

Human Rights Watch a publié la semaine dernière un rapport très critique sur la condition des travailleurs migrants aux Emirats Arabes Unis. Le rapport de 82 pages intitulé ?Les droits des travailleurs migrants sur l'île de Saadiyat aux Emirats Arabes Unis: Rapport d'avancement 2015? est le troisième rapport de Human Rights Watch sur les abus commis à l'encontre des travailleurs migrants à Abu Dhabi.
Des abus toujours présents malgré une diminution:
Cinq ans après la publication de son rapport précédent, l'association a à nouveau interrogés plus d'une centaine de travailleurs pour mieux analyser les évolutions, positives et négatives qui se sont produites depuis.
Si les abus ne concernent qu'un faible pourcentage des travailleurs, ils restent tout de même inquiétant et révèlent les lacunes du système de contrôle actuel. Passeports confisqués, non respect des codes de conduite du travail, licenciement arbitraires, non remboursements des frais des recrutement, sont autant d'abus mis en lumière dans ce rapport.
Le chantier du Louvre directement montré du doigt:
Sont directement pointés du doigt les grands projets de constructions (achevés ou non) tel que le campus de la New York University, le Guggenheim et le projet franco-émirien du Louvre.
La société d'audit indépendante, PwC nommée en 2011 par la Tourism Development and Investment Company (TDIC) pour surveiller l'application d'un code de conduite avait en décembre dernier publier un rapport de conformité qui confirmait la plupart des observations d'Human Rights Watch.
La réponse des autorités :
Suite à la publication du rapport, le musée du Louvre et l'Agence France-Muséums ont faire parvenir une réponse conjointe à travers leur compte Twitter. Les deux entités affirment avoir pris connaissance du rapport et donc des abus constatés. Elles se dédouanent pourtant de toutes responsabilités puisqu'elles ont signé avec TDIC le fameux code de conduite qui respecte les droits de l'Homme. Elles ajoutent que de nombreux avancement ont été réalisés comme indiqués dans le dernier rapport de PwC. Le musée du Louvre et l'Agence France-Muséums rappellent également dans cette lettre que le contrôle de l'application de ce code de conduite revient aux autorités émiriennes.
Du côté émirien, aucune réponse n'a pour l'instant été communiquée, ni par les autorités, ni par la presse.
Pour plus d'informations à ce sujet:
Le rapport complet de Human Rights Watch peut être consulté ici.
La réponse complète du Musée du Louvre et de l'Agence France-Muséums peut être consulté sur notre page Facebook.
Sarah Bernolet (lepetitjournal.com/dubai) le 15 février 2015.







