

Franco-gabonais vivant à Cologne, Jann Halexander mélange sur scène des mélodies au piano classique et des textes forts et modernes sur le métissage, la passion amoureuse ou la famille. Rencontre avec un artiste qui, depuis l'Allemagne, réveille la chanson française
Depuis deux ans à Cologne, Jann Halexander donne régulièrement des concerts en France, en Belgique et dans différentes villes d'Allemagne (Photo M.S).
"La chanson c'est un voyage, et c'est faire voyager ". Jann Halexander sait de quoi il parle. Musicien franco-gabonais, il a grandi au Gabon et au Canada, étudié en Afrique du Sud et vit aujourd'hui à Cologne.
Auteur et compositeur, il interprète sur scène "de la chanson française à texte, mais mélodieuse ", en s'accompagnant au piano : "ma mère m'a appris le piano quand j'étais petit, j'ai gardé l'influence de Ravel ou Debussy".
Ses chansons évoquent avec un humour noir et "une certaine forme de mélancolie" la passion amoureuse, l'ailleurs et surtout la famille ("mon sujet de prédilection, il y a tellement à dire sur les relations familiales") et le métissage. "Je ne veux pas juste dire "mélangeons-nous et tout ira bien", je ne veux pas en faire un slogan de bonne conscience. J'aborde le métissage de façon intime, en parlant du besoin de se retrouver et de s'identifier. J'avais peur que certaines chansons soient trop personnelles, mais les gens s'y retrouvent et sont séduits". Jann Halexander parvient ainsi à parler avec force, poésie et souvent avec humour de la sexualité, de la mort, de l'adultère ou de l'appartenance à un groupe, sans jamais tomber dans le militantisme ou la victimisation.
Le public allemand moins prompt à juger
Après le public français, les Allemands découvrent eux aussi ces chansons qui allient un piano classique à des textes plein de modernité.
Jann Halexander est arrivé à Cologne pour rejoindre son compagnon. Il a été rapidement séduit par le pays et y a trouvé un public agréable, moins tendu et moins prompt à juger qu'en France, que ce soit des Allemands ou des Français expatriés. "Je ne connaissais pas du tout ce pays, je n'ai même pas appris l'allemand à l'école. Mais les concerts que j'ai fait en Allemagne m'ont laissé quelques-uns de mes meilleurs souvenirs".
Cologne manque de petites salles de concert
Après sept ans de carrière et dix albums, le chanteur assure des concerts en France, en Belgique et en Allemagne, notamment dans sa ville d'adoption. "Cologne est une ville avec une bonne atmosphère, mais je regrette que le réseau culturel soit aussi cloisonné. Impossible par exemple de faire un concert dans un théâtre, alors que ça se fait beaucoup en France. Il manque de petites scènes de concerts. C'est encore pire à Francfort ou à Munich, la culture y est très institutionnalisée". Pour contourner ce problème c'est dans des appartements privés de Cologne que le chanteur a prévu à la mi-janvier une série de petits concerts conviviaux.
Avec peut-être même un cadeau pour les germanophones qui viennent l'écouter : "Je ne parle qu'un petit peu allemand, mais avec une amie j'ai traduit ma chanson "le Mulâtre" et j'apprends à la chanter avec la bonne prononciation".
Anne-Louise Dupin (www.lepetitjournal.com/cologne) Lundi 25 octobre 2010
Plus d'informations, des dates de concerts et des extraits de son dernier album "Obama" sur le myspace et le blog de Jann Halexander.










