Édition internationale

KARIM FEKIH - "Le respect du patient prévaut sur les finances !"

Écrit par Lepetitjournal Dubai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 25 décembre 2016

Le Docteur Karim Fekih  "exerce" depuis 10 ans à Dubaï comme chirurgien-dentiste, et possède depuis 2009 THE CLINIC, poly-clinique dentaire et médicale. Il a dû s'adapter aux exigences locales, et surtout au mode de fonctionnement de la profession !

lepetitjournal.com/dubai : Comment êtes-vous parvenu à monter votre clinique ici ?

Karim FEKIH : A la fin de mes études à Toulouse,  j'avais décidé de venir à Dubaï afin de me rapprocher de mes parents. Dans mon esprit je venais pour passer une année au soleil. J'ai été embauché comme dentiste dans une clinique locale. Et je me suis retrouvé à ouvrir en trois ans 5 branches pour ce même groupe. En 2009, Je me suis dit pourquoi ne pas monter à mon tour ma propre clinique : Une clinique dans laquelle j'aurais moi-même voulu être soigné, avec une image jeune et dynamique, situé dans le quartier le plus hype de Dubai, DIFC. 

Quelles différences percevez-vous entre la pratique en France et ici ?

Tout d'abord, les attentes des patients et la notion de service prévaut. En France, les besoins en soins dentaires répondent souvent à un besoin d'urgence. Alors qu'à Dubai, les requêtes sont plus d'ordre esthétique ou préventif. Donc nos patients sont en contrepartie plus exigeants.

Ensuite, la gestion d'un cabinet ou d'une clinique à Dubai répond à une logique plus entrepreneuriale. Cela correspond bien à l'esprit de Dubai! Ici on ne paie pas d'impôts certes, mais les exigences locales impactent fortement les coûts de fonctionnement. Ainsi, nous nous devons d'avoir une (voir plusieurs) infirmière(s) par praticien, plus de réceptionnistes pour couvrir des plages horaires d'ouverture plus large qu'en France, nous offrons également un service de voiturier à nos patients...

Autre différence, vous avez dû le remarquer, ici les médecins ont le droit de faire de la publicité ! J'ai toujours refusé de mettre mon nom ou le nom de mes docteurs sur un panneau d'affichage ou sur l'arrière de couverture d'un magazine. Il est important de savoir raison garder et de toujours maintenir une attitude intransigeante quant aux règles d'éthique.

C'est tout de même plus simple de pratiquer ici alors ?

Oui, mais il faut être très rigoureux : à Dubaï, si on échoue on perd tout, il n'y a pas de parachute. L'endettement peut amener à la prison. Il est ainsi impératif de toujours garder les pieds sur terre. 

On peut être vite tenté de faire de l'argent sur le dos des patients et d'oublier toute déontologie. Un praticien peut proposer trois sortes de traitement : le meilleur, le plus cher, et le plus rapide.  Nous nous devons toujours de choisir le meilleur. Il faut être à l'écoute de ses patients, leur consacrer le temps nécessaire, ne pas hésiter à passer au minimum 1 heure pour une première consultation.

Justement, quels conseils pouvez-vous donner aux lecteurs pour choisir un praticien de confiance ?

Les blogs d'expats sur les réseaux sociaux et le bouche à oreille. Le monde des expatriés est très petit: une réputation se fait ou se défait en un clic aujourd'hui. 

Il ne faut pas hésiter à lire la biographie de son praticien, à lui poser des questions sur son curiculum ( éviter tout de meme de lui faire passer un entretien d'embauche),  éviter les liens sponsorisés quand vous cherchez une clinique et in fine pendant la consultation fiez vous à votre instinct : votre praticien a t'il cerné vos besoins ? Est-il à votre écoute ? Vous a-t-il donné un devis clair? Si tel n'est pas le cas, consultez pour un 2e avis!

Pourquoi continuez-vous à pratiquer à Dubaï ?

J'ai pu gagner 10 ans de carrière ici ! Je n'aurais jamais pu monter ma propre clinique si rapidement et si facilement en Europe. J'ai pu adosser le département dentaire à un département médical offrant Pediatrie, médecine Interne, médecine générale... Chose absolument interdite en France! 

Et puis honnêtement, j'ai l'immense privilège de gouter à la "Dubai way of life". La crise de 2008 a enterré le cote paillette qui prevalait jusqu'à lors, pour laisser place un nouvel etat d'esprit : travailler plus, encore plus, toujours plus! Dubai aime les bosseurs et agit comme un accélérateur de carrière.

The Clinic

Village Gate 07, DIFC - 312th Road, Al Sa'ada St, Dubaï

Ouverture : de 8h à 20h, tous les jours sauf le Vendredi

Camille RENAUDIN (www.lepetitjournal.com/dubai) rediffusion du 6 mars 2016 

 

 

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Publié le 24 décembre 2016, mis à jour le 25 décembre 2016
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