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Une drone d'histoire

Par Bob Stuart | Publié le 08/05/2018 à 16:09 | Mis à jour le 08/05/2018 à 19:42
Drone

BZZZEZZZZ: Who's that, flyin up there ?
Is it a bird ?
Noooooo !       Is it the twister ? Noooooooo !      

Is it a drone ? YEAAAAAAAHH !

 

Quel est ce bourdonnement agaçant qui vient perturber votre sieste du dimanche ? Une nuée d'insecte ? La tondeuse du voisin peut-être ? Vous sortez gonflé à bloc prêt à incendier ce dernier lorsque vous apercevez l'objet de votre tourment. Et bien oui vous n'êtes pas seuls à considérer le bruit des drones comme étant des plus pénible à entendre, plus que n'importe quel autre véhicule d'ailleurs (à volume égal) selon une étude récente (quoique restreinte) conduite par la NASA (Andrew C. and Randolph C., 2018).

 

drone

 

Un peu d'étymologie !

 

Dans le jargon anglosaxon (surtout aux États-Unis et au Royaume-Uni) le terme UAV (Unmanned or Uninhabited aircraft vehicle; à ne pas confondre avec l'UAS: Unmanned Aircraft System qui désigne l'avion, le poste de commande ainsi que la liaison de données sans fil) est un aéronef sans pilote, dont le poids dépasse les 25Kgs, qui vole de façon autonome (voir même entièrement autonome pouvant réagir face à tout évènement aléatoire) ou contrôlé à distance depuis le sol alors qu'en français le terme drone s'emploie pour désigner aussi bien des véhicules aériens, terrestres qu'aquatiques. Le fait est que les fabricants, les organismes publics, associations et opérateurs utilisent des termes spécifiques différents et que l'on trouve donc de nombreuses appellations. L’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) utilise l’acronyme RPAS (de l’anglais Remotely Piloted Aircraft System ou système d’avion piloté à distance). D'autres termes plus spécifiques sont employés en fonction de la taille de l'aéronef comme MAV pour Micro Air Vehicle pour des petits engins pesant moins de 50 grammes (tel que le Black Hornet qui possède trois caméras et tient dans la paume de la main pour un prix de 195 000 Dollars) ou le sUAS (s pour small) pour ceux dont la masse est inférieure à 25Kgs ou encore un drone à aile battante inspiré du colibri qui est qualifié de nanodrone.

 

Mais d'où nous vient le terme "drone" alors ?

 

"Drone" est en fait un mot anglais qui fait référence à l'abeille mâle et qui a été adopté dans les années 30 au Royaume-Uni pour désigner, par dérision, un appareil utilisé comme avion-cible dont le vol lent et bruyant évoquait celui d'un faux-bourdon (abeille mâle).

Ce terme est également utilisé en musique pour désigner un morceau composé de sons ou notes qui se maintiennent sur une longue durée ou se répètent (style exploré depuis les années 1960).

 

Et les drones dans l'histoire ?

 

Si les drones connaissent à l'heure actuelle un vif succès dans le monde civil aussi bien chez les professionnels que les particuliers, offrant des applications de plus en plus variées, ils ont été présents sous diverses formes notamment dans le domaine militaire depuis près d'un siècle.

Ils sont certainement le fruit d'inspirations à partir de la chute des Samares (fruit sec), des libellules et de la vis aérienne de Léonard de Vinci avec son aéronef à hélice à vol vertical.

 

C'est à un inventeur français du nom de M. Détable Octave que l'on doit la découverte du principe initial de la direction des aéronefs sans pilote en 1894 lorsqu'il créait la stabilité automatique par la forme seule de sa voilure au moyen de cônes divergents. En 1917 le premier avion sans personne à bords s'éleva et vola quelques kilomètres avant d'atterrir faute de combustible.

 

Utilisés au début comme cible d'entrainement les véhicules aériens se succèdent: 1916 au Royaume-Uni avec l'Aerial Target, 1935 le Queen Bee qui est alors capable de revenir au point de départ, puis en 1951 le Ryan Firebee devient le premier drone-cible à réaction automotrice qui participa à des missions de renseignement et de contrôle de radiocommunications. Une version supersonique (BQM-34) fut alors largement utilisée (plus de 1 000) pendant la guerre du Vietnam pour prendre des photos, comme diffuseur de tracts (opérations psychologiques), comme ravitailleur pour les forces spéciales ou encore pour détecter les postes anti-aérien. En 1964 le Lockheed D-21 pouvait atteindre la vitesse de Mach-3 et volait à très haute altitude. En 1994 le Prédateur MQ a un rôle non seulement de reconnaissance mais peut également lancer des armes sur des cibles. Il sera utilisé notamment en Bosnie et en Irak. En 1998 Le RQ-4 Global Hawk construit pour l'US Air Force peut voler à une altitude de 18 300 m et opérer 33 heures sans interruption. Il est employé lors de la guerre du Kosovo en 1999 pour des missions de reconnaissance et lors de l'opération Serval en 2013 au Mali. En 2009 le RQ-170 Sentinel, un drone furtif de reconnaissance et surveillance qui fut utilisé lors de l'opération ayant conduit à la mort d'Oussama Ben Laden, est opérationnel. En 2012 le nEUROn de Dassault fait son apparition, c'est le premier appareil de combat furtif (UCAV: Unmanned Combat Air Vehicle) entièrement conçu et développé sur un plateau virtuel sous l'égide de la Délégation générale de l'armement (DGA) par alliance européenne (français, italien, suédois, grec, suisse et espagnol). Il vient rejoindre les drones de combat tels que l'Anka-B, le X-45 et X-47 ainsi que le Taramis.

 

Il existe deux catégories de grands drones militaires: Les MALE (Moyenne Altitude, Longue Endurance: jusqu'à 24 heures d'autonomie et une altitude de 10 000 à 15 000 m), comme les familles Predator / Reaper, Heron, Harfang et Anka-A, idéal pour la surveillance, pour identifier la position des forces ennemies, les mouvements de populations civiles, l'état des infrastructures et établir une liste d'objectifs. Les HALE (Haute Altitude, Longue Endurance: jusqu'à 45 heures d'autonomie et une altitude de 20 000 m pour un rayon d’action de 10 000 Km) dont les drones de la famille Global Hawk (14 mètres de long pour une envergure de 40 mètres), Anka-A+ et Phantom Eye sont les rares représentants.

 

Les drones tactiques (TUAV), tels que le RQ-7 Shadow, le Sperwer, les DRAC et SDTi sont déployés sur le terrain, soit pour les plus petits modèles à la main, soit pour les plus gros à l'aide d'un équipement de lancement (catapultes) et de récupération (parachutes, airbags et filets) une fois la mission achevée ainsi qu’un radar et une station de contrôle et d’analyse des données.

 

A l'origine le drone était donc un avion-cible à vocation militaire qui s'est développé au rythme des grands conflits. Plus économique, plus rapide à déployer sur le terrain, évitant de mettre en jeu la vie de pilotes ou de troupes terrestres lors de missions de reconnaissance, de surveillance ou d'attaques ciblées le drone est devenu prépondérant au sein des armées mais également des forces de police et de plus en plus de pilotes de drones sont formés.

 

D'après l'historien Laurent Henninger l'utilisation de drones pour des frappes ciblées aussi chirurgicales soient-elles est un réel problème. En effet le pilote d'un drone va rentrer tranquillement chez lui dans sa banlieue alors qu'il aura le jour même tué des gens à des milliers de kilomètres. Cette dématérialisation de la guerre pour ces soldats, qui agissent à distance, risque selon lui de déresponsabiliser ces derniers.

 

Si les drones de combats ont attisé la foudre des populations à travers le monde, en revanche les recherches dans le domaine militaire reçoivent de plus en plus d'attention et de fonds et se penchent principalement sur le développement d'une "intelligence artificielle", comme c'est le cas de la DGA en France ou la DARPA (Agence pour les projets de recherche avancée de défense) aux Etats Unis; qui permettrait aux drones de prendre eux même les décisions en fonctions des évènements aléatoires qui se présenteraient. Si certains se réjouissent d'une telle avancée d'autres y sont entièrement opposés. Les robots tueurs dotés d’une intelligence surpassant celle de l’homme fait référence aux applications potentielles de "l’intelligence artificielle" au domaine militaire. Et contrairement à ce que pense M. Villani, à qui le gouvernement a confié une mission afin de développer cette technologie en France, plusieurs experts ont mis en garde contre un tel développement de cette technologie. « Les armements autonomes risquent de devenir la troisième révolution en matière militaire. Une fois développés, ils permettront aux conflits armés d’avoir lieu à un degré jamais atteint et à des échelles de temps au-delà de la compréhension humaine », ont ainsi prévenu plus de mille experts en robotique et en intelligence artificielle mais aussi des intellectuels et philosophes (dont l'entrepreneur Elon Musk, le physicien Stephen Hawking ou le philosophe Noam Chomsky),  signataires d'une lettre ouverte pour appeler les Nations unies à prendre des mesures contre cette perspective. Ce ne serait plus un humain qui "appuierait sur le bouton" pour ôter la vie, mais une machine, un programme basé sur un algorithme sophistiqué, "intelligent", capable de déterminer qui doit mourir, ou non. Se poserait alors entre autre la question de responsabilité légale en cas de meurtre par exemple. Cette "menace" bien réelle "compte tenu des progrès technologiques" pourrait se manifester "d'ici quelques années", estiment les chercheurs. 

 

drone civil

 

Les drones civils, une toute autre histoire !

 

Les drones civils ont pris leur envol depuis une dizaine d'années, notamment dans les années 2010 avec l'arrivée d'appareils miniaturisés, abordables et suffisamment maniables pour être accessibles aux novices. A l'inverse du modélisme les drones, grâce à leur intelligence embarquée (carte embarquée, plan de vol, capacité à revenir au point de départ en cas de problème pour certain modèles) à leur capacité à embarquer des appareils photo, des caméras (parmi les plus connus pour la photographie et la réalisation de films), des caméras infrarouge ou des capteurs environnementaux, suscitent des applications inédites dans de très nombreux domaines (recherche, sécurité, étude de notre patrimoine, conservation, loisirs…) tant pour les professionnels que les particuliers. Ils sont en train de révolutionner notre société et notre façon de travailler, ils rentrent dans les mœurs et aujourd’hui tout le monde veut son drone.

 

Les drones du monde civil se divisent en deux catégories : Les plus répandus sont ceux qui adoptent le style d’un hélicoptère pour faire du vol en stationnaire sur un petit périmètre. Plus le drone compte d’hélices et plus il est résistant et capable de faire face aux secousses des rafales de vent. Mais si la mission demande de faire des dizaines de kilomètres et de voler à une altitude élevée de jour comme de nuit parfois de façon entièrement automatisée alors c’est l’avion miniature qui prend le relais. A chaque mission correspond donc un type de drone doté de capacités spécifiques.

 

Ils peuvent être utilisé pour la surveillance civile tel que l’inspection des ouvrages d’art en vérifiant l'usure des matériaux, l'état de structures difficilement accessibles ou dangereuses tels que les centrales nucléaires, les ponts, les barrages, les conduits sous-marins, les gazoducs, lignes à haute tension. Moins onéreux que les hélicoptères et les avions ils sont utilisés pour détecter (surveillance d’urgence) des feux, évaluer l'ampleur de catastrophes telle que les inondations, évaluer les dégâts (marée noire, tremblement de terre) surveiller les manifestations publiques (surveillance urbaine) ou les axes routiers, les frontières (voies maritimes également : détection  des pollutions par hydrocarbures, localisation pour sauvetage et acheminement de premiers soins). Mais également lors d’études scientifiques tel que l’étude des sols et des océans, la cartographie (plan de bâtiments, cartes 3D), les prévisions météorologiques. Ou encore comme c'est de plus en plus le cas utilisé pour des courses (le FPV drone racer comme le TBS Oblivion). Le FPV racing est une nouvelle discipline couplant l'aéromodélisme et le vol en immersion où vous pouvez piloter un drone comme si vous étiez à la place du pilote grâce aux . Sensations et fun garanti! Grâce aux nouveaux châssis en fibre de carbone, les crashs ne seront pas un problème. En parlant de crash une dernière application possible des drones est celle des combats de drones ou "Game of Drones" à l'instar des combats de robots.

 

Certains modèles comme le Loon Copter (drone nageur et futur sauveteur), qui a remporté la deuxième place au prix "Drones for Good 2016" (compétition internationale qui a lieu aux Émirats Arabes Unis, ÉAU, et qui rassemble les meilleurs projets de drones) sont capable d'évoluer dans de nombreux environnements (reconnaissance aérienne, aquatique et sous-marine) et remplacer les ORVs (remotely operated underwater vehicles).

 

En France le vecteur de croissance le plus important reste la sécurité. C’est ainsi qu’est né le Helper (qui aide), un drone sauveteur au service des maîtres nageurs sauveteurs qui seront bientôt autant formés au bouche à bouche qu’au pilotage de drone. En effet ce drone de couleur rose pour être visible sur les plages se maintient à une dizaine de mètres de hauteur et peut être déployé et atteindre une personne en difficulté en mer en moins de 20 secondes lorsqu’il faudrait plus d’une minute à un sauveteur pour arriver sur place. Le Helper est équipé d’une bouée qui est largable et qui au contact de l’eau se gonfle automatiquement pouvant supporter jusqu’à 150kgs et permettant ainsi à la personne en détresse d’être rassurée de par la présence du drone et d’attendre les sauveteurs grâce à la bouée. A quand le drone ambulance équipé d’un défibrillateur me direz-vous? Les recherches sont en cours en Suisse depuis 2017.

 

D'autres comme le Navig 8 ou mieux encore le modèle Flyability (Prix ÉAU de la robotique et de "l'intelligence artificielle" pour le bien "Drones for Good 2016") sont destinés à intervenir après des catastrophes dans des zones extrêmement difficiles d’accès ou très dangereuses. Le Gimball, de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, est un drone de recherche et sauvetage capable de voler dans des espaces restreints et de rouler du sol au plafond sans subir le moindre dégâts grâce à une cage en fibre de carbone et une parfaite stabilisation, pouvant ainsi se faufiler sans stress dans des espaces confinés et enfumés à la recherche de victimes d’une catastrophe naturelle pour leur porter secours, ou du moins alerter les équipes d’extraction et de soin.

 

drone agricole

 

Un autre domaine qui suscite beaucoup d’intérêt (on estime un chiffre d’affaire mondiale attendu pour la robotique agricole à près de 74 milliards d’euros en 2050) est celui de l’agriculture où le drone est en passe de devenir indispensable. En France on estime à 10 000 le nombre de drones civils (Drone agricole doté d’un capteur multi-spectral qui relève la lumière réfléchie par les plantes selon quatre spectres) déjà au service de l’agriculture aussi bien pour calculer et adapter (selon le potentiel et le besoin de la culture) les doses d’engrais, de pesticides et d’insecticides et les disperser, que pour suivre la production de biomasse (pâtures) ou encore estimer les dégâts causés par les conditions climatiques, les maladies ou les insectes et intervenir de manière plus précise (de l’ordre de quelques centimètres contrairement aux satellites de l’ordre de quelques mètres), au moment où les cultures en ont le plus besoin. On estime entre 10 et 15% d’économies réalisées grâce à leur utilisation.

 

D’autres drones sont envisagés pour faciliter la construction d’infrastructures (transport de matériels voir même pose de matériaux), pour des projets de conservation de la nature comme le reboisement de régions sujets à une rapide déforestation (les Reforestation Drones pourraient ainsi planter 100 000 graines en une journée grâce à un système de graines d’espèces diverses dans des petites capsules biodégradable) ou encore pour la protection des espèces menacées grâce aux cameras en infrarouge pour la surveillance de ces dernières.

 

Autre domaine convoité par les géants du secteur technologique, comme Google, qui rivalisent pour tenter de rendre internet accessible dans les régions les plus reculées du globe grâce à des drones solaires capable de se maintenir pendant cinq ans en altitude, un peu comme des satellites, qui joueraient le rôle de stations relais.

 

Enfin et c’est peu pour dire les drones se développent dans le domaine logistique, également convoité par des compagnies comme Amazon, Alibaba et Google pour la livraison de colis ou encore le transport de passagers. Les compagnies privées comme Amazon et Google, sont hautement intéressées à légaliser l’activité afin de développer leurs plans commerciaux. Le service Amazon Prime Air par exemple promettait de livrer des colis de 2,5 kilogrammes ou moins en un peu moins de 30 minutes.

 

La firme Chinoise EHang a récemment transporté ses premiers passagers dans diverses conditions météo (affrontant des vents de force 7, réalisant un vol de 15 Km à 300 mètres d’altitude à une vitesse de 100 km/h) et scénarios de vol à bord de ses drones taxi dont le EHang 184 (autonomie de 20 minutes) dévoilé en Janvier 2016. Et non le terme 184 ne fait pas référence au 184éme prototype mais au fait qu’il peut transporter une personne, qu’il est équipé de huit hélices et de quatre bras. C’est rassurant effectivement, quoi que…. La firme a ainsi devancé Airbus et Uber qui travaillent également sur le système de drone taxi. Malgré ces résultats assez impressionnants et les accords avec Dubaï qui comptait lancer le premier service de transport par drone sur des trajets interurbains n’excédant pas 50 kilomètres en 2017, c’est l’aspect réglementaire qui demeure le principal obstacle. Encore faudra t-il vaincre l’appréhension du public à s’installer dans un aéronef encerclé de huit hélices sans aucun moyen de contrôle, puisque piloté à distance, et seul. L’expérience risque d’être mémorable.

 

drone civil

 

Ce que je peux et ne peux pas faire avec mon drone civil :

 

Les drones sont peu onéreux, faciles à piloter, furtifs et capables d’emporter une charge; ce qui fait craindre qu’ils puissent être utilisés à des fins malveillantes. En effet différents scénarios sont envisageables comme l'utilisation d'un drone civil comme une arme à l’instar des drones militaires; son utilisation comme vecteur pour larguer des objets dans des zones d’accès interdit tel que les prisons ou les frontières; mais également le risque qu'un drone soit piraté par des cyber terroristes en agissant sur les liaisons radio utilisées ou en s'emparant du poste de contrôle. Ainsi plusieurs prisons ont d’ores et déjà été victimes de largages de colis (tabac, drogues, téléphones portables à l’usage des détenus) et des projets d’attaques terroristes à l’aide de drones chargés d’explosifs auraient été déjouées. Les liaisons radio utilisées pour le pilotage des drones civils ou les liaisons GPS pour leur guidage satellite ne sont aujourd’hui dotées d’aucune protection contrairement aux drones militaires cryptées. Un "hacker" peut avec un drone prendre le contrôle d’autres drones et les obliger à le suivre… Le survol en France de centrales nucléaires et des sites sensible par des drones non identifiés a mis en avant les risques de nature sécuritaire associés aux drones. On ne saurait donc ignorer les risques induits par un emploi inapproprié ou malveillant et de nombreux travaux sont aujourd’hui engagés pour mieux identifier ces risques. Ainsi il existe aujourd'hui de nombreux outils élaborés pour éliminer les drones nuisibles ou en prendre le contrôle. Certaines armes sont capables d'atteindre leur cible à plus de deux kilomètres comme le DroneGun (pistolets anti-drone). Le DroneGun, par DroneSheild (firme Australienne chargée d’identifier et arrêter les drones indésirables qui survolent des zones non autorisées) est un gros fusil relié à un sac à dos porté par un tireur qui brouille le drone visé. L’objet perd tout signalement GPS et position; coupe toute transmission vidéo et transfert de données, puis effectue un atterrissage au sol immédiat ou retourne automatiquement d’où il provient. Une fois l’opération terminée, une enquête peut être conduite car le drone reste intact et disponible pour l’investigation "médico-légale" ou e pilote a été localisé.

 

Il est évident que pour des raisons de respect de la vie privée, de sûreté et de sécurité une réglementation était plus que nécessaire, et elle fut établit en 2012 en France, mais bien que des modifications aient été apportées en 2018 la quantité de procédures à suivre, la formation et le sentiment de confusion des divers services semblent décourager les moins téméraires.

Ce que l'on peut retenir c'est que si vous êtes tenté d'acheter un drone que se soit pour filmer ou vous amuser il faudra y réfléchir à deux fois pour ne pas avoir une mauvaise surprise lorsque vous voudrez l'utiliser.

 

Base militaire

 

Si votre drone n'est pas équipé d'une caméra :

En France selon l'arrêté du 11 avril 2012 "relatif à la conception des aéronefs civiles qui circulent sans aucune personne à bord", les "aéromodèles" tels qu'ils sont décrits peuvent être dirigés en toute légalité. Mais dans certaines conditions : "ils ne doivent pas s'élever à plus de 150 mètres d'altitude (hauteur maximale de vol même si votre appareil permet d'aller bien au delà) et le pilote doit en garder la maîtrise en toutes circonstances", le drone doit "toujours voler à vue" (même s'il a une portée de plusieurs kilomètres) et vous n'êtes pas autorisé à piloter de nuit. Dans ces circonstances, il est autorisé de "survoler un champ, ou même de naviguer dans son salon" à condition de ne pas mettre en danger la vie d'autrui (humains ou animaux). Il est interdit de survoler des personnes (les hélices et le poids de l'appareil pouvant gravement blesser voir tuer une personne), de voler au dessus ou à proximité de l'espace public en agglomération, de sites sensibles ou protégés, à proximité des aérodromes. D'autre part "l'appareil doit être capable de revenir dans sa zone de départ de façon autonome", en cas de panne de la télécommande par exemple. Une assurance est obligatoire pour la pratique de cette activité.

 

Si votre drone est équipé d'une caméra :

L'arrêté du 11 avril 2012 encadre surtout l'usage de la vidéo embarquée sur ces drones. C'est simple : outre un permis de vol similaire à celui des pilotes d'avion, "voler avec un drone doté d'une caméra est interdit sans autorisation". Il faut adresser une demande officielle auprès de la Direction Générale de l'aviation civile (DGAC). Demande qui doit intervenir 15 jours avant le vol et dont la réponse peut intervenir dans un délai d'un mois. Il convient donc de respecter la vie privée des autres, de ne pas diffuser des prises de vues sans l'accord des personnes concernées et/ou à des fins commerciales. Vous devez demander l'autorisation aux propriétaires des lieux que vous survolerez.

 

Ce qui change en 2018 :

 

Les changements en 2018 concernent uniquement les drones dont le poids est supérieur à 800 grammes (auparavant jusqu'à 25Kgs), tels que les modèles Phantom, Inspire ou Matrice par exemple. Il faudra tout d'abord immatriculer votre drone en ligne sous la forme d'un processus d'enregistrement. Auparavant réservé aux professionnels le brevet de pilotage devient obligatoire pour tous les propriétaires de drones de plus de 800 grammes avec la possibilité de vous retirer votre permis et autorisation en cas de non respect des règles. Une formation (payante) en ligne sera composée de cours pratiques et ludiques, mais aussi d'une partie « évaluation » permettant au candidat de valider son apprentissage et d'obtenir une attestation officielle. Pour cela, il devra créer un compte personnel sur le site gouvernemental. Cette attestation sera donc indispensable, sous peine de se voir confisquer l’engin et payer une amende dissuasive. L'un des moyens les plus facile pour obtenir une attestation en attendant la mise en place de la dite formation semble celui de passer le brevet ULM sous forme de QCM qui peut être préparé soit chez soi avec un livre et un entrainement aux QCM pour moins de 80 Euros ou en suivant une formation qui pourra vous couter jusqu'à 2000 Euros.

Les fabricants de drones doivent ajouter un dispositif lumineux et sonore qui se déclenche en cas de perte de contrôle de l'appareil. Les drones devront également être équipés d'un "dispositif de limitation de capacités". Comprenez par là qu'un programme sera installé par les fabricants pour demander une autorisation de pilotage dans les zones limitées (ce programme grâce au GPS empêchera le drone de rentrer dans une zone interdite) et limiter ainsi, par géolocalisation, la hauteur et la vitesse maximale autorisée dans la dite zone si nécessaire. C'est déjà le cas sur les applications de certaines marques de drones comme Dji qui a du procéder à des mises à jour de ses logicielles pour s'assurer que ses drones sont en conformités avec la loi.

 

Toutefois si vous pensez après avoir fait l'acquisition d'un Mavic pro, air ou spark de chez Dji pouvoir l'utiliser en toute liberté, détrompez vous car vous devrez quand même respecter les diverses réglementations spécifiques à certaines zones établies par la DGAC.

 

Les sanctions en cas de non-respect :

 

En France vous risquez en cas de non respect de la réglementation 6 mois à un an d'emprisonnement et entre 15 000 euros et 45 000 euros d'amende selon que l'infraction est considérée comme maladresse ou négligence ou si elle est considérée comme intentionnelle. Ceci empêchera t-il petit Kévin d'aller crasher son drone chez les voisins?

 

Quand est-il de la législation au Sénégal ?

 

Le Sénégal a connu une expérience plutôt brève avec cette technologie puisqu'il fait parti des pays qui ont banni l'utilisation à caractère civil des drones ou de tout autre système aéroporté spécifique (comme les caméras). Ces pays ont toutefois apporté des modifications à leur législation nationale relative à l’aviation en l’assortissant des dispositions juridiques liées aux drones. En effet l’arrêté n°07212 du 29 avril 2014 pris par le ministre de l’intérieur Abdoulaye Diallo indique: "pour des impératifs de sécurité, l’utilisation en public de caméras drones, à des fins personnelles ou professionnelles, est interdite sur toute l’étendue du territoire national". Une autorisation peut-être demandée auprès des autorités compétentes.

 

 

Comme vous l’avez compris le drone n’est pas un simple jouet onéreux qui amuse les petits comme les grands. De plus que nombreux usages se développent et les applications semblent infinies et les drones sont utilisés de plus en plus pour des spectacles et des productions artistiques. Il est prévu que le marché des drones grand public et professionnel atteigne 12 milliards de dollars en 2020 avec des drones de plus en plus autonomes et performants. Des sociétés comme Betomorrow, Skeyetech ou encore Drone Helper parmi tant d’autres ne cessent de pousser encore plus loin les usages du drone, de plus en plus d’entreprises s’en équipe, et s’ils semblent remplacer des personnes pour des tâches particulières de nouveaux emplois sont créés dans les start-up et autres grands groupes destinés au développement de drones civils. Pilote de drones : un métier d’avenir ? La Fédération professionnelle du drone civil (FPDC) prévoit, pour les années à venir, la création de 150 000 emplois, tous métiers confondus. Et ce n’est que le début…

 

drone coucher soleil

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