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JACQUES BREL - Rencontre avec un ami de haut vol

Par Alliance Française à Dubai | Publié le 06/11/2018 à 19:10 | Mis à jour le 06/11/2018 à 19:21
Jacques Brel dubai

Il y a 40 ans, le célèbre Jacques Brel s’envolait vers un autre monde, vaincu par le cancer. On l’admirait pour ses qualités de poète, de chanteur et d’acteur, mais ce grand rêveur avait une autre passion que le public ne lui connaissait pas : l’aviation.

C’est Jean Liardon, pilote suisse et instructeur de vol qui a appris au grand Jacques - qui rêvait d’être pilote professionnel - à piloter un jet et qui partagea ses 10 dernières années à faire les 400 coups aux quatre coins du monde. Une belle histoire d’amitié que l’instructeur vaudois a accepté de livrer dans « Voir un ami voler », écrit avec le journaliste Arnaut Bedat, bourré d’anecdotes sur le chanteur et qu’il va livrer à l'auditorium de l’Alliance Française le 14 novembre prochain.

 

Jean Liardon

 

La première rencontre avec Jacques Brel

Un matin de 1969, à l’école des Ailes près de Genève, mon directeur m’informe qu’un monsieur désire se renseigner sur une formation de pilote professionnel. Je descends au café et je vois Jacques avec 3 élèves en train de boire des verres. Il était 11h du matin, autant dire que j’étais plutôt sceptique quant au succès de cette formation… Il se présente à moi naturellement en me disant « je veux absolument devenir pilote professionnel. Je dois pouvoir voler aux instruments et me déplacer sans contrainte de météo ». Puis il commence à me parler de ses projets en cours, de ses 3 films en tournage… Je le mets en garde qu’il doit suivre sérieusement cette formation qui exige discipline et régularité. Il hésite, me regarde et s’engage à suivre correctement le programme. Et puis les cours commencent, toujours à 8 heures du matin…

 

Le meilleur souvenir

Il y en a tellement, mais un restera à jamais dans ma mémoire. On faisait notre vol de Paris direction La Guadeloupe. On s’est arrêtés à Keflavik, une petite ville de l’ouest de l’Islande, pour faire un fuel stop. Je regardais le paysage, cette ville haute en couleurs, soudain Jacques me prend par les épaules et me dit « regarde Jean, comme tout cela est beau, comme tout cela est typique ».  Cette intervention de Jacques qui m’associe à son plaisir d’être là revêt un caractère sacré pour moi.

Un autre souvenir évoqué dans le livre, l’arrêt catastrophe au Groenland… En direction de la Guadeloupe, une étape est prévue à Narsarsuaq. L’appareil se pose en catastrophe à cause des fjords, et une pièce du train d’atterrissage se casse. Toute la troupe se retrouve coincée sur place durant trois jours. C’est là que Jeannine m’annonce qu’elle est enceinte ! Et que Jacques accepte d’être le parrain de mon deuxième enfant…

 

Une anecdote

Jacques avait appris à voler un Jet affaires, qui vole à très haute altitude. On devait faire un vol court entre Genève et Nice. On survole les Alpes, à 7000 mètres d’altitude, l’avion vol autour des 800 km/h. Je suis en train de faire des annotations sur le livre technique. Je ressens que l’avion change de rythme, de bruit et je constate que la vitesse est passée de 800 à 400 km/h et qu’elle diminue encore. Je dis à Jacques « que fais-tu ? Ne ralentis pas plus sinon on va rejoindre les Alpes plus vite que tu ne le penses ! ». Et là il me dit « regarde, admire, c’est tellement beau ! ». Une fois de plus, Jacques observait et prenait plaisir au vol. Il m’a appris à toujours avoir une réflexion sur les choses de la vie, à être plus humain, à observer et s’intéresser aux gens.

« L’avion est le seul endroit où je n’ai pas besoin de musique, de mots. Tu entends ce silence, cette vie arrêtée sous nos pieds ?». Voilà ce qu’il dira un autre jour lors d’un vol d’entrainement.

 

Pourquoi ce livre maintenant 

J’ai été contacté par le journaliste Arnaut Bedat que j’ai rencontré à Cointrin dans une pizzeria de l’aéroport. Il me présente son idée de livre mais moi je lui dis directement « Je suis pilote, pas écrivain ». Il me convainc de mettre par écrit tous ces beaux souvenirs avec Jacques et de dévoiler certaines facettes de lui inconnues du public.

 

Je voudrais un joli avion

Pour voir l’ bon Dieu

Un bel avion souple et léger

Qui m’emmènerait haut dans les cieux 

                                                  Ballade - Jacques Brel

 

Retrouvez plus d’anecdotes sur Jacques Brel le mercredi 14 novembre à 20h à l’Alliance Française Dubai

Billets: 45 AED/non-membres - 35 AED/AF membres

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Sofia BENJELLOUN AMRI

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