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Richard Drew privilégie l’enseignement du français à l'école JBS

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 25/01/2020 à 18:27 | Mis à jour le 25/01/2020 à 18:46
JBS ecole francophone Dubai

Choisir une école et un cursus à Dubaï s’apparente toujours à un casse-tête complexe visant à faire coïncider de nombreux impératifs pédagogiques, scolaires, géographiques, linguistiques, et j’en passe. Les ouvrages et les articles sur le sujet abondent. Mais ensuite il faut trouver un équilibre entre les recommandations diverses - des amis, des professionnels, et de tout un chacun… et son coup de cœur personnel. Car oui, une école est aussi une affaire de cœur. Alors voici un coup d’œil sur une école, oui, une de plus, mais qui nous a séduits par son approche : nous rencontrons aujourd’hui Richard Drew, le proviseur de Jumeira Baccalaureate School, une école anglophone IB du groupe Taaleem, nichée dans un joli campus en plein Jumeira 1, souvent méconnue du grand public malgré son ancienneté et sa particularité : une relation profonde et de longue date avec la communauté francophone, et l’enseignement du français à travers les outils de la pédagogie IB qui en font une école tout à fait unique en son genre et très appréciée des parents qui lui sont fidèles. Richard nous raconte sa vision pédagogique qu’il souhaite implémenter au sein de JBS, où le sens de communauté, le lien entre parents, professeurs, membres du management et élèves est le cœur de l’école.

 

Lepetitjournal.com/dubai : Pourquoi l’accent mis sur le français, dans une école anglophone IB?

Richard Drew : C’est vraiment le reflet de notre relation avec notre communauté de parents d’élèves : au vu du quartier dans lequel nous sommes établis, nous sommes entourés de nombreuses familles francophones, et nous avons toujours privilégié un dialogue totalement ouvert et réactif avec l’ensemble de nos élèves et leurs parents. L’implémentation de ce programme francophone répond à leur demande et à leur besoin, tout simplement. Bien sûr nous aurions pu nous arrêter à l’apprentissage du français tel qu’il est pratiqué comme langue secondaire dans de nombreux autres établissements, mais ce programme francophone c’est notre façon de dépasser les attentes et de nourrir justement ce rapport d’échange et de confiance entre une communauté importante de notre école et sa direction. C’est un échange extrêmement constructif qui demande énormément d’implication de la part de tous les participants, et qui nourrit un cercle vertueux de retombées positives. En tant que parent moi même, en tant qu’enseignant, qu’éducateur, nul doute que l’enseignement de toute langue supplémentaire est incroyablement important, fondamental. Et humblement, sans doute parce que c’est précisément ce qui a fait défaut dans ma formation personnelle, et par ce qu’en tant que parent et éducateur encore une fois on tente toujours de transmettre d’autant plus ce dont soi-même on a pu manquer, ainsi mettre l’accent sur l’apprentissage des langues est fondamental à mes yeux.

Aujourd’hui qu’en est-il de ce programme francophone ? Quels sont les progrès accomplis en presque dix ans et vers quoi souhaitez vous le porter ?

 

Lorsque j’ai pris ce poste il avait été question de freiner ce programme, une décision que j’ai repoussé sans équivoque, car elle me semblait absolument contre productive. Je suis extrêmement heureux aujourd’hui de l’immense fidélité de notre équipe d’enseignants du primaire, qui nous ont aidé à consolider et faire progresser le programme, et fier de nos élèves qui ont vraiment prospéré au travers de ce curriculum auquel se rajoute aujourd’hui des classes parascolaires proposées par notre partenaire l’Alliance Française, et qui complètent et approfondissent l’enseignement de nos professeurs. Ma vision aujourd’hui est de consacrer nos énergies à ce que tous ces élèves qui se dirigent maintenant vers le secondaire continuent d’être soutenus dans cet apprentissage, qu’ils puissent présenter le français à leurs examens IB. Il s’agit bien entendu de trouver un équilibre entre la volonté indiscutable de porter ce programme en avant et le nombre d’élèves inscrits par classe, c’est pour cela que nous sommes heureux de communiquer au delà de notre communauté : il faut savoir que Taleem soutient vraiment ce projet, et que le français est sans conteste aujourd’hui la troisième langue de JBS. Par exemple à chaque assemblée ou célébration, lors des discours de présentation nous avons des élèves qui vont s’exprimer en anglais, en arabe et en français…

J’imagine que cette volonté s’inscrit aussi dans un effort plus vaste visant à développer tout le pôle des langues ?

Tout à fait : nous avons aujourd’hui un directeur des langues qui travaille en synergie avec notre équipe francophone, et nous avons des projets de développer aussi d’autres langues secondaires : l’italien, l’allemand, le mandarin en particulier. Nous sommes une école profondément IB, avec un personnel enseignant et des membres de la direction formés à de nombreuses années de pratique de ce système éducatif, mais nous sommes une école IB qui se targue de promouvoir une formation linguistique de pointe, jusqu’au secondaire, avec l’envie aussi d’offrir la possibilité d’un diplôme bilingue. Notre implication auprès des parents, des élèves et des enseignants fait que l’enseignement des langues, en particulier du français, est aujourd’hui un curriculum très solide, soutenu par des enseignants passionnés qui se sont impliqués bien au delà du nécessaire, qui ont su se former aux principes de l’IB et les utiliser de façon à y intégrer la transmission du programme de français, fidèles à l’école et à ce projet : ce n’est pas un titre artificiel, une étiquette publicitaire qui dirait  « nous sommes une école bilingue » - ce que nous ne sommes pas encore, mais que nous serons peut être un jour - c’est un projet authentique, soutenu par tous de longue date, et qui correspond à des critères très stricts, entre autre le fait que nos enseignants du programme français sont tous rigoureusement francophones, et que nous suivons les directives de l’Éducation Nationale Française.

Si vous avez un rêve pour JBS, et en particulier pour ce programme francophone, quel serait-il ?

Pour JBS sans aucun doute de continuer à développer notre « pôle langue » et devenir une école d’excellence IB avec un apprentissage des langues vivantes diversifié, tout en continuant de nourrir ce cercle vertueux qui fait, je le crois, notre spécificité, cette relation de dialogue et d’échange créatif avec toute la communauté de l’école : parents, élèves, enseignants, directeurs. Pour le programme francophone, j’ai hâte que nos élèves « franco » puissent présenter leurs diplômes en bilingue, qu’ils parviennent à des scores de 40 points et plus avec des 7 en français, qu’ils intègrent des universités Européennes francophones prestigieuses comme c’est déjà le cas de nos élèves anglophones qui sont aujourd’hui au sein des trois plus prestigieuses universités Anglaises, Américaines et Canadiennes. Oui ce serait une grande satisfaction de pouvoir ajouter à cette liste les grandes écoles françaises et francophones !

 

 

 

Quelques mots avec Mme Valérie Labedan, une des enseignantes du pôle francophone de JBS, qui avec ses collègues toutes trois infiniment passionnées - fait vivre à JBS un  programme de français riche, dynamique et complet, et pas tout à fait comme les autres. Écoutons-la nous en donner les détails pratiques et pédagogiques:

 

Lepetitjournal.com/dubai : Quel cursus francophones sont-ils proposés aux enfants de JBS?

Valérie Labedan : Nous avons deux programmes de français : un programme de français langue étrangère ainsi qu’un programme de français qui s’adresse aux enfants dont le français est la langue maternelle, et que nous avons choisi de nommer « programme francophone » pour refléter la diversité de la communauté francophone présente dans l’école. Ce dernier s’inspire du programme de l’Éducation Nationale Française et s’articule autour de l’acquisition fondamentale de savoirs académiques : orthographe, conjugaison, grammaire et vocabulaire. Par ailleurs les enfants sont encouragés à acquérir une vraie méthodologie de travail qui s’appuie sur des capacités d’analyse et de synthèse, ainsi que sur une mise en œuvre des savoirs acquis. C’est d’ailleurs l’objectif principal du système IB qui met l’accent sur cette approche par compétences, un curriculum riche et équilibré qui à mes yeux est l’archétype du curriculum du XXIème siècle.

L’importance de l’écriture cursive : quelle est-elle à vos yeux? 

Nous insistons beaucoup sur l’importance de l’apprentissage de l’écriture cursive dans notre programme. On peut se demander pourquoi de nos jours enseigner l’écriture cursive aussi appelée « écriture manuscrite » ou « lettres attachées » : après tout, bien des pays (dont les États-Unis et la Finlande) n’enseignent plus que l’écriture en « scripte », que l’on appelle aussi « lettres détachées ». Le code strict de cette forme d’écriture présente de très nombreux avantages d’apprentissage : grâce aux lettres attachées, l’élève sera moins enclin à faire des lettres miroirs [p/q, b/d]. Les espaces entre les mots sont plus évidents et il y a moins d’erreurs concernant les lettres minuscules et majuscules. Si au début, l’écriture cursive est plus difficile à maîtriser, une fois les gestes automatisés, l’orthographe et la connaissance des règles de grammaire ou la syntaxe des élèves ayant appris l’écriture cursive sont nettement meilleures, leurs travaux écrits sont plus longs et de meilleure qualité qu’en écriture scripte. De plus, comme l’accent est mis sur le mot, et non la lettre, sa pratique permet de mieux comprendre le concept de « mot » comme entité, ce qui facilite l’apprentissage de la lecture. Le geste cursif, c’est-à-dire l’enchaînement des gestes, permet à l’enfant d’écrire plus vite et rend plus fluide le mouvement graphomoteur, ce qui aide aussi à ne pas perdre le fil de ses idées.

Comment sont évalués les enfants, comment savoir quel est leur “vrai” niveau de français?

Au sein du programme francophone, les évaluations prennent la forme d’un contrôle continu (le fait que les élèves soient en petits groupes nous permet d’évaluer et de vérifier leurs progrès de façon informelle et constante). Les évaluations sont aussi formelles et trimestrielles : elles nous permettent de vérifier l’acquisition des connaissances, mais elles servent aussi de références permanentes pour adapter les méthodes pédagogiques à mettre en œuvre pour les faire progresser, chacun selon ses propres spécificités.

Mais la véritable évaluation de notre programme a en fait lieu lorsque des familles qui en ont bénéficié nous quittent et réintègrent des écoles françaises ou francophones. C’est à ce moment-là que nous pouvons vraiment juger de son efficacité. Nous restons d’ailleurs en contact avec ces familles qui repartent soit en France soit dans d’autres pays francophones et qui nous donnent des nouvelles des enfants et de leur retour dans le système français : les témoignages que nous avons recueillis ont été jusqu’à présent très positifs et encourageants. La plupart des enfants sont capables de se réadapter au cursus et au système français rapidement, et sont aussi forts d’une pédagogie IB qui leur permet d’être proactifs dans leur apprentissage, de travailler de façon indépendante et avec méthode, oui, ils réussissent bien « le grand saut » du retour d’expatriation… malgré le fait que JBS leur manque beaucoup (sourire).

 

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