MAJDI ABED : "Nos entreprises bénéficient d’un réel savoir-faire"

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 13/09/2017 à 09:37 | Mis à jour le 22/07/2019 à 11:16
Majdi Abed

En poste de 2014 à 2018, l'ancien consul général de France nous avait parlé lors d'un entretien de son rôle et de la place des Français aux Emirats. 

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Comment le consulat général à Dubaï, complète-t-il l’ambassade d’Abu Dhabi ?

Il y a plusieurs formes de présences consulaires, comme la section consulaire, le consulat simple ou le consulat général. La particularité des Emirats arabes unis, qui sont une fédération, ainsi que l’importante communauté française de Dubaï justifie le fait d’avoir un consulat général. Ce dernier a compétence sur tous les Emirats sauf sur celui d’Abu Dhabi. Il inscrit son action, en synergie avec celle de l’ambassade, en priorité dans le domaine consulaire mais également dans les secteurs économique, politique et culturel. Le fait d’avoir une ambassade dans la capitale et un consulat général dans une autre ville importante est une configuration que l’on retrouve dans d’autre pays dans lesquels la communauté française est particulièrement développée et dynamique, comme, Washington et NY, Camberra et Sydney, Brasilia et Rio…

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Quel est le rôle du consulat auprès de ses ressortissants ?

Le consulat fournit à nos compatriotes une large palette de services que l’on peut trouver en France soit à la mairie, soit à la préfecture (passeport, carte d’identité, inscription au registre, Etat-civil…). En cas de difficulté, il apporte également ce que l’on appelle une « protection consulaire », c’est à dire qu’il s’assure du respect des droits de nos compatriotes au regard de la législation locale et des conventions internationales. Il faut cependant garder à l’esprit que cette protection est encadrée. Le site internet du Consulat précise ce qu’il est possible de faire et ce qui est en dehors de notre compétence ou de nos attributions. Nous ne pouvons, par exemple, interférer dans le cours de la justice émirienne, ni apporter un soutien financier – qu’on nous demande souvent – à ceux qui se sont mis dans une situation difficile. En résumé, nous nous employons à venir en aide à nos compatriotes dans la mesure de nos moyens.

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Quel conseil justement donneriez vous en priorité aux nouveaux expatriés arrivant aux UAE ?

 

Ce n’est un secret pour personne, la vie aux Emirats peut être agréable et la qualité du quotidien combiné aux opportunités de travail en font une destination particulièrement appréciée. Il ne faut cependant pas oublier la géographie. Dubaï est située au Moyen Orient. L’émirat, comme le pays, a ses lois, ses traditions, ses valeurs et ses principes. Ils doivent être respectés même si parfois ils ne s’accordent pas pleinement avec les apparences ou les perceptions qu’on en a.

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Et quels sont vos liens avec les entrepreneurs français ayant choisi les UAE ?

 

Notre mission consiste également, dans le cadre de « la diplomatie économique », à apporter un soutien aux entreprises françaises. Conseils, relais et échanges d’information….les moyens d’assister et de soutenir (et non « supporter », anglicisme trop souvent utilisé et qui est loin d’avoir le même sens en français !) les entreprises françaises sont variés. Notre action s’inscrit bien entendu en concertation et en coopération avec la mission économique de l’ambassade, Business France et le French Business Council.

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Que savez-vous, en tant que consul, sur la communauté de vos compatriotes ?

 

Je peux vous dire qu’en 2016 notre communauté enregistrée a connu une croissance de 12%, ce qui peut s’expliquer par l’arrivée constante de nouveaux expatriés mais également par l’effet « élections » qui a conduit certains non-inscrits à franchir le pas de l’inscription afin de pouvoir voter. Selon nos estimations nous sommes environ entre 25 et 30 000 Français à l’heure actuelle, et sans doute entre 35 et 40 000 dans le pays. Certes les Britanniques (plus de 100 000) et les Américains (autour des 50 000) sont plus nombreux mais depuis le Brexit, nous sommes la première communauté de l’UE !

J’en profite pour inviter tous nos compatriotes qui ne l’ont pas encore fait à s’inscrire. Cette formalité peut être réalisée sur internet. L’inscription permet de mieux connaitre notre communauté et donc l’assister en cas de problème. Elle facilite les formalités administratives et permet également d’adapter les moyens du consulat afin d’offrir le meilleur service possible. Dans cet esprit, une série de mesures est progressivement mise en œuvre afin de faciliter les démarches et d’améliorer le service offert aux usagers.

 

Pour en revenir à la qualité de notre communauté, que les autorités locales relèvent régulièrement, son dynamisme est reconnu. De nombreux compatriotes ont lancé leur société et connaissent le succès. Nos entreprises bénéficient d’un réel savoir-faire et d’une compétence parfois méconnue. Il nous faut sans conteste communiquer davantage sur nos forces afin de faire évoluer une perception qui se fonde sur de vieux clichés.

 

Lepetitjournal.com/dubaï : quelques mots enfin, sur « votre Dubaï » ?

 

Mon Dubaï ? C’est le plaisir de travailler dans une cité-Etat qui tend à devenir un laboratoire incroyable et une plateforme économique fascinante. Le dynamisme et la volonté, que l’on retrouve également dans la communauté française, de l’émirat sont souvent communicatifs. Cette énergie toute particulière rend ma mission passionnante. Et puis c’est agréable d’avoir le soleil toute l’année et de résider assez près de son lieu de travail, luxe que je ne peux me permettre à Paris…

 

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