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KYRA DUPONT TROUBETZKOY – Son nouveau roman coup de poing !

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 29/07/2018 à 06:00 | Mis à jour le 29/07/2018 à 06:00
kyra dupont troubetzkoy

Lire À l’Hermine Blanche c’est marcher dans la neige a vive allure, le souffle coupé par l’émotion, le froid dans les poumons et en même temps une joie rare, celle du lecteur qui dévore un livre intense, celle d’une écriture vivante, à fleur de peau, forte et précise.

 

Retrouvailles avec Kyra Dupont Troubetzkoy, un auteur que vous connaissez sans doute, mais qui va vous surprendre. Voici À l’Hermine Blanche, un chalet dans une montagne de conte de fée, qui comme tous les contes va distiller, entrelacés dans ses pages, la peur de l’ogre, le poison de la sorcière, une princesse des neiges toute scintillante de beauté sur qui le sort va s’acharner, et l’enchantement de l’amour fou.

 

Seulement l’ogre n’est pas un géant hideux, mais plutôt celui qui dévore les âmes de l’intérieur, et la sorcière n’est pas celle que l’on croit. Le cœur en otage d’une minuscule Sacha de cinq ans à peine, nous voici lecteur emporté par la bourrasque des chagrins et des grandes douleurs, plongés dans le mystère de l’enfance si bien rendue : si peu de mots et toute de sensations : le vent froid qui fait claquer la chemise de nuit, le grain de la pierre sous la pulpe des doigts.

 

La galerie des personnages fascinants – et dont aucun n’est vraiment secondaire - se met en place, le jeu de tarots peu commencer, et nous avançons à tâtons vers le ventre du mystère, comme dans le labyrinthe du monstre, le cœur serré mais tournant les pages à la hâte, et déroulant tous les volets d’une vie si romanesque et pourtant si vraie :

Paris, les fastes des grands bals russes du XIXème et des fêtes New-Yorkaises des années 70, mais aussi les amours, les passions, les mensonges, les mélancolies et les morts, les secrets, puis « le » secret.

Le tourbillon du monde et les orages intimes, la quête de soi, du passé et de la clé de voute qui supporte l’architecture de tout le roman, comme elle est aussi la clé intime de la narratrice, tous ces brins tressés bien serrés nous tiendront en haleine jusqu’au bout.

 

Kyra Dupont Troubetzkoy est une écrivain franco-suisse qui vit à Dubaï. Elle a déjà publié Petit essai assassin sur la vie conjugale (2011) et Le hasard a tout prévu (2013), Perles des Emirats, Qui sont ces femmes derrière le voile? (Éditions du Moment, 2014) et un guide humoristique sur la vie d’expatriée, My Fantastic Life in Dubai. 

Entretien avec l'auteur sur son dernier livre :

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Les lecteurs du Petit Journal vous suivent depuis Le Hasard a Tout Prévu et Les Perles des Emirats, mais aujourd’hui vous voici avec un livre bien différent, qui semble plonger ses racines en profondeur : à quand remonte sa genèse ?

 

Kyra Dupont Troubetskoy : J’ai toujours su que j’écrirai ce livre, mais sa gestation a été très lente. Je garde tout, lettres, dessins, papiers, tout m’est souvenir par peur peut-être de perdre la mémoire. C’est une longue enquête de presque dix ans qui m’a permis de réunir tout d’abord les documents portant sur ma famille, les histoires et les dits transmis de bouche à oreille, les détails de l’arbre généalogique, les photos perdues. Une fois accumulées toutes ces traces je me suis lancée dans une véritable enquête, un travail qui m’a permis d’aboutir à une première version, un récit foncièrement intime et autobiographique, une sorte de passage obligé.

 

Mais ce n’est pas cette version que nous lisons aujourd’hui ?

 

K.D.T : Non, absolument pas : ce premier jet m’était nécessaire, et il y avait encore des ponts à franchir avant le grand saut dans le roman. Comme par exemple mon voyage en Russie, découvrir le village d’origine de ma famille, l’immersion dans les tableaux, les maisons, les musées où partout je retrouvai des visages et des histoires familières, fouiller les archives, mettre mes pas dans ceux qui m’avaient précédée et comprendre les fragments éparpillés d’un récit truffé de non-dits, scruter les pièces manquantes du puzzle, savoir digérer cette masse d’informations, remonter le cours du temps, écrire « l’histoire de l’histoire » pour enfin pouvoir passer au roman.

 

Vous entrez en fiction à cet instant, et que se passe-t-il, est-ce un moment libérateur, un déclic ?

 

K.D.T : Oui et non : je ne crois pas au roman cathartique, pour moi la catharsis doit se faire en amont, afin justement de libérer la plume, de pouvoir écrire de façon cohérente, prendre du recul sans se laisser engluer dans ses névroses et dans des projections personnelles qui rendent l’écriture absconse. Il faut la maturité de la « digestion » pour parvenir à la distance juste avec sa propre histoire, d’autant que pour moi il ne s’est jamais agit d’un règlement de compte, mais tout simplement d’une histoire que je portais en moi et que je ne pouvais pas ne pas raconter. Une histoire si romanesque que quelque part je suis devenue écrivain pour pouvoir justement écrire ce roman-là : et c’est cette histoire-là en retour qui m’a donné des ailes, qui m’a fait écrivain.

 

« Parfois la fiction est plus proche de la réalité que la vérité », c’est ce que vous m’aviez confié la toute première fois que nous avions évoqué À l’Hermine Blanche…

 

K.D.T : Oui, pour raconter ce récit, le plus intime qui soit, j’ai cherché l’universel : ce n’est pas mon histoire, ni une autobiographie mais c’est « mon roman », nourri de l’enfance, des secrets, de l’indicible et de ce qui ne pouvait pas être tu plus longtemps. Il est né dans la douleur et dans l’urgence : urgence de dire, mais douleur de transmettre, de construire, de trouver la distance juste, et le narrateur adéquat. Et aujourd’hui il est, je l’espère, devenu ce roman qui vous touche et qui touchera ses lecteurs, parce qu’ils trouveront en lui non mon journal intime, mais l’expérience d’une intimité universelle.

 

Venez rencontrer l’auteur, et acquérir votre exemplaire, le 8 Novembre à 11h chez Comptoir 102.

 

Kyra Dupont Troubetzkoy présentera et dédicacera également son livre à La Médiathèque de l’Alliance Française le 27 novembre à 10h.

 

À L'HERMINE BLANCHE

 

 

 

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