

D'après une étude récente les Emirats dépensent chaque année plusieurs milliards de dirhams afin d'endiguer les problèmes liés à l'abus de drogue.
Le Centre National de Réhabilitation (NRC), avec l'aide de l'office des Nations Unies contre la drogue et le crime, à Abu Dhabi a récemment démontré que les E.A.U. dépensaient près de 5,5 milliards de dirhams chaque année afin d'aider les personnes avec une dépendance. D'après les sources officielles, ces dépenses sont liées au manque de productivité des personnes atteintes, au coût de leur traitement et des mesures de prévention.
Au regard de la tolérance-zéro des Emirats en matière de crime, il serait facile de penser qu'aucun problème de drogue n'existe dans le pays. Pourtant, The National rapporte qu'en 2013, la Police de Dubaï a démantelé un réseau de narco-trafiquants et a saisi plus de 539 Kg d'héroïne, 500 kg de methamphetamine et 350 kg de hashish. En 2014, 171kg de cocaïne avait été saisi alors qu'un trafiquant essayait de les faire rentrer dans le pays. Enfin, il y a quelques semaines, la brigade anti-drogue a débusqué plus de cinq tonnes de hashish.
Actuellement, il y a près de 41 000 personnes, en majorité des hommes, en cure de désintoxication un peu partout dans le pays. Les patients sont traités pour leur addiction aux drogues dures comme la cocaine, l'héroïne, le tramadol ou encore l'alcool. En moyenne, les consommateurs de drogues aux Emirats ont entre 17 et 22 ans seulement et plus de la moitié d'entre eux ont un travail.
Ces chiffres ont été révélés au public lors d'une conférence de deux jours visant à créer un système national capable de mieux suivre de près les addictions. Selon Dr. Al Marzouki, directeur du département de gestion de la santé publique au NRC, 75% des toxicomanes se rendent volontairement dans un centre pour se faire aider. Les 25% restant y sont conduits par la police. Entre 21 et 30% des personnes étudiées travaillaient pour le gouvernement alors que 45% d'entre elles étaient sans emploi. Il a ajouté que seulement 10% des toxicomanes possédaient un diplôme universitaire. Il a conclu que les jeunes devaient être au courant des risques liés aux drogues et ce dès l'adolescence.
Un plan sur deux ans, lancé en 2014 vise à, à la fois, réduire la demande mais aussi à montrer l'aspect destructeur de la consommation pour les personnes et leurs familles. Dans cette optique, les Emirats désirent continuer de durcir les lois pour trafiquants, tout en essayant de réintégrer le plus possible les toxicomanes.
Cette étude s'inscrit dans la continuité de l'action lancée par les Emirats l'année dernière. La ?war on drugs? a vu les lois anti-drogue et trafique se durcir fortement. Les trafiquants de drogue peuvent ainsi depuis 2014 se voir saisir l'ensemble de leurs biens et argent s'ils se font arrêter. De part sa situation géographique, les E.A.U. sont considérés comme une zone à risque pour le trafique de drogue. Pourtant, le pays semble bien décidé à devenir un exemple et réussir là où personne n'a encore su le faire, et remporter la ?war on drugs?.
Sarah Bernolet (www.lepetitjournal.com/dubai) le 31 mars 2015.







