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VINCENT MULLER - Entrevue avec le nouveau consul général de France à Düsseldorf

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 06/01/2016 à 23:00 | Mis à jour le 24/01/2016 à 17:11

 

Vincent Muller est le nouveau consul général à Düsseldorf nommé le 27 août dernier en remplacement de Michel Giacobbi qui a pris sa retraite. Il nous a accordé cette entrevue au début du mois dernier lors d'une de ses visites à Cologne

Lepetitjournal.com Cologne : Parlez-nous de votre parcours. Qu'est-ce qui vous a amené à une carrière dans les affaires étrangères ?

Vincent Muller : Passionné d'histoire, je me suis intéressé aux relations internationales depuis ma jeunesse.
Je viens de Marlenheim, un village en Alsace, région qui a été ballottée entre la France et l'Allemagne par le passé. Chez moi, on parlait de ces conflits, mais dans un esprit "non-cocardier". Ma famille de vignerons était toujours attentive à la marche du monde : ainsi, nous recevions souvent un cousin de mon père qui avait voyagé au Tchad et dont les histoires me passionnaient ; je me souviens aussi d'un oncle qui s'est battu en Extrême-Orient Pour un enfant, ces anecdotes étaient fascinantes ! Dans ma commune vivaient, comme partout, de nombreux "Malgré-Nous", ces "incorporés de force" dans la Wehrmacht qui s'étaient retrouvés sur le front de l'Est ; par exemple, le droguiste parlait un peu russe, qu'il avait appris en captivité, ce qui m'a incité à choisir d'étudier cette langue au lycée? Sans doute, ce sont ces personnalités qui ont fait naître et grandir mon envie de travailler un jour au ministère des Affaires étrangères.

Ayant de bons résultats scolaires, un professeur m' a incité à tenter ma chance à l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg, avec l'ENA comme objectif. Malgré mon échec au concours d'entrée dans cette "Ecole", j'ai réussi à intégrer le Quai d'Orsay en 1988, alors que j'avais 24 ans.

Tout au long de ma carrière, j'ai été affecté à plusieurs reprises en Allemagne, dans les Consulats de Munich et de Francfort, ainsi qu'au sein de l'Auswärtiges Amt. En France, j'ai notamment occupé des fonctions à la Représentation permanente de la France auprès du Conseil de l'Europe et, à Paris, à la Direction de l'Union européenne. Avant ma nomination à Düsseldorf, j'ai travaillé comme chargé de mission au Centre d'analyse, de prévision et de stratégie du Département (comme on dit dans le jargon !)

En tant que Consul général, quelles sont vos principales missions ?

On peut résumer mes fonctions de manière très simple :
Vertreten, Verstehen, Vermittlen.

* Vertreten : Je représente le président de la République et le gouvernement en Rhénanie du Nord-Westphalie, auprès des Français et des autorités régionales et locales. Ainsi, j'ai par exemple ouvert un registre de condoléances suite aux attentats de novembre.
* Verstehen : Je cherche à comprendre mes interlocuteurs français et (surtout) allemands, notamment en suivant de près l'actualité de la région et du pays Pour cela, je suis sur le terrain et on peut me parler directement.
* Vermitteln : j'essaie d'agir comme médiateur, de faire circuler les idées, de servir d'interprète et à rapprocher les gens pour trouver des solutions à leurs problèmes ou à lancer de nouvelles idées.

Avez-vous des projets pour la communauté française en NRW ?

Je ne suis pas le "président" ou le "chef" de la communauté française installée dans le Land ! Les projets doivent venir de nos compatriotes eux-mêmes, mais je peux essayer de les aider et de les soutenir. En coopération avec le Consulat général à Francfort, j'espère développer la communication avec et entre nos concitoyens, notamment grâce aux nouvelles technologies. J'attache aussi une grande importance au rôle que jouent, d'une part, les Instituts culturels comme lieu de dialogue, et, d'autre part, aux jumelages entre collectivités territoriales (comme celui entre Lille et Cologne) qui permettent de vraies rencontres entre leurs populations.

Toutefois, dans le domaine de la promotion de l'image de la France, j'ai noté que Cologne n'organisait pas de manifestation équivalente au "Frankreich Fest" de Düsseldorf.
Pour la France et la francophonie, il y a une place à prendre, ou ?plutôt- à imaginer ! L'Institut et les associations françaises et franco-allemandes seraient des partenaires essentiels pour une telle ambition.
 
Pourquoi pas un "week-end" français en 2018 aux alentours de la "rentrée", concept bien français d'ailleurs qu'il nous faudrait valoriser ? Ayant à l'esprit le partenariat entre le Nord/Pas-de-Calais et la Rhénanie-du-Nord/Westphalie, je considère qu'il y a une certaine proximité culturelle entre le Nord et Cologne : une tradition carnavalesque, une proximité géographique qui peut jouer en notre avantage pour organiser des évènements, et aussi un amour commun pour le ballon rond que l'on pourrait exploiter, pourquoi pas, dans le cadre d'une rencontre amicale entre le LOSC et le FC Köln.

Propos recueillis par Loïc Henry (www.lepetitjournal.com/cologne) Jeudi 7 janvier 2016

A lire : sa fiche complète.

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