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TAHAR BEN JELLOUN, présent pour la francophonie à l’Alliance Française

Par Alliance Française à Dubai | Publié le 12/03/2018 à 18:00 | Mis à jour le 13/03/2018 à 04:29
Tahar ben jelloun dubai alliance française

Tahar Ben Jelloun fêtera la journée de la francophonie le mardi 20 Mars à l’Alliance Française de Dubaï.


« Qui suis-je ? Écrivain arabe ou écrivain français ? (…) Suis-je un écrivain sincère ou suis-je un faiseur de livres ? Suis-je un écrivain qui exprime une part de la réalité de sa société ou bien ne suis-je qu’un écrivaillon exotique et folklorique (…)? ».

 

Tahar ben jelloun

Cette introspection, c’est Tahar Ben Jelloun lui-même qui la mène sur son site Internet, prenant le public à témoin comme il sait si bien le faire. Car l’homme, formé en philosophie et en psychiatrie sociale, aime partager ses émotions et se livrer sans fards. Et c’est dans les locaux de l’Alliance Française de Dubaï que l’écrivain et poète francophone, membre de l’Académie Goncourt, se livrera le 20 mars prochain sur son œuvre, son dernier roman « Punition » et sa nouvelle vie d’artiste peintre. 

J’ECRIS DONC JE SUIS


Racisme, fracture sociale, immigration, corruption, terrorisme, prostitution, enfance brisée, condition des femmes,  oppression des minorités, quête d’identité … L’œuvre de Tahar Ben Jelloun traite sans détours de la réalité contemporaine de nos sociétés  et est façonnée par une impérieuse nécessité de « faire savoir », de dénoncer, de résister et de réveiller. Un engagement permanent pour la justice et les droits humains qui le font siéger au comité  « Human Rights Watch » à Paris. L’écrivain lui, se dit « concerné » plutôt qu’« engagé ». Il ne cesse d’œuvrer pour la tolérance et n’hésite pas à prendre la plume pour interpeller aussi bien les lecteurs que les grands de ce monde - même si son écriture dérange parfois par ses sujets tabous et ses personnages marginaux, car Monsieur Ben Jelloun est ainsi fait : « témoigner, parler, écrire… ça ne change pas le monde. Mais le silence non plus. » ! 
Riche de sa bi-nationalité franco-marocaine, il se sert de sa double identité et de son vécu personnel afin de livrer son regard éclairé sur l’époque, sur les conflits de la planète et le climat politique et sociétal de ses pays d’origine et d’adoption. 

 

Tahar Ben Jelloun

Les mots se jouent des visas pour entrer dans la littérature.

Très concerné par les faits de société, il considère que le rôle de l’auteur est « de mettre le doigt sur la merde dont personne ne veut parler » ! Il a ainsi très finement traité du sujet délicat du Printemps arabe et de la révolution du Jasmin à travers Par le feu, ou il emmène le lecteur dans le quotidien d’un jeune Tunisien surdiplômé, marchand ambulant, qui est humilié et chassé par des policiers corrompus. Après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, il a ressenti la nécessité d’expliquer dans « L'Islam expliqué aux enfants »  ce qu’était vraiment l’Islam et la civilisation arabe ; de même qu’au lendemain des attentats de Paris, il a trouvé les mots justes pour évoquer le fondamentalisme islamique dans « Le Terrorisme expliqué à nos enfants » à travers un dialogue virtuel avec sa fille. 


L’écriture comme arme d’éducation et de construction massive  ? Tahar Benjelloun le reconnait :  

quand on vient d'un pays du tiers-monde, l'écriture peut paraître comme un luxe, mais le silence devient un crime à ce moment-là, parce qu'il y a tellement de choses à dénoncer que le devoir de l'écrivain, c'est d'écrire, de les dire même si son peuple n'est pas capable de les lire

 

Avec une cinquantaine d’œuvres signées depuis les années 70, l’écrivain prolifique a été maintes fois récompensé : par un Prix Goncourt en 1987 pour La Nuit Sacrée, le prix de l'amitié franco-arabe pour son recueil de poèmes Les amandiers sont morts de leurs blessures, le prix IMPAC pour Cette aveuglante absence de lumière ou le prix Ulysse pour l'ensemble de son œuvre. Il a en outre été distingué par le Prix de la Paix Erich Maria Remarque pour son œuvre favorisant la coexistence pacifique entre les cultures chrétienne et islamique et le prix des Nations unies pour la Paix remis par Ban Ki-moon.

 

Le succès de l’auteur le plus traduit de la francophonie s’explique autant par les thèmes qu’il aborde que par sa façon si déconcertante de « parler » au lecteur. Ces personnages qui nous semblent si familiers, si proches de nous, sont empruntés à son propre entourage - des oncles et tantes, des cousins ou cousines mais aussi ses propres enfants - qui donnent vie à ses romans empreints de vérité, d’exigence et d’humanité.  
Dans « Le mariage de plaisir », c’est de son fils Amine (atteint de trisomie 21) qu’il s'inspire pour le personnage de Karim, un enfant trisomique dans une société traditionnelle.

 

LIRE LA PEINTURE


On connaissait le talent littéraire de Tahar Ben Jelloun, on ne le savait pas également artiste peintre. Mais ce talent supplémentaire est-il réellement une surprise venant de celui qui sait si bien manier la plume ? Cicéron disait qu'un poème est une peinture loquace et la peinture un poème muet.

La peinture de l’artiste Ben Jelloun semble « vivante » : de franches couleurs foisonnantes, des signes affranchis de toute contrainte, une liberté mais surtout une joie qui se ressentent dans les moindres détails. 
Les tableaux colorés de Tahar Ben Jelloun évoquent, selon ses propres mots: « le pays natal, le pays intérieur, celui de mon imaginaire fait de voyages, de rencontres et d’étonnements. C’est le rythme de ma respiration, de ma liberté entêtée et du désir d’aller habiter une prairie qui change de couleur et de lumière, pensant malgré tout que l’art sauvera le monde. »


L’artiste revendique être un autodidacte encore en apprentissage mais la peinture l’a depuis toujours habité et accompagné. Observateur et admirateur, il a écrit sur différents peintres et sculpteurs, marocains (Belkahia, Bellamine, Chaïbia, Gharbaoui, Kacimi…) ou non (Matisse, Giacometti, Claudio Bravo, Mimmo Rotella…)
S’inspirant de ces artistes, il propose des toiles lumineuses et positives, influencées par ses rencontres, ses voyages et son bonheur intérieur.

 

J'écris sur la douleur du monde et je peins la lumière de ce même monde

 

L'Institut du monde arabe lui a donné carte blanche pour présenter sa création en devenir qui réunit ses travaux sur toile et papier, mis en regard d'œuvres d’artistes qu’il aime et confrontés à ses manuscrits.


Vous pouvez retrouver ses œuvres exposées à la Galerie Nationale de Dubaï du 19 mars au 18 septembre 2018.

Rencontre avec Tahar Ben Jelloun et signature d’ouvrages

Mardi 20 Mars de 10h à 12h à l’Alliance Française Dubaï
Entrée Gratuite (Public & scolaires)
Réservation : mediatheque@afdubai.org

tahar ben jelloun


 
Exposition de ses œuvres à la Galerie Nationale du 19 mars au 18 septembre 2018

 

Sofia BENJELLOUN AMRI (l'Alliance Française)

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