Lundi 21 septembre 2020

GEOFFROY BUNETEL, président du French Business Council de Dubaï

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 01/08/2020 à 18:00 | Mis à jour le 01/08/2020 à 18:00
Geoffroy Bunetel

Rencontre avec le nouveau et jeune président du FBC, un expat arrivé la fleur au fusil plein d’enthousiasme et heureux de porter les couleurs de la France aux Emirats, à la tête d’une chambre du commerce ultra dynamique.

 

Lepetitjournal.com/dubai : Qu’est-ce qui vous a attiré à Dubai ?

 

Geoffroy Bunetel : J’arrive en 2012, avec un « spouse visa », c’est un peu moins habituel (rires) : effectivement c’est ma femme qui reçoit une proposition d’expatriation. À l’époque je travaille dans le domaine du conseil (dans le secteur public) depuis 10 ans, et ensemble nous décidons de partir en famille. De mon côté, pour la suivre je dois démissionner,  et je me lance donc un peu la fleur au fusil (rires).

 

Comment se passe votre arrivée ?

 

Je ne cache pas que les premiers mois sont durs, nous avons deux jeunes enfants (depuis, ils sont 3). C’est un gros changement pour moi qui ai toujours bossé, avec un parcours qui semblait jusqu’alors « tout tracé ». Plein de naïveté je m’imagine ces premiers mois à Dubaï comme une sorte de congé paternité « cadeau », du temps pour moi, pouvoir faire du sport, découvrir la ville... En fait pas du tout, du tout (rires) ! Nous logeons au Radisson Blue, Uber n’existe pas encore, mes deux enfants ne sont pas encore scolarisés, il est compliqué de se déplacer, pas de maison…Sans compter une montagne énorme de paperasserie à résoudre… Bref : il faut bien ces trois mois pour s’installer. Sans compter non plus que je découvre que le marché du travail n’est pas si simple : je poste mes demandes, j’envoie mes emails… et je n’ai aucune réponse. Je commence à m’inquiéter un peu : et maintenant ??!! (Rires)

 

Comment allez-vous inverser la vapeur?

 

Le FBC est ma première ressource précisément pour reprendre pied, et comprendre le marché émirati et la région grâce aux conférences pays, aux comités sectoriels. Les French Tuesday sont une de mes premières occasions de socialisation, je dépose mon CV au service, je rentre dans le circuit des français expatriés… et je fais la connaissance de Chalhoub qui sont (le groupe et Patrick en particulier) des membres très actifs du FBC. C’est une des raisons pour lesquelles la présidence du FBC m’intéressait, c’est que cela a été est une formidable plateforme de networking, d’échange d’information…

J’entre ainsi dans le Groupe Chalhoub début 2013 et je suis directeur de la stratégie depuis 2015. Et, en plus, président du FBC donc depuis octobre dernier.

 

C’est tout de même un poste très prenant donc avec trois jeunes enfants, une carrière, pourquoi faire ce choix de vous impliquer de la sorte auprès de la communauté des entrepreneurs français?

 

Disons que je ne suis pas tout seul non plus : je bénéficie d’une super équipe avec une organisation hors pair et en particulier une directrice talentueuse et énergique. Il y avait - je ne le cache pas - une dimension de soutien à l’image de la France, cette envie de représenter la France, mon pays, dans une terre ultra dynamique et pleine de défis tout en naviguant sur une plateforme qui interagit entre le privé et le public, avec des enjeux nationaux, une entité qui joue le rôle de passerelle - ce qui est toujours passionnant et qui est en outre cohérent avec ma formation et mon parcours. Mais surtout j’y ai vu une occasion unique de  développer des relations authentiques et riches avec des émiriens. Souvent on se croise dans le monde du travail sans vraiment interagir, tandis que là au contraire, ce rôle particulier me met en relation, au sens profond du terme, avec les têtes pensantes du pays, les entrepreneurs et les acteurs publics.

Geoffroy bunetel fbc dubai

 

En quoi consiste exactement votre rôle ?

 

Mon rôle n’existe pas sans notre équipe : 16 personnes qui font fonctionner la structure au quotidien. Ensuite c’est une entité qui fonctionne de fait comme une association, avec un board élu de 12 personnes bénévoles, et au sein de ce board 5 personnes qui forment le bureau proprement dit. Après on peut parler bien sûr de la dimension que j’aimerais y apporter : une dimension stratégique (nous nous réfléchissons à nos plans à l’horizon 2022), les grands forums (avec la RTA, DEWA par exemple en 2019), une réflexion sur notre offre vis-à-vis de nos membres ainsi que le format de nos évènements (French Tuesday, Gala) et surtout une orientation plus business : les entreprises françaises attendant de nous un vrai retour sur investissement, il faut que la plus-value business soit décisive. Bien entendu la dimension sociale est fondamentale aussi, mais on attend du concret, des contrats signés, des partenariats. J’aimerais aussi développer des liens plus forts avec les différentes chambres de commerce de la région, une vraie plateforme : nous sommes tout de même la 9e chambre de commerce internationale par le nombre de membres, alors que nous ne sommes pas sur une terre qui a une forte tradition d’influence française.

 

Justement comment diriez-vous que l’entrepreneuriat français se défend, confronté aux anglo-saxons, aux américains, aux australiens?

 

Nous sommes une des communautés les plus dynamiques, on se défend bien, je dirais même de mieux en mieux. Il existe aujourd’hui 1’000 entreprises françaises implantées aux Émirats, et les chiffres ne baissent pas.

 

Votre Dubaï?

 

Ce qui me fait sentir chez moi ici c’est de cuisiner pour ma famille et mes amis, et pour cela comme je manque de temps je fais appel à un super réseau de traîteurs (souvent français d’ailleurs !) pour des produits de très bonne qualité. Et puis comme tout le monde, j’apprécie le soleil toute l’année et une ville extrêmement “kids friendly” où les enfants petits ont une vie de rêve.

 

Article publié le 7 septembre 2019

 

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