Rencontre avec Christophe Bouju, ostéopathe français installé à Copenhague

Par Jean Valery Ponrouch | Publié le 22/02/2022 à 18:30 | Mis à jour le 23/02/2022 à 10:55
Photo : ©Christophe Bouju
Christophe Bouju ostéopathe à Copenhague en consultation

Situé à Frederiksberg, au 12 de Svanholmsvej, le cabinet d'ostéopathie de Christophe Bouju est une maisonnette de plein pied dans un écrin de verdure. Elle est encadrée de quelques bâtiments plus traditionnels, le lieu est calme et accueillant.

Bien que ne représentant que 25% de sa clientèle, tous les échos entendus de la communauté française m'incitaient à le rencontrer dans le cadre de Lepetitjournal.com Copenhague.

 

Quel parcours vous a conduit à vous installer ici au Danemark ?

CB: Je débute en France par des études de manipulateur en radiologie médicale puis l'école de kinésithérapie de Rennes, d'où je sors diplômé en 1993.En 1994, de retour d'Inde et de passage à Copenhague, je rencontre celle qui deviendra plus tard ma femme.

Je commence ma carrière dans l'humanitaire avec Handicap International. Je travaille dans ce cadre pendant 10 ans dans différents pays du monde et dans différents contextes. J'arrête les missions dans l'humanitaire après le tsunami de 2005.

Puis je continue à me former et étudie l'ostéopathie en France, je me fixe définitivement ici au Danemark en 2008. J'obtiens parallèlement mon diplôme d'ostéopathie (DO), la reconnaissance de mon diplôme et mon autorisation de pratiquer au Danemark.

C'est en 2011 que j'ouvre le cabinet à cette adresse.

 

De votre position, pouvez-vous nous éclairer sur les différences de pratique entre un kinésithérapeute, un physiothérapeute et un ostéopathe ?

 

CB: C'est seulement en France que l'on parle de kinésithérapie, le terme générique est plutôt physiothérapie. Le principe c'est la rééducation par le mouvement. C'est une prise en charge analytique, basée sur le principe d'exercices répétés.

L'ostéopathie est une vision plus holistique du corps, elle est orientée davantage sur le corps dans « son entier », dans le sens où le corps est considéré comme un, la prise en charge est plus globale par le biais de techniques différentes : soit structurelles et correspondant à des manipulations mais aussi sensorielles et fonctionnelles.

Puis des techniques musculo-squelettiques, viscérales, crâniennes...

 

Christophe Bouju Ostéopathe Copenhague
© Christophe Bouju

 

Quels sont vos conseils, y a-t-il un intérêt préventif à consulter, un rééquilibrage régulier à trouver ?

CB: Je pense que consulter une ou deux fois par an si besoin peut être une bonne chose mais ma position personnelle fait que je ne suis pas favorable à cette idée de rééquilibrage.J'ai plutôt comme but le fait de soigner les gens assez rapidement.

Je ne fais pas perdurer dans le temps les séances et suis clair avec ma clientèle ; si après quelques traitements, il n'y a pas d'amélioration, j'oriente vers un autre thérapeute ou une autre manière de traiter.

 

Comment est perçue l'ostéopathie ici au Danemark ?

CB: L'ostéopathie au Danemark est quelque chose d'assez nouveau. La première école a ouvert il y a à peu près 20 ans. C'était une école belge.

Il y a maintenant 3 écoles avec une allemande et une anglaise. C'est le même temps de formation qu'en France, c'est-à-dire 5 ans avec la reconnaissance d'un diplôme international, et ce après des études de kinésithérapie ou de médecine par exemple. En France, il est possible de rentrer en école d'ostéopathie juste après le bac, cela n'existe pas encore au Danemark.

Le syndicat des ostéopathes danois est très actif pour toutes les questions d'accords avec les mutuelles et celles relatives à la reconnaissance du statut de personnel de santé à part entière.

La prise en charge revient aux mutuelles. Elles couvrent généralement à hauteur de 500 dkk par séance. Il n'y a pas encore d'homogénéisation du nombre de séances prises en charge. Cela varie de 3 à 12 par an.

Au Danemark, nous sommes environ 250 ostéopathes inscrits au syndicat, seulement 190 sont autorisés. Il y a une obligation réglementaire d’État à être impérativement ostéopathe autorisé avant le 1er juillet 2023, à défaut le praticien se verra interdit d'employer le titre d'ostéopathe. Cela fait 2 ans que j'ai mon autorisation officielle.

 

Ostéopathe cabinet Christophe Bouju Copenhague

 

Êtes-vous spécialisé dans des soins en particulier ?

CB: Plus de la moitié de ma clientèle est danoise, la communauté française représente environ un quart et le reste est international.

Je vois tout le monde mais ne suis pas spécialiste des nouveaux-nés comme certains confrères à qui je les adresse.

J'ai une pratique et une approche assez structurelles dues à mon expérience et aux formations complémentaires suivies après mon diplôme. J'ai également suivi en parallèle de mes études d'ostéopathie, une formation de 4 ans en médecine traditionnelle chinoise (Biokinergie).

 

Dans vos consultations, quelle part accordez-vous au psychique ?

CB: Je ne me considère pas du tout comme psychologue et ne suis nullement diplômé dans ce domaine. Cela dit, il est évident que lorsque quelqu'un vient consulter, la lésion n'est pas que physique.

Les manifestations sont parfois psychosomatiques. Je me dois d'en tenir compte.

Après il est vrai qu'être un thérapeute français ici au Danemark facilite les rapports et la compréhension avec mes compatriotes expatriés. Le relationnel fonctionne bien, d'autant que ma déontologie m'impose une discrétion totale (secret médical).

 

Christophe Bouju ostéopathe en train de manipuler un patient
©Christophe Bouju

 

Vraisemblablement détenteur de secrets..., le corps il le connaît.

C'est son métier !

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Jean Valery Ponrouch

Jean Valery Ponrouch

Depuis trois ans à Copenhague, en famille, du temps libre, curieux de découvertes, de lieux, de rencontres… Lepetitjournal.com Copenhague se révèle un excellent terrain de jeu !
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