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OMAR DANIAL – SISD,  l’école du futur 

Par Tiffany BUSSER | Publié le 26/08/2018 à 06:00 | Mis à jour le 26/08/2018 à 06:00
Omar Danial SISD

Omar Danial, fondateur de la Swiss International Scientific School inaugurée en 2015, accomplit une carrière pluridisciplinaire mais le rêve d’une école ne l’a jamais quitté.

Discret, observateur, cet homme s’exprime avec la conviction  rassurante d’un patriarche qui vit avec son temps. Il aborde l’éducation comme un écosystème, partage sa vision d’un établissement scolaire résolument tourné vers l’avenir et invoque l’empathie comme valeur essentielle à transmettre. 

 

 

Lepetitjournal.com / Dubai : Quelle est votre vision pour l’école Suisse ? 

Omar Danial : Ma vision originelle est de développer une école du futur dans une ville du futur. D’une part, nous sommes la première école certifiée MINERGIE (un label international lié au développement durable et à la consommation d’énergie) obtenu avec la collaboration de L’EPFL. D’autre part, en 2012, nous sommes partis d’un concept classique - école et pensionnat - mais avec un projet académique novateur. Nous mettons en avant un enseignement bilingue dans sa forme la plus pure, à savoir l’alternance des langues d’une semaine à l’autre pour une immersion totale. Nous sommes aussi une alternative aux autres écoles du Golfe grâce à l’IB (Baccalauréat International) et à la Maturité suisse. Le boarding (pensionnat) est en ligne avec le fort potentiel de Dubai comme plateforme éducationnelle. 

 

Pouvez-vous nous parler du système pédagogique ? 

O. D : On peut même parler d’écosystème : l’école n’est plus un simple établissement, elle doit avoir une dimension de service. Nous multiplions les partenariats et les solutions pour qu’éducation et développement personnel opèrent main dans la main. 

 

Par exemple en Suisse, 80% des jeunes suivent une voie professionnelle ou un apprentissage dans une école spécialisée, 20% passent la Maturité classique. Il ne s’agit donc pas seulement de délivrer un diplôme mais de dérouler une architecture de service ouverte dont l’objectif est l’épanouissement, la réalisation de l’élève, son intéressement à tous les paramètres. Il est faux que système pédagogique et développement personnel de l’enfant aillent de pair. Nous encourageons les contacts avec le monde professionnel (un programme d’immersion de cinq semaines vient d’être lancé). La dimension « edutainment » (contraction d’éducation et entertainment ndlr) favorise les activités extra-scolaires sur le campus avec des fournisseurs spécialisés à forte valeur ajoutée comme Robotex. 

 

Enfin, nous avons à cœur de faire germer chez les enfants les « softs skills » (compétences générales) de demain. Entre autres l’empathie sera essentielle à mon sens étant donné le contexte technologique. 


En France et en Suisse notamment, la tendance est à la mise à jour du système pédagogique. Cette tâche revient en partie au gouvernement mais notre rôle est essentiel. Nous avons signé un partenariat avec le Canton du Valais pour des échanges pédagogiques (élèves et enseignants) et mettons en place dialogue avec l’état fédéral. 

 

SISD

 

Le concept de pensionnat, « flexible » qui plus est, est assez nouveau ici, quel est votre challenge majeur ? 

O.D : Nous devons promouvoir Dubai comme une base pertinente pour un pensionnat du point de vue pratique (visas, logistique, voyages etc..) et nous faisons évoluer la perception de cette ville comme plateforme pour l’éducation aussi.  

L’idée n’est pas seulement de faire venir les pensionnaires ici mais aussi de donner la possibilité aux familles résidentes d’utiliser Dubai et l’école comme une base pour les enfants. Le « flexi-boarding » (pensionnat flexible et à durée limitée) permet aux parents qui voyagent de bénéficier du support de l’école comme relai temporaire.

 

Quel est l’avantage d’une telle infrastructure à Dubai ? 

 

O. D : Pour les parents, il y a l’avantage géographique. Non seulement notre emplacement facilite le recrutement d’un personnel éducatif de qualité mais il présente aussi un accès aisé et rapide, ce qui les rassure. 
Les enfants quant à eux prennent de plus en plus part au choix, notamment grâce à internet. Nous présentons une vision progressive qui se distingue du modèle classique. Nous répondons à l’idée de modernité d’un adolescent tant au niveau du campus qu’au niveau du système pédagogique. 

 

De manière générale, comment sélectionnez-vous les pensionnaires ?

O.D : Notre taux d’acceptation se situe entre 10 et 20%. Pour 200 demandes, actuellement onze enfants ont été pris. Globalement, entre 3000 et 4000 élèves sont en pensionnat dans des écoles suisses. Nous sommes une nouvelle alternative à ces établissements hors de suisse et notre capacité représente environ 10% de ce marché. Notre croissance ne se veut absolument pas industrielle mais organique. 

 

Quelle a été votre propre expérience de l’école ?

O.D : J’ai été éduqué au collège du Léman jusqu’à mes 14 ans. Je rêvais déjà d’avoir une école et son pensionnat ! J’étais assez seul à la maison et j’enviais la fraternité des élèves du boarding, l’idée d’une seconde maison, d’une communauté et de ses activités après l’école. D’autant que Mr Clivaz, le fondateur - désormais présent au conseil de notre école - est humain et chaleureux. Il m’a beaucoup inspiré ; cette fluidité, cette continuité entre l’école et la vie  m’inspire encore aujourd’hui – j’envisage l’éducation comme un style de vie global. 

 

 

Pourquoi une école suisse ? 

O.D : C’était logique. L’IB (Baccalauréat International) a été inventé à Genève en 1968 et la notion d’école Suisse internationale n’existait pas ici. Le « label suisse » nous lie à des valeurs de qualité plus qu’une marque. Elles se résument ainsi : BEST, soit Bilingue – Excellence – Sustainability – Together. En suisse, l’éducation est un paramètre important, reconnu internationalement et pourtant sous exploité. La Suisse a toujours su exporter ses valeurs, alors pourquoi ne pas développer cela ? Nous sommes en lien avec le ministère de la Culture et sous le patronage d’un état cantonal sans être une école gouvernementale, ce qui nous laisse une réelle autonomie, notamment pour innover. 

 


Qu’est-ce qui vous inspire cette école « du futur » ?

O.D : Comme tout parent je veux offrir le meilleur à mes enfants. J’ai développé une école avec cette motivation et voudrais diffuser ses connaissances et ses valeurs autant que possible. Je ne parle pas d’un point de vue commercial mais d’un point de vue humain. C’est ce qu’il y a de beau avec la technologie, elle permet d’atteindre les gens au-delà du paramètre physique et de transmettre des valeurs positives.

 

C’est aussi cela que je veux transmettre à nos enfants: l’idée que les opportunités futures sont à aborder avec bienveillance pour le reste du monde et non pas seulement dans un souci d’enrichissement. Avec les réseaux sociaux, nos enfants réalisent déjà les enjeux moraux à l’échelle de la cyber sphère. Apprendre à réfléchir avec les technologies, épouser le progrès intelligemment, ce n’est pas une utopie mais une prise de conscience, avant tout éthique. (SISD est une des rares écoles à avoir engagé un directeur Innovation & Technologie ndlr).

 

Je trouve très inspirants les travaux de Singularity University (dans le parc de recherche de la NASA en Californie), par exemple sur les technologies exponentielles. Le travail d’autres écoles m’inspire aussi. On peut initier les technologies du futur en interne ou ouvrir les perspectives, tout cela sans cannibaliser l’attention ou le diplôme. Au contraire, nous le faisons avec la volonté d’ouvrir la voie vers les universités ou les carrières auxquelles nos enfants voudront accéder, en harmonie avec la vocation première de l’école.

SISD

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