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EMMA SAWKO – Le concept store Comptoir 102 d’hier et de demain !

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 05/05/2018 à 16:46 | Mis à jour le 22/05/2018 à 09:58
emma sawko

C’est avec beaucoup de plaisir que nous retrouvons Emma Sawko, une des fondatrices de l’incontournable Comptoir 102, il y a quelques années encore une île précieuse perdue sur Jumeirah Beach road qui aujourd’hui fait figure d’archipel du style et bien plus encore : un endroit vraiment unique au Moyen Orient, mêlant une sélection mode pointue et portable, cuisine vegan et alléchante, bijouterie fantaisie rock chic, une sélection éclectiques de déco, des pièces d’art de la table contemporain,  et bientôt encore de nouvelles surprises.

Ecoutons Emma nous raconter les rêves un peu fous qui l’ont poussé à dessiner Comptoir 102 tel qu’il est aujourd’hui, et tous ceux qu’elle se réserve encore pour l’avenir.

 

bague double comptoir 102

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Quelle est l’histoire derrière la naissance de Comptoir 102 ?

 

Emma Sawko - Je suis arrivée il y a sept ans, et comme de nombreuses « femmes d’expats » ce n’était pas pour moi une destination ni rêvée ni choisie, j’ai suivi mon mari ! J’avoue sans honte que ma première année d’acclimatation a été très dure, je me suis même posée sérieusement la question d’envisager des allers-retours depuis New-York (rires) mais ne suis pas restée dans le déni bien longtemps non plus. J’ai vite compris que pour faire mienne cette ville qui m’était au premier abord si étrangère il me fallait agir, avoir un projet et me l’approprier. Je me suis tournée naturellement vers ce qui me plait, ce à quoi je tiens profondément, dans tous les domaines confondus : New-York ! Ma ville d ‘enfance et de cœur, son énergie, son mode de vie « healthy » une vie saine sans la connotation un peu triste que lui donne le français : manger sain mais sexy, beau, bio, frais et végétal sans jamais avoir le sentiment d’avaler des médicaments ou de se faire punir ! Bref une vie verte et glamour… En arrivant ici cela semblait absolument impossible, pourtant je savais que cela devait être le cœur de mon projet de vie.

 

Vous avez choisi dès le départ le défi du concept store, plutôt que de commencer plus modestement, qu’est ce qui vous en a donné le courage et l’envie ?

 

Je me suis posée la question bien sur : bijoux, mode, design ? Les trois me passionnent, depuis très longtemps, alors pourquoi ne pas tout cumuler : toutes les options et tous les défis, faire un endroit qui me ressemble à 360 degrés ? Et rajouter une cantine biologique avec un bar à jus et des jolis plats vegan à l’équation ?! C’est comme ça que j’ai eu la conviction qu’il ne me fallait céder en rien sur mes principes, malgré toutes les mises en gardes dont j’ai fait l’objet au début : « des plats à base de graines ici ça ne fonctionnera jamais, tu n’auras jamais de clientèle locale, il faut absolument laisser des sodas à la carte, sans croissants et viennoiseries tu n’auras personne au petit déjeuner, le bio local c’est impossible, ça ne poussera pas dans le sable du désert… » Et j’en passe ! Mais je n’ai lâché sur rien car sinon je n’aurais plus cru au projet, et je n’aurais pas su le mener de l’avant.

 

assiettes comptoir 102

 

Reprenons par exemple l’un des problèmes que l’on vous avait pronostiqué insoluble à vos débuts : comment avez-vous fait pour monter un restaurant biologique ici à Dubai ?

 

J’ai commençé à travailler dès le début avec une femme extraordinaire, Elena Kinane de la ferme « Green Heart » (https://www.greenheartuae.com) qui a démarré une vraie production bio et locale il y a plus de 10 ans maintenant ! bien sûr au début nous dépendions à 100% de sa récolte du jour, donc nous n’avions pas la possibilité d’avoir un menu fixe, mais uniquement de nous adapter au jour le jour à sa production. C’est une habitude que nous avons gardée car elle raconte notre histoire avec Elena, et nos liens avec son potager, même si aujourd’hui la production a bien entendu pris une autre ampleur, nous continuons à offrir un menu du jour suivant ce que nous recevons.

 

Comment le Comptoir 102 a-t-il séduit sa clientèle, réputée gâtée et difficile ?

 

top comptoir 102

 

Nous étions assez certaines de toucher en priorité une clientèle d’expat européennes et françaises car tout simplement elle nous ressemblait et avait les mêmes envies. Mais ce dont je suis le plus fière aujourd’hui c’est d’avoir réussi à toucher les orientaux de tous bords habitant Dubaï, les Koweiti comme les Libanais ou les Emirati, les voisines comme les hommes d’affaires (car oui, nous avons une vraie clientèle masculine d’habitués très fidèles !) Ce qui les a rassemblés c’est vraiment une même envie et un même goût pour une alimentation saine, belle autant que bonne. Ce lien transversal a vraiment bien fonctionné et cela me rend très heureuse de pouvoir dire qu’aujourd’hui c’est un vrai succès ! Cette conjonction d’envies et de tendances auxquelles nous avons su répondre, c’est de la chance bien sur mais c’est aussi une masse de travail énorme en coulisse, fourni par une équipe hors pair.

 

Aujourd’hui Comptoir 102 se lance dans la production propre avec une ligne de vêtement, de bijoux et de déco : pourquoi vous diversifier encore ?

 

joncs comptoir 102

Disons que nous avons toujours proposé des pièces de design, de mode et des bijoux, le fait que Mathilde Danglade nous ait rejoint, alors qu’elle avait déjà sa propre ligne de bijoux n’a fait que nous pousser en ce sens : elle avait déjà toute une structure et une ligne de fournisseurs et de production sur laquelle nous nous sommes greffées lorsque l’envie de lancer la propre ligne de bijoux N102 s’est fait pressante, ce qui nous permet de contrôle la ligne de A à Z, du dessin original en passant par le choix de pierres jusqu’à la fabrication finale. De la même façon notre collection de déco est construite sur nos dessins, nos imprimes etc.… Quant aux vêtements nous avons commencé par une collection courte, très simple et très accessible, en ayant en tête de proposer des pièces de coton sensuelles, faciles et basiques qui allaient non seulement pouvoir être portées de la plage jusqu’au soir mais aussi par un éventail très large de clientes, et pour cela nous avons privilégié des couples voluptueuses, un porté très détendu et une gamme de prix vraiment pensée et maitrisée.

 

Vous connaissant je suis certaine que ce lancement n’arrive pas seul, et que vous avez encore des projets en cours ?

 

Oui ! Nous avons un grand projet qui voit le jour en ce moment même : c’est un vrai espace dédié aux produits de beauté qui font du bien – des soins mais pas seulement : on y trouve par exemple les produits Aesop, Noto Botanics,  Root Science ou Odacité - choisis toujours selon l’empreinte verte de Comptoir 102 : des marques confidentielles sublimes, végétales, biologiques et recyclables de la composition jusqu’au packaging…

 

Revenons à la cantine du Comptoir, ce n’est pas votre seul projet autour de l’alimentation saine ?

 

Non, j’ai aussi aussi lancé « Wild & the Moon » qui effectivement gravite autour de la même énergie de bien manger, du manger « propre », éthique et organique, mais qui pousse le concept un peu plus loin que la table du Comptoir, en étant lui à 100% végétalien et biologique. C’est une idée que j’avais en tête depuis New-York, le paradis des bar à jus (rires), et c’est aussi un viatique qui a été pensé dans l’optique d’un retour vers l’Europe : j’avais encore une fois besoin et envie d’un projet qui me porte pour rentrer en France, en ligne avec mes valeurs.

 

Encore un énorme succès ?

 

Enorme je ne sais pas (rires), disons que oui, nous sommes passés en deux ans de deux à 10 espaces (à Paris), et nous en comptons aussi deux à Dubaï, avec deux autres nouveaux lieux qui doivent ouvrir à la rentrée, dont je peux désormais vous confier l’adresse : l’un sur Emaar Boulevard et l’autre à DIFC.

 

Est ce que l’Emma d’aujourd’hui avec ces deux grands projets lancés en orbite a encore autant de rêves en réserve ?

 

Ce serait un rêve assez énorme, mais j’y crois : celui de démocratiser vraiment cette façon de se nourrir en ayant à cœur l’éthique, le biologique, la santé, le soin, l’écologie et la beauté dans une symbiose dynamique, et rendre ces habitudes et ces valeurs accessibles à tous, oui, devenir en quelque sorte le Starbucks du bio, ça me plairait bien (rires) ! »

 

 

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