Édition internationale

Qui est Jessie Buckley, première Irlandaise oscarisée ?

Jessie Buckley est entrée dans l’histoire du cinéma irlandais en remportant l’Oscar de la meilleure actrice lors de la 98e cérémonie des Academy Awards, organisée le 15 mars 2026.

Jessie BuckleyJessie Buckley
Écrit par Lepetitjournal Dublin
Publié le 18 mars 2026

Cette victoire, obtenue pour son rôle d’Agnes dans Hamnet, fait d’elle la première Irlandaise à décrocher la statuette dans cette catégorie. 

Originaire de Killarney, dans le comté de Kerry, Jessie Buckley n’est pas une révélation sortie de nulle part, même si Hollywood adore raconter ce genre d’histoire comme s’il avait tout découvert au petit déjeuner ! Avant ce sacre, elle s’était déjà imposée comme l’une des actrices irlandaises les plus singulières de sa génération, avec un parcours mêlant musique, théâtre, télévision et cinéma. Le site IMDb la présente à la fois comme actrice et chanteuse, avec une trajectoire qui a commencé très tôt sur scène.

Une victoire historique grâce à Hamnet

Dans Hamnet, Jessie Buckley incarne Agnes, l’épouse de William Shakespeare (incarne par Paul Mescal, Normal People), dans l’adaptation du roman de Maggie O’Farrell réalisée par Chloé Zhao. Le film faisait partie des œuvres en vue de la saison des prix 2026, et l’Academy des Oscars n'a pas fait exception. Cette récompense consacre une performance saluée pour son intensité émotionnelle et sa finesse, dans un film centré sur le deuil, l’amour et la maternité.

Sa victoire a aussi marqué les esprits par la dimension symbolique de son discours, dans lequel elle a dédié son prix au « beau chaos du cœur d’une mère ». Sans reprendre ses mots dans le détail, on peut dire que cette dédicace faisait écho direct à Hamnet, un film où la douleur intime et la puissance du lien maternel occupent une place centrale.


Des débuts entre musique, scène et télévision

Bien avant les tapis rouges hollywoodiens, Jessie Buckley s’est fait remarquer dans l’univers du spectacle musical. Elle a terminé à la deuxième place de l’émission I’d Do Anything, puis a rapidement enchaîné avec la scène londonienne, notamment dans A Little Night Music, qui a marqué ses débuts dans le West End. Cette formation par la scène explique en partie son jeu très physique, très habité, souvent traversé par une forte sensibilité musicale.

Au fil des années 2010, elle s’est également imposée à la télévision britannique avec plusieurs rôles remarqués. On la retrouve notamment dans War and Peace, Taboo et The Last Post, avant une exposition encore plus large grâce à la mini-série Chernobyl, où elle interprète Lyudmilla Ignatenko. Cette série a largement contribué à la faire connaître à l’international.

Les films et séries qui ont construit sa carrière

Parmi les œuvres qui ont façonné sa montée en puissance, Wild Rose occupe une place importante. Dans ce film de 2018, elle joue Rose-Lynn, un rôle qui met en valeur à la fois sa présence dramatique et ses qualités vocales. Ce projet a consolidé son image d’actrice capable de porter un film sur ses épaules sans jamais forcer le trait.

Elle a ensuite confirmé avec des rôles plus sombres ou plus complexes dans Judy, I’m Thinking of Ending Things, Fargo, The Lost Daughter et Men. Dans The Lost Daughter, son interprétation de la jeune Leda lui avait déjà valu une nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur second rôle féminin, preuve que l’Academy suivait déjà son évolution de très près.

Sa filmographie récente montre aussi une vraie diversité. IMDb liste notamment Women Talking, Fingernails, Wicked Little Letters, ainsi que plusieurs projets vocaux et audiovisuels. Jessie Buckley alterne ainsi cinéma d’auteur, productions plus grand public, séries télévisées et performances vocales, sans jamais se laisser enfermer dans un seul registre.

Une actrice à part dans le paysage irlandais et international

Ce qui distingue Jessie Buckley, c’est sans doute sa capacité à naviguer entre fragilité et intensité. Elle peut être magnétique sans chercher l’effet, lyrique sans devenir excessive, et profondément moderne tout en s’inscrivant dans des récits historiques ou littéraires. Son Oscar pour Hamnet ne récompense donc pas seulement une performance isolée, mais aussi une trajectoire cohérente, exigeante et déjà très riche.

Avec cette victoire, Jessie Buckley franchit un cap majeur, pour elle comme pour le cinéma irlandais. Et vu la variété de ses choix de carrière jusqu’ici, il y a fort à parier que ce sacre ne soit pas un point final, mais plutôt le début d’un nouveau chapitre, le genre de chapitre que Hollywood aime ensuite appeler « inévitable ».

Crédit Photo : Bande-annonce Hamnet

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