Le Parlement danois débat actuellement de la révision de la loi sur les engrais. Entre impératifs de protection environnementale des milieux marins et inquiétudes des producteurs face aux risques de hausse des coûts de production, la transition réglementaire suscite de vives mobilisations au sein du monde agricole.


Une modification profonde du calcul de régulation de l'azote
Au cœur des discussions politiques et administratives se trouve la révision des règles d'apport d'engrais. Ce texte a pour objectif environnemental majeur de réduire le ruissellement d'azote vers les zones côtières et de préserver les écosystèmes marins danois contre les phénomènes d'asphyxie et de désoxygénation des eaux.
La réforme introduit un changement fondamental dans le mode de contrôle : la régulation sur l'azote ne s'appuiera plus directement sur la quantité d'engrais épandue sur les sols, mais sur une estimation des volumes d'azote qui s'évaporent ou se déversent effectivement dans l'environnement aquatique.
La contestation des organisations agricoles
Cette révision suscite de vives inquiétudes chez les représentants du monde agricole.
L'organisation Landbrug & Fødevarer, présidée par Søren Søndergaard, estime que le cadre en cours d'examen au Parlement ne respecte pas les conditions de départ fixées lors de précédentes négociations. Face à ce qu'elle qualifie d'insécurité réglementaire pour les conditions de production, l'organisation Landbrug & Fødevarer a donc réuni les acteurs du secteur lors d'un grand rassemblement de protestation à Odense.
Alertes des scientifiques et enjeux pour les consommateurs
Les conséquences de cette régulation font également l'objet d'analyses poussées concernant la production maraîchère en plein air (oignons, carottes, choux,...). Des chercheurs spécialisés des Universités de Copenhague et d'Aarhus, ont mis en garde contre l'impact d'une application stricte des règles sans aménagements spécifiques pour le maraîchage. Sans ajustement, les surcoûts forceraient des agriculteurs à réduire leurs surfaces ou à laisser des terres en friche.
Une telle baisse de la production locale risquerait de doubler le prix des légumes danois en supermarché et d'accroître la dépendance du pays vis-à-vis des importations en provenance d'autres pays européens (comme l'Espagne, l'Italie, la Pologne ou l'Allemagne).
L’annonce de dernière minute !
Il vient d'être annoncé que les producteurs de légumes danois seront exemptés, pour une durée d'un an, de la législation controversée sur les engrais, dont le vote au Parlement est prévu pour ce jeudi. C'est ce qu'a indiqué le ministère de la nature et du bien-être animal dans un communiqué de presse.











