on se dit deux choses : on adore notre pays, c'est le plus beau pays du monde ! Donc il faut qu'on en parle. Et on a une langue que les gens emploient, utilisent ou apprennent sans vraiment se rendre compte qu'elle a un potentiel énorme dans le monde entier. On projette 700 millions de locuteurs de la francophonie dans le monde en 2050. Donc on se dit déjà qu'il y a quelque chose à faire en termes de rayonnement. Et on ne peut pas rayonner à l'intérieur du pays. Etre à l'étranger ça permet d'être en dehors et en même temps d'amener l'étranger à la France. Il faut être ingénieux, les moyens ne sont pas immenses, mais on essaye de faire que l'étranger soit proche, que le quidam dans la rue en Irlande ou en Australie, à un moment, ait un besoin ou une envie de France. Alors tout ça c'est captivant : comment faire ? Quels sont les outils ? Purement linguistiques ou aussi culturels, économiques ? On touche quasiment tous les domaines.

Cela dit tous les expatriés n'ont-ils pas le même virus ? Celui de l'Ailleurs. Parce que sinon on vivrait de façon permanente en France. Pour ma part après 7 ans d'une mission d'inspection et deux postes en métropole, je n'avais qu'une envie, repartir à l'étranger, obtenir un détachement de l'Education Nationale pour retrouver notre réseau culturel. Et les langues me manquaient. Parler anglais toute la journée, sculpter les mots comme disait une enseignante de l'Alliance de Limerick, c'est extrêmement captivant.

'L'Irlande [...] la gentillesse des gens et l'âme irlandaise...'

 Quelles leçons avez-vous tiré de vos précédents détachements (Inde, Royaume Uni, Australie) ?

Plein! Je dirais que l'Inde a été le plus gros choc culturel de ma vie: on est confronté à la mort comme on ne l'est pas en Europe, il y a un rapport à la multitude et des valeurs qui nous dépassent et déstabilisent. L'Australie ça a été les immensités, une nature qui époustoufle. L'Irlande ça va être la gentillesse des gens et l'âme irlandaise, que je trouve remarquables, d'une profondeur que j'apprécie beaucoup. Je ne vais pas citer tous les pays, mais il y a une très belle expression qui résume ceci, une phrase de notre secrétaire général Jean-Claude Jacq: 'Ce que vous faites c'est le pendant laïc de l'Eglise catholique, qui dit ''aimez votre prochain'', et vous à l'Alliance française, vous aimez votre lointain'.

 Comment s'est passée votre arrivée en Irlande ?

L'adaptation la plus rapide. Cela dit je ne sais pas si c'est parce que, à force de s'adapter, on finit par s'adapter de mieux en mieux, ou si c'est parce qu'il y a vraiment une facilité d'accueil et d'amitié profonde qui unit nos deux pays, mais en tout cas en quinze jours j'étais chez moi à Dublin. J'ai récupéré une Alliance en ordre de marche avec beaucoup de projets, une équipe soudée, sympathique, jeune, qui me tire vers le haut. En deux ans nous avons fait beaucoup de choses mais sans doute pas le dixième de ce qui nous reste encore à faire !

 Est-ce que vous pouvez nous éclairer sur votre statut ainsi que le statut de l'Alliance Française, puisque j'ai cru comprendre que vous étiez nommé conjointement par le Ministère des Affaires Etrangères et la fondation de l'Alliance Française, tout en sachant que l'Alliance Française en Irlande est une association irlandaise ! Concrètement ça donne quoi ?

 Concrètement cela demande des qualités d'organisation marquées, et surtout des positionnements extrêmement rigoureux : le sens du service, l'éthique, le respect des personnes et tout ce qui va avec. Je suis rémunéré par le Ministère des Affaires Etrangères, mais je suis mis à disposition d'une association qui est totalement autonome et de droit irlandais. A part mon salaire et celui d'une Volontaire Internationale (VI), les 45 autres employés de la maison sont rémunérés sur les ressources propres de l'institution.

Concrètement, je dois rendre compte de mon action à l'Ambassadeur, parce que c'est le chef de poste, à la Fondation Alliance Française du fait de mon mandat de Délégué pour la représenter en Irlande et au comité directeur de l'Alliance Française de Dublin qui fixe un cap et valide mes objectifs. Notre comité de bénévoles est présidé par Pat Cox, ancien journaliste et présentateur TV, président du Parlement Européen de 2002 à 2004. Pat Cox est un homme important, sur lequel je sais que je peux m'appuyer.

Merci pour ces précisions ! Pouvez-vous rapidement nous décrire en quoi consiste votre travail, à quoi ressemble pour vous une journée de travail ?

Alors tout d'abord mon travail consiste à animer et piloter une grosse maison, puisqu'on est la 3ème Alliance en Europe, avec un nombre important d'étudiants. Donc faire que tous les services, le service des cours, la médiathèque mais aussi le Centre culturel et la partie gestion et logistique du bâtiment, fonctionnent le plus efficacement possible. Nous avons mis en ?uvre depuis mon arrivée une Démarche Qualité visant à améliorer les processus et développer le rayonnement de la maison. La levée de fond, le travail d'ingénierie pédagogique et l'élaboration de la programmation sont au c?ur de mon action. Je fais en sorte que les conflits, et il y en a, et c'est tant mieux puisqu'on est une structure vivante en quelque sorte, soient gérés, voire évités. Il ne faut pas avoir peur de les affronter, justement je trouve qu'un conflit c'est toujours une bonne chose puisqu'il permet de mettre en lumière un déficit quelque part. Cette gestion me prend beaucoup de temps, sur une journée c'est 75% de mon temps je dirais. Il faut bien sûr prendre soin et entretenir les relations avec les partenaires, dont le tout premier est évidemment l'Ambassade de France. L'Ambassadeur a beaucoup d'intérêt pour l'Alliance Française dont il fait un acteur majeur de son plan d'action pour le rayonnement de la France en Irlande.

Enfin, le reste de mon temps est dédié à l'animation d'un réseau de 4 alliances : Galway, Kilkenny, Limerick, Waterford/Wexford. Là ce sont des microstructures, qu'il faut aider. Aussi je vais assister à leurs réunions de comités, je leur apporte une expertise et des conseils, parfois des fonds mais mon budget est très limité. En retour, je suis aussi exigeant et fais en sorte que le nom de l'Alliance soit porté haut, afin de garantir la réputation d'excellence accordée à la maison dans le monde entier.

Donc finalement vous faites énormément de ressources humaines ?

Oui énormément : de toute façon notre métier quand on est dans le culturel et l'éducatif c'est l'humain. Un Directeur d'Alliance Française travaille avec de l'humain tout le temps, avec tout ce que ça veut dire, la gestion des carrières des personnels, les profils, les salaires et les changements à conduire. C'est là où j'ai de la chance d'être passé par la case Inspection de l'Education Nationale car un IEN gère une circonscription d'environ 400 instituteurs, avec 80 écoles et 8000 élèves de 2 à 11 ans, donc l'IEN est formé pour cette fonction, et dispose d'outils de cadrages qui m'aident au quotidien.

Que pensez-vous avoir apporté à l'Alliance Française de Dublin depuis votre arrivée ?

Je pourrais passer mes journées et mes nuits ici... je ne ferais pas le 10ème de ce qui m'attend. J'ai d'abord revu profondément notre organigramme et refondu les postes, aucun domaine n'a été épargné. Un gros dossier nous occupe depuis 2 ans, c'est le dossier de la médiathèque : notre médiathèque a vieilli, on est en train de la transformer, il faut des fonds importants que l'association n'a pas. Si j'arrivais dans les deux ans qui viennent à monter un auditorium dans l'espace rénové de la Médiathèque, pour y conduire toutes nos activités culturelles ailleurs que dans un café, ce serait une valeur ajoutée énorme pour la maison. Et le projet se justifie du fait de la taille et de la place de Dublin dans notre réseau. J'ai visité l'an passé les bâtiments de Google, de Microsoft, là on est dans le 21ème siècle. Nous on est dans un bâtiment qui date du 19ème, et donc il manque peut-être une touche de modernité qu'on a du mal à trouver faute de moyens. Et comme notre métier est de faire du marketing de service, « l'enveloppe » compte.

'...l'Alliance, c'est le haut de gamme, une réputation mondiale à défendre et à justifier'

 Donc la modernité est une de vos principales orientations ?

On n'a pas le choix : on a des concurrents partout, les Universités donnent des cours de français, il y a des boites de langue qui proposent des cours à meilleur prix. Mais l'Alliance, c'est le haut de gamme, une réputation mondiale à défendre et à justifier. Pour y arriver il faut qu'on soit systématiquement les meilleurs, sur tout. Dans l'offre classique, mais aussi pour l'enseignement en ligne par exemple, sur lequel nous travaillons. Il nous faudra sans doute aménager des salles de classes high-tech : je sors de cours et hop la leçon est sur mon iPhone. Il faudra que l'on passe par là, mais sans oublier non plus le c?ur de notre métier ni ce que veulent nos amis irlandais : une rencontre avec un professeur de qualité, un échange interculturel, et surtout un véritable apprentissage. Ce que l'on va éviter, c'est de saupoudrer l'offre avec un peu de technologie pour faire bien. Il ne faut pas oublier que l'on apprend une langue pour la parler.

Est-ce que vous donnez toujours des cours ?

Non, enfin, oui mais seulement à ma compagne qui est Irlandaise. Je lui enseigne le français (dès que j'ai un moment ce qui n'est pas gagné !), mais est ce que cela compte vraiment ?

 Est-ce que ça vous manque ?

Enormément. J'ai pris l'an dernier beaucoup de plaisir à aller dans les classes. Du fait de mon statut et de mon expérience dans ce domaine, j'ai pu mettre en ?uvre une campagne d'entretiens individuels suivant les observations de classe. L'idée était de pouvoir prendre des informations sur les besoins en formation, en direct et c'est seulement lorsque l'on observe les professeurs que l'on découvre leurs points forts et faibles. On a mis en place un plan formation trisannuel basé sur ces visites. Et j'ai adoré être en classe et voir les gens apprendre, travailler, de tous âges ! Mon métier d'origine, d'être au contact des apprenants (des enfants notamment) me manque encore, mais il faut faire des choix.

Pour finir, dans 2 ans votre détachement en Irlande se termine. Quelle est la suite ? Où voyez-vous votre avenir ?

De fait, un agent ne peut obtenir plus de deux détachements consécutifs à l'étranger. Donc il y aura sans doute un retour en métropole, mais 2 ans c'est encore loin et il reste tant à faire !

Propos recueillis par Audrey Lalli (www.lepetitjournal.com/dublin) 18 novembre 2014

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